les billets d'humeur de Jean Marie Philibert dans le Travailleur Catalan

Jean Marie PHILIBERT ( c'est moi ) écrit toutes les semaines un billet d'humeur dans le TRAVAILLEUR CATALAN, hebdomadaire de la fédération catalane du PCF.
Je ne peux que vous conseiller de vous abonner à ce journal qui est aujourd'hui le seul organe de presse de gauche du département des Pyrénées Orientales.
J'ai rassemblé dans ce blog quelques uns de ces billets d'humeur en rappelant brièvement les événements qu'ils évoquent

lundi 9 juillet 2018

un besoin immémorial


Un besoin immémorial

L’évocation de mai 68 pour son cinquantenaire m’a octroyé avant l’heure estivale des vacances journalistiques méritées, vous en conviendrez ; mais mai 68 (ah mémé !) ne va pas durer indéfiniment. Il faut remettre son humeur au travail : il y a des travaux plus pénibles. D’autant que, profitant des fortes chaleurs, je me sens des ailes pour me lancer dans une humeur estivale qui devrait me permettre toutes les libertés. Butinons donc tout ce que le monde nous propose et tentons de faire notre miel des fleurs qui embellissent le paysage. Tentons de prendre une bouffée d’optimisme…

Il y a un blème

Mais gros problème : certes il y a les fleurs… Elles ne sont pas seules. Tout ce qu’il y a autour pollue et empoisonne ma vie d’abeille, et m’incite à m’interroger comme peut le faire le poète « Est-ce ainsi que les hommes vivent ? », ou comme les font les apiculteurs de base : quel miel produire ? Pour qui ? Pour quels bienfaits ?, ou enfin comme le disait Lénine : «Que faire ? ».

Question « empoisonnement », au propre, comme au figuré, nous sommes servis. On n’a jamais autant invoqué l’écologie et on ne s’est jamais assis sur ses principes avec autant de désinvolture grâce à un ministre star de la téloche. On a mis la santé des français en avant  pour réduire la vitesse sur les routes et on rend intenable la vie dans les hôpitaux. On envisage une sécurité qui ne devrait plus rester sociale. On met les services publics dans la panade ! Notre Jupiter au petit pied visite le pape, se répand dans la planète pour apporter ses lumières, veut faire un max pour les migrants, mais il laisse quasi quotidiennement des femmes, des hommes, des enfants, errer et mourir dans la Méditerranée. Ne disons rien ou presque de ces maladies sociales que sont le chômage, la précarité, la misère, l’exclusion. La vie des gens de « rien » est ainsi progressivement empoisonnée. Pas grave, ce n’est rien !

Les fleurs de l’arrogance

C’est l’humanisme d’une république en marche vers la cata. La cata pour les pauvres, ceux qui gaspillent le pognon qu’on leur distribue généreusement, ceux qui en auront d’ailleurs de moins en moins, vu que les aides sociales, ça suffit. Que la soif des possédants est inextinguible.

Il faudrait butiner ces fleurs de l‘arrogance qui peuplent le paysage « no future » qui devient notre lot quotidien. Tu parles de bouffée d’optimisme… Il est temps que tu ouvres les yeux, que tu reprennes la plume…

Avec une cerise idéologique sur le gâteau : le sentiment que quelles que soient votre révolte, votre détermination à vous battre pour dire l’intolérable, vous n’y changerez rien, le fatum jupitérien est tel qu’il s’imposera inéluctablement. Le surnaturel revient au galop : il faut l’accepter, sinon les coups de matraques pleuvent.

Au pas et au pain sec !

 Si nous n’y prenons garde… les abeilles vaillantes et dignes qui veulent vivre du fruit de leur travail changeront de régime, de modèle social, de monde. Sous le masque policé d’un jeune homme de bonne famille promis à une brillante destinée, certes quelque peu ambitieux, ne se cache-t-il pas une volonté forcenée de mettre au pas et au pain sec de façon progressive et orchestrée celles et ceux qui dans ces temps estivaux rêvent encore de butiner un peu de bonheur.

Le peuple a un besoin immémorial de butiner.

Le jeune homme en question ne connaît pas sa persévérance !

Jean-Marie Philibert

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