les billets d'humeur de Jean Marie Philibert dans le Travailleur Catalan

Jean Marie PHILIBERT ( c'est moi ) écrit toutes les semaines un billet d'humeur dans le TRAVAILLEUR CATALAN, hebdomadaire de la fédération catalane du PCF.
Je ne peux que vous conseiller de vous abonner à ce journal qui est aujourd'hui le seul organe de presse de gauche du département des Pyrénées Orientales.
J'ai rassemblé dans ce blog quelques uns de ces billets d'humeur en rappelant brièvement les événements qu'ils évoquent

dimanche 17 septembre 2023

LA FETE DE L'HUMA... LE PARADOXE

La fête de l’Huma… le paradoxe…. De Juin Partons de chez nous, de notre fête à nous, celle du Travailleur Catalan, votre hebdomadaire préféré, je sais. Elle porte le nom d’un journal qui depuis des décennies trace un chemin difficile, qui subit les crises de la presse écrite et les soubresauts politiques du département comme du pays. Son avenir nous-vous inquiète parfois. Et pourtant chaque mois de juin ou juillet il draine du côté du Bocal du Tech des milliers de jeunes et de moins jeunes pour faire la fête et de la politique en même temps, pour faire bouger l’ordre ( ?) du monde. Cela nous fait du bien, fait du bien au parti qui le soutient, cela nous donne souvent un aperçu de l’état d’esprit du moment (combattif ? amorphe ?). L’aspiration à la transformation sociale traverse ces rassemblements et va à contre-courant de ce que le monde médiatique nous serine à longueur d’antenne… Mais l’ordre du monde est à peine égratigné. Paradoxe. A Septembre Au mois de septembre avec la fête de l’Huma, sur une autre échelle bien sûr, on assiste à des rassemblements populaires, massifs, bariolés, festifs, où autour du PCF se rencontrent de nombreuses forces politiques qui travaillent au changement, qui se reconnaissent dans les valeurs de la gauche, qui parlent, qui se parlent. Cette fête est un marqueur du climat social, des colères du peuple, de la dimension insupportable des inégalités, des injustices, de l’exclusion que partagent les milliers de citoyens venus faire la fête, mais pas pour oublier ce qui fait tache, pour dénoncer le monde comme il va … souvent mal. Du sens Et les militants de se dire que de tels rassemblements ont du sens, qu’ils sont porteurs de promesses d’engagement pour les temps qui viennent, qu’ils vont bousculer une idéologie dominante de soumission et de renoncement à l’action, qu’ils vont contrecarrer les dérives réactionnaires, extrême-droitières, xénophobes qui refont jour à intervalles très réguliers. Et de s’enthousiasmer que la Fête de l’Huma renforce nos espérances et donne du grain à moudre à nos engagements. Mais souvent les récoltes ne tiennent pas les promesses des fleurs et les colères exprimées ici, si elles ne restent pas lettres mortes, ne chamboulent pas tout ce qu’il y aurait à chambouler. Et le train-train des injustices du quotidien peut se poursuivre, tranquillou. Paradoxe. Encore que Encore que les choses soient sans doute plus complexes. Les comportements moins enclins au laisser-faire. Les consciences ne sont pas embourbées au point d’en oublier une lutte des classes qui fait rage. Les luttes sociales des derniers mois seraient là pour le prouver. La soif du rassemblement n’est plus à démontrer, même si les obstacles peuvent être nombreux. Les terrains politiques et sociaux sont volatils, mais ils sont construits sur des éléments tangibles, qui tiennent à nos conditions matérielles de vie, de travail, d’existence, ils les déterminent. Paradoxalement le Fête de l’Huma qui en dénonce l’inhumanité n’est pas en mesure, à elle toute seule, de la faire disparaître, même si elle apporte les bouffées d’oxygène à tous ceux qui ont la lutte chevillée au corps. C’est là la donnée la plus forte de ces rassemblements. Les fêtes coco la renforcent. C’est le rôle de notre presse, à Argelès comme à Paris. Jean-Marie PHILIBERT

mardi 12 septembre 2023

LA BRONCA

Le sens d’une bronca ! Résumons la situation On lui a tout fait, des manifs à répétitions, unitaires, combattives, pleines de gens et d’humour. On ne lui a donné qu’une toute petite majorité relative pour éviter la Marine. On l’a détesté, on le déteste, comme rarement un leader politique dans un pays démocratique. On l’a casserolé, méprisé, ignoré même. IL semble hors sol, au point que l’on douterait presque de son humanité. Rien ne semble l’atteindre. Il a mis en œuvre une politique violemment réactionnaire qui a reculé l’âge de départ à la retraite, recul massivement rejeté ; il n’a rien entendu des souffrances sociales, des salaires à la traîne, de la précarité, de l’exclusion. Avec la multiplication du 49/3, il a ridiculisé le rôle du Parlement. La répression policière a sous sa gouverne franchit des sommets pour laisser dans des chairs meurtries des traces indélébiles. Il se dit persuadé de bien faire et manœuvre pour continuer. La démocratie, Macron s’en moque Certes l’élection lui donne une légitimité, mais la légalité dont il se prétend porteur n’est pas celle d’un monarque absolu qui pourrait tourner le dos aux opinions, qui se devrait de concentrer tous les pouvoirs, qui n’aurait de compte à rendre à personne. Nous sommes un pays qui a construit durement, longuement sa démocratie, qui a fondé un état laïque, une citoyenneté, un état de droit qui fonde notre liberté. Macron visiblement s’en moque ! La bronca dont il fut victime lors de l’ouverture de la coupe du monde de rugby est plus que largement méritée et dévoile aux yeux du monde les sentiments qu’il inspire. Je ne sais si vous avez vu les images : il semblait surpris d’une telle détestation dont lui et son gouvernement sont l’objet. Comme on dit ici : ben fet ! On ne s’habitue pas Le peuple ne s’habitue pas à de tels dénis de démocratie : il le manifeste de nombreuses manières, abstention record, exaspération des divisions sociales, xénophobie, attirance pour l’extrémisme de droite, désespérance sociale, recours fréquent à la violence, remise en cause des forces de l’ordre … La 5° république et les pratiques mises en œuvre ont fait reculer la démocratie, retirant au parlement des pans entiers de ses prérogatives, Le président s’est octroyé des domaines réservés qui lui permettait de gérer à sa guise politique étrangères, politique militaire, c’est tout simplement le rapport de la France au monde dans les mains d’un seul, gouvernement et ministres sont aux ordres. Maintenant l’éducatif Et en cette période de rentrée scolaire aussi difficile que les rentrées précédentes, Macron s’arroge un nouveau domaine réservé : l’éducatif. Avec des projets sidérants dont il ne faut pas être grand clerc pour reconnaître la vacuité, mais qui auront le mérite de cacher les vrais problèmes : le délabrement du service public, la mixité sociale perdue, le manque d’enseignants, l’insuffisance des moyens, une hiérarchie dans l’incapacité de prendre à bras le corps les vrais problèmes. Mais il aura parlé de l’abaya pour amuser la galerie. Il fait mine de tenter de retisser des relations politiques crédibles en invitant tous les partis à débattre, mais quelques jours après la réunion, rien de sérieux, ni de tangible ne peut en sortir. On reste dans l’engagement qui ne coûte rien, qui ne remet surtout pas en cause les politiques menées. Parce que nous sommes les porteurs, les fers de lance, les acteurs de cette démocratie à régénérer, à transformer… nous continuerons le combat syndical, social, politique… fort de nos expériences. El pueblo unido… La bronca continuera, s’il le faut. Jean-Marie Philibert

lundi 4 septembre 2023

UNE HUMEUR BAROQUE

Une humeur baroque Pour la rubrique de l’humeur dans laquelle mes petits copains de la rédaction m’ont propulsé depuis des mois et des mois et même un peu plus, je me vois questionné à la fin de chaque comité de rédaction (parce que c’est souvent la dernière page) : « Jean-Marie, Ton humeur ?????... » Et moi, la tête vide, le sourire aux lèvres, de les regarder aussi interrogateur qu’eux. Mon humeur ??? Ils ont presque tout dit, ils vont tout dire sur tout, le département, la ville, la culture, la France, le monde… Il ne me reste plus que les yeux pour pleurer ou rire et espérer que l’actualité, les hasards des pensées nocturnes ou diurnes, la sottise prétentieuse de déclarations d’éminents responsables éveilleront, réveilleront mon aptitude à mettre les pieds dans le plat pour instruire, distraire, amuser le lecteur du TC qui parfois pourrait être déconfit d’une vision un peu sombre du monde. Voilà mon dilemme ! Le plaisir d’écrire Le miracle de l’écriture (merci petit jésus ! je me moque) fait que chaque semaine ou presque le boulot est fait, qu’il me vaut parfois quelques critiques, quelques regards sourires complices, des questions sur la santé de ma mémé, et pour moi un plaisir récurrent de m’imposer à écrire le monde, la vie, la culture et les idées qui vont avec. Arrêtons donc de tourner en rond et de parler pour ne rien dire ! Que dire d’une semaine de rentrée où tout le monde se cherche, moi compris après un possible sujet de billet d’humeur ? Aba (y a rien à dire) Aliot rêve de voir les écoliers de chez nous porter un uniforme bien de chez nous, pour que disparaissent d’une école laïque les signes abayesque d’une offensive sans doute réelle d’ultra-musulmans en mesure de déstabiliser les fondements d’une république que son parti ambitionne d’occuper de plus en plus largement. L’idée n’est pas nouvelle et les lycéens d’Arago ont déjà porté l’uniforme (voir photo). Quant à sa proposition, elle a déjà fait des petits puisqu’une école primaire privée de la ville (qui n’a jamais connu d’abaya) a décidé de la mettre en œuvre. La sottise transgresse le temps. L’abaya permet de ne pas parler des milliers de postes d’enseignants qui manquent et de laisser s’instaurer une absence de mixité sociale qui étouffe le service public. Macron et Aliot rament dans le même sens à contre-courant du progrès social. La droite et son extrême énamourées Et pourtant, le Macron, sans doute dominé par le remords (je plaisante), nous promet même une conférence sociale après sa rencontre avec tous les dirigeants des partis politiques, y compris de gauche. Mais où la question centrale qui nous a occupés pendant des mois, celle des retraites, sera hors-sujet, puisque la seule perspective d’un référendum pour sortir du conflit majeur de ces dernières décennies est repoussée par un pouvoir qui semble incapable de comprendre qu’à rejeter toute démarche politique et sociale d’ampleur, salaires, chômage, précarité, service public, sécurité sociale… il se jette sur un mur qui risque de faire le lit de son petit copain du paragraphe précédent et de sa clique d’extrémistes ripolinés. La droite et l’extrême droite ont des intérêts communs qui ne sont pas ceux du peuple. D’où la préférence donnée à la question de l’immigration bien sûr par des forces politiques qui ont fait de l’étranger le bouc émissaire. Aliot et Macron lavent plus blanc Ce monde étranger, africain en particulier, le Macron, comme l’Aliot, n’ont encore rien compris à ce que furent colonisation et surtout décolonisation et ils veulent faire comme si tout cela restait un domaine réservé de la France d’avant. L’Algérie reste française pour la municipalité de Perpignan qui lui a fait son musée. Quant aux états africains, ils doivent obéir aux injonctions du Jupiter de Paris et quand ils putschent pour renverser des dirigeants passablement corrompus, petits copains des anciens colonisateurs, Macron fait les gros yeux, menace. Comme si la vérité devait à tout jamais rester blanche. Et si beaucoup de nos difficultés naissaient, naissent et prolifèrent de cette incapacité des pouvoirs réactionnaires à voir, sentir, comprendre et admettre que le monde bouge à l’opposé de leur RRRRRéaction fantasmée, vers un monde de progrès, de liberté. Liberté un peu baroque comme mon humeur du jour. Prière de m’en excuser. Jean-Marie Philibert

dimanche 27 août 2023

LE JEU LA CHANDELLE LA GAGEURE ET L'UTOPIE

Le jeu, la chandelle, la gageure et l’utopie Et c’est reparti, comme le temps, le TC est inexorable, le TC veut durer, sans pitié pour ses ouailles-gratte-papier qui, elles, subissent les assauts d’un temps qui peut être contraire. Les ouailles rouscaillent, s’interrogent, se demandent comment finira l’année qui commence. Chaque ouaille a son idée, se dit que le jeu en vaut la chandelle, se persuade que ce qui est possible depuis des années doit continuer : faire vivre un journal politique, ancré à gauche toute, avec le soutien inaltérable du PCF, avec le souci constant de l’unité, qui participe de toutes les luttes locales, départementales et au-delà est une gageure. Les bouleversements médiatiques, informatiques, les nouvelles pratiques de lecture ne l’ont pas réduite à néant. Parce qu’il y a une volonté, doublée d’un espoir… sans doute aussi d’une utopie. Utopie !!! Les voies de l’utopie Ne jamais faire comme si le désordre du monde était insurmontable. Ne pas croire les pécheurs en eaux troubles qui prônent la soumission aux aléas d’une histoire qui de toutes les façons nous dépasse. Se défier des docteurs YAKA et FOCON qui ont des réponses immédiates et sans réserves à tout et au reste : leur sottise est à la mesure de leur prétention à tout savoir et à tromper leur monde, depuis toujours. La loupiote de sa lucidité Examiner toujours, tout et le reste avec la loupiote de sa lucidité modeste, fragile, mais têtue, et combattante, nourrie qu’elle est d’une expérience toujours nouvelle des turpitudes des puissants et de leurs entreprises jamais finies de nous « enduire » d’erreurs et de nous voler nos vies, avec leur verbe haut et leurs pensées creuses. Mettre au rebut les pensées vides, répétitives, mais orgueilleuses de ceux-celles qui se croient la providence du monde, parce qu’ils-elles ont le pognon, l’assurance qui va avec, et le mépris souverain pour l’humanité (la nôtre) dont la seule richesse est celle de ses mains, de son savoir. Vomir le discours de la classe dirigeante et de ses affidés, d’ici et de partout, est le meilleur moyen d’éviter d’être pris pour un imbécile. Fuir les niaiseries Ne jamais se laisser prendre aux niaiseries illusoires, faciles, racistes des chantres d’une nouveauté qui n’est qu’une nouvelle duperie de l’ancien monde, sans doute en pire. Mettre la solidarité, le monde du travail, son organisation prégnante, vivante, au cœur de toutes nos préoccupations, toutes, sans exclusives, avec le combat quotidien contre les injustices, les exclusions, contre les précarités multiples et variées qui tissent un tissu social malade de ses souffrances. L’unité joyeuse Et retrouver, re-cultiver, ré-ensemencer ce qui a été au cœur du mouvement social et politique qui nous a occupés pendant des mois de 2023, la réforme des retraites : un acquis dont nous avions quelque peu perdu le souvenir et que je tiens pour indispensable à toute intervention sociale, l’unité bien sûr, mais une unité joyeuse, une unité heureuse, faite de l’aspiration à une vie ouverte, libre, pour chaque femme, chaque homme, chaque jeune, chaque moins jeune qui a le droit inaliénable de prétendre participer debout à la construction de son destin, avec toutes les satisfactions qui peuvent le nourrir. Une utopie, peut-être ? Au TC nous en sommes, nous en serons encore et toujours… Jean-Marie Philibert.

mardi 6 juin 2023

DECIVILISATEUR !

« Décivilisateur », toi-même ! Il y avait dans le langage courant, la « civilisation », dont il n’est pas utile de développer longuement le concept pour voir tout ce qu’il a apporté à l’humanité… Depuis quelques jours, après un repas (arrosé ?) à l’Elysée d’éminents sociologues autour de Macron, il y a la résurgence d’un autre concept, piqué dans la boite à idées de penseurs, éminents bien sûr aussi, le concept qui a priori semble dire le contraire du précédent de « décivilisation » dont le discours présidentiel s’est emparé pour nous aider à comprendre notre temps bouleversé. Le « dé », comme le dit le dico, vient du latin « dis » et indique l’éloignement, la séparation, la privation. Ainsi donc selon Jupiter, un fondateur de la civilisation mythologico-judéo-chrétienne et un peu capitaliste, nous serions en train de la perdre, la civilisation, de nous en éloigner inexorablement. Il est plus que temps d’en prendre conscience, de réagir face au maelstrom qui tente de nous engluer, de retrouver des fondamentaux. Ce mot serait donc la quintessence de notre temps de M… Et il n’est pas totalement inutile de s’interroger sur la volonté présidentielle de noircir les temps que nous vivons au point d’en faire le contraire de ce que nous pourrions espérer. Noircir ? Ce n’est pas au TC que nous nierons les difficultés de la vie quotidienne d’un grand nombre de nos concitoyens, les salaires, les retraites, riquiquis, l‘inflation galopante, des services publics en difficultés, le logement problématique, les droits remis en question, la ghettoïsation de la vie urbaine, la prolifération des injustices, la précarisation galopante, la soif de sécurité difficile à satisfaire, l’inquiétude du lendemain… Le tout sur fond de guerre en Ukraine, d’incertitudes internationales, d’enrichissements jamais assouvis des classes possédantes, de migrations pour échapper au pire, de désastres écologiques annoncés sous l’œil de dirigeants d’états qui donnent souvent l’impression de vivre hors sol… Et pourtant Et pourtant elle tourne, aurait dit Galilée, à propos de cette terre et de ses noirceurs. Et pourtant les peuples, les consciences, les soifs de changements, de progrès, de justice, de liberté s’expriment sans discontinuer, avec une force surprenante. Observez la bataille des retraites ici, les grèves en Grande Bretagne, les révoltes iraniennes, la permanence d’une lutte des opprimés pour un monde plus humain, la persistance des femmes et hommes de culture et de sciences à ne jamais en rabattre sur leur prétention à comprendre et à améliorer nos vies, la soif de la jeunesse mondiale à bénéficier d’une éducation à la hauteur d’un monde de progrès, l’aspiration partagée à un monde digne et à une nature préservée. Tu oublies la dialectique, Manu Des temps compliqués certes, où les contraires s’exacerbent, ça s’appelle la dialectique, Manu, sur un fond d’inquiétude grandissante qu’il est plus facile d’exagérer que de combattre. Le Macron sait faire, en donneur de leçon autocrate qui pense pour nous, parce qu’il se méfie de nous. Observons sa surdité à entendre le mouvement social, à court-circuiter le parlement, à courir après l’idéologie nauséabonde du Rassemblement national qui se nourrit d’une désespérance provoquée, jamais combattue. Là il apporte son eau pourrie au moulin de Marine. Comme si nous étions condamnés à nous écraser avec tous nos espoirs sur le mur du cimetière du progrès au nom d’une fatalité qui bien sûr ne peut que nous dépasser. Notre pessimisme lui irait si bien ! Sa « décivilisation » c’est son programme, ce sont ses choix politiques, ceux de sa clique et ceux d’un patronat : ils veulent sauver un système d’exploitation capitaliste en nous expliquant que le pire est à venir. Faute d’agir sur le monde, Macron invente un vocabulaire de fin de monde dont il serait un des rares à saisir l’histoire. Cretinus ! Il n’a pas vu dans les dernières semaines que le peuple, au fil de journées de luttes ininterrompues, continue lucidement à écrire l’histoire, sans lui et contre lui dans les rues de Prades, de Céret, de Perpignan, de France, de Navarre et d’ailleurs aussi. Jean-Marie Philibert.

mardi 23 mai 2023

Le cinéma et la vie

Le cinéma et la vie Depuis un siècle et même un peu plus le cinéma fait rêver. Le pouvoir de l’image dans des salles obscures, où nous sommes souvent comme en apesanteur, est tel qu’il est devenu non seulement une industrie florissante, une source de pognon très régulière, un outil idéologique aux mains des puissants, une distraction universelle, un lieu où le luxe peut donner l’impression qu’il devient de temps à autres populaire. Le capitalisme s’y sent si à l’aise qu’il se permet d’autoriser à des créateurs un peu plus sourcilleux que les autres de critiquer le système, et par là même de donner bonne conscience à beaucoup. Les artifices Quant aux rites, aux cérémonies, aux pratiques qui accompagnent ce 7° art, ils sont à l’image des artifices qui le constituent. Cannes en offre année après année une image saisissante qui semble plus forte que le temps. Des femmes, des hommes dans des toilettes opulentes, beaux comme ce n’est pas permis, un sourire inextinguible aux lèvres, des manières plus que policées, une montée royale des marches du Palais du festival, sous l’œil des caméras du monde entier, le tout accompagné des commentaires dithyrambiques de thuriféraires qui ont tout à gagner à taire leur esprit critique. Cannes est donc un spectacle dans le spectacle pour, à la fois nous embarquer dans cette usine à rêves, mais aussi, j’ai envie d’ajouter et avant tout, pour nous vendre à l’avance, et promouvoir les nouveaux produits aptes à nourrir les fantasmagories, jamais en panne, des spectateurs potentiels que nous sommes. Les éclats de voix n’y sont pas bien vus. La Du Barry à la rescousse Il faut pour troubler un peu le milieu des tremblements de terre, comme celui de l’affaire Weinstein et du mouvement MeToo qui l’a suivi pour y provoquer quelques vagues et en dévoiler les pratiques sexistes et l’idéologie réactionnaire qui les sous-tend. Elles baignent un milieu qui veut trop souvent faire joli-joli, gommer les aspérités, mais qui eut s’autoriser quelques incursions dans le réalisme. Mais les interstices sont révélateurs, ainsi le film qui a fait l’ouverture, Jeanne Du Barry, une favorite jetée dans les bras d’un roi vieillissant qui mettra Versailles en émoi… avant de finir sur l’échafaud pendant la Révolution. Maïwen joue le rôle de la Du Barry, elle réalise le film et ne cache rien de ses idées antiféministes. Elle confie le rôle de Louis XV à Johnny Depp qui traîne après lui quelques casseroles sur des violences conjugales. L’esthétique raffinée du film fera sans doute passer une sauce faisandée. Ainsi va le cinéma ! Cannes applaudit. Trublionne et trublions Si ce n’est que des trublions, dans le cas présent une trublionne vient mettre son grain de sel dans ce milieu policé. Adèle Haenel dans une lettre publiée dans Télérama dénonce. Elle dénonce « l’obsession du monde du cinéma à vouloir rester léger et ne surtout parler de rien… » Elle dénonce « la complaisance généralisée du métier vis-à-vis des agresseurs sexuels et plus généralement, la manière dont ce milieu collabore avec l’ordre mortifère écocide raciste du monde tel qu’il est ». Adèle fait de la politique, elle ne s’en cache pas ; elle participe ainsi activement à la lutte contre la réforme des retraites. Son appel n’est pas sans écho : un collectif d’actrices et d’acteurs reproche au Festival d’envoyer « le message que dans notre pays nous pouvons continuer d’exercer les violences en toute impunité ». Histoire de mettre un peu de vraie vie dans un milieu qui tend à régulièrement l’oublier. Jean-Marie Philibert

mardi 2 mai 2023

le syndicalisme

Le syndicalisme On le disait vieillissant, dépassé, divisé, anachronique et en grande partie inutile… un ornement pour démocraties fatiguées… utile pour dire qu’ici ou là pouvaient survivre des corps intermédiaires qui pouvaient à l’occasion faire semblant de discuter de quelque chose. Il était méprisé des pouvoirs… au point que dans toute ma carrière de délégué syndical, tous les recteurs et même certains préfets rencontrés avaient proscrit le mot syndicat de leur vocabulaire pour employer le mot totalement neutre d’organisations professionnelles pour les désigner. La course d’obstacles Malgré les obstacles le syndicalisme a poursuivi sa tâche, avec des soubresauts, des hauts, des bas, avec les travailleurs qui lui faisaient confiance, avec un monde médiatique qui lui savonnait régulièrement la planche et qui lui réservait la portion congrue, avec une droite et une extrême droite politique qui le combattaient, avec des sociaux-démocrates qui au pouvoir rêvaient de s’en servir, avec un patronat … ravi de la situation. Des signes existaient que le feu couvait sous la cendre, que la bête bougeait encore, que el pueblo unido… Au TC nous les auscultions avec régularité et satisfaction. C’est utile une presse progressiste ! Macron tout à son aveuglement antisocial (rappelez-vous toutes les petits phrases assassines contre le peuple indignes d’un président de la république) a poussé le bouchon le plus loin possible pour les mettre à genoux, pour les faire taire pour longtemps, pour mettre notre pays sous la coupe absolue d’un capitalisme triomphant où tout ce que nous avons construit, gagné, à la sueur de nos luttes, droits sociaux, services publics, retraites, sécu seraient rognés, avant de disparaître dans le melting-pot d’un mondialisme sauvage. Une vie mature Eh bien, ami(e)s et camarades, c’est raté. Le 1° Mai 2023 confirme ce que le mouvement social présagé, préparé, le syndicalisme vit de sa belle vie mature, diverse et colorée, avec toutes les générations, avec une joie sans pareille, avec un humour sans limite, avec la santé manifeste que donne l’unité. C’est une nouvelle d’importance dont nous devons nous réjouir… tous ensemble… tous ensemble… tous ensemble. Jean-Marie Philibert.