les billets d'humeur de Jean Marie Philibert dans le Travailleur Catalan
Jean Marie PHILIBERT ( c'est moi ) écrit toutes les semaines un billet d'humeur dans le TRAVAILLEUR CATALAN, hebdomadaire de la fédération catalane du PCF.
Je ne peux que vous conseiller de vous abonner à ce journal qui est aujourd'hui le seul organe de presse de gauche du département des Pyrénées Orientales.
J'ai rassemblé dans ce blog quelques uns de ces billets d'humeur en rappelant brièvement les événements qu'ils évoquent
Je ne peux que vous conseiller de vous abonner à ce journal qui est aujourd'hui le seul organe de presse de gauche du département des Pyrénées Orientales.
J'ai rassemblé dans ce blog quelques uns de ces billets d'humeur en rappelant brièvement les événements qu'ils évoquent
mercredi 15 mars 2017
lundi 13 mars 2017
robert hue a raison
« Robert
Hue a raison… »
A la sortie de la messe dominicale, dans cette charmante
bourgade du département, les fidèles se congratulent, s’attardent, papotent.
Les prémisses du printemps délient les langues, le dialogue avec le surnaturel
a apaisé les tensions, un brin de causette ne peut que faire du bien dans un
monde où l’on se parle de moins en moins. Et très vite, c’est de politique
qu’il est question.
« -Vous avez vu cette campagne, mon dieu, c’est du
jamais vu !
-Mon bon monsieur, il faut du neuf en politique…
-De nouvelles têtes qui nous changent des politicards de
droite et de gauche…
-Des esprits libres qui se moquent des idéologies…
-Le socialisme, le libéralisme, la justice sociale, la
démocratie… On a déjà donné.
-Le communisme, Mon Dieu, vous n’y pensez pas !
-On s’est trop éloigné des religions…
-Moi je vais à Lourdes tous les ans et ça me fait du bien aux
rhumatismes…
-Moi je bois de l’eau de la fontaine miraculeuse d’Arles sur
Tech. Le curé m’a dit qu’elle a des pouvoirs fantastiques…
Et patati
-Je crois qu’on ferait bien d’en donner aux joueurs de
l’usap, le rubi c’est comme la politique, il y a trop de pognon
maintenant …
-Ca pourrit tout, même les saints hommes, comme Fillon. Qui
l’aurait cru ? Lui si rigide… Il a fauté, mais Jésus nous a appris à
pardonner…
-Moi je crois que Pénélope, elle le savait pas qu’elle
gagnait autant d’argent, elle achète jamais de la toilette…
-C’est pas comme la femme de Macron, elle est très chic,
elle…
-Elle est beaucoup plus âgée que lui, vous savez…
-Lui il fait jeune et il est comme il faut, il en a dans la cervelle, il a travaillé à la
banque, puis à l’Elysée, maintenant il veut faire président, ça nous
changera, il est mignon comme tout…
-Ça sera toujours mieux que l’autre baudruche…
-Et puis il a dit qu’il était ni de droite, ni de gauche…
Enfin de la vraie politique, celle qui s’occupe de nos problèmes…
-Il a pas de programme, mais est-ce qu’il faut un programme,
il suffit d’écouter les gens au marché…
-En plus il est copain avec les banquiers, même qu’il a
travaillé chez Rotechilde : ils lui prêteront de l’argent sans problème…
Et patata
-Vous avez-vu tous les gens qui le suivent…
-C’est comme dans l’ouillade on peut tout y mettre.
-Vous allez voir que beaucoup de nos hommes politiques
locaux, de tous les côtés vont se précipiter dans cette ouillade-là.
-Péteux comme ils sont, elle sera bien fade, il en faudra du
saji…
-Moi, s’il me débarrasse de la Marine, ça me suffit…
-Avec une dose de modernité, quand même : il faut vivre
avec son temps.
-Vous savez il y a des signes qui ne trompent pas sur la
valeur du personnage : regardez même Robert Hue a dit qu’il voterait pour
lui. Et Robert Hue a de l’expérience et il a souvent raison. Quand on est
soutenu par un si fin politique, on a de sérieuses chances de l’emporter…
-Pourvu que la Providence vous entende !
-A dimanche prochain, mes amis, on fera le point, ça
approche… »
Jean-Marie Philibert.
lundi 6 mars 2017
assassinat
Assassinat
De la métaphore… Il fut un temps où le terme d’assassinat et
en particulier d’assassinat politique relevait d’une réalité historique où les
coups de poignards, les empoisonnements mystérieux, les disparitions soudaines
et inexpliquées pouvaient advenir sans qu’on s’y attende ; d’ailleurs les
puissants de ces temps obscurs s’y préparaient, s’en protégeaient, ou même
parfois (souvent ?) y participaient à l‘encontre de rivaux dont on pouvait
craindre le pire et pour lesquels on préparait donc le pire. Le vingtième
siècle a vu ces pratiques disparaître, encore que l’histoire récente bruisse
quelque fois de morts inexpliquées.
Injustifié
L’assassinat est devenu métaphorique dans la bouche de
François Fillon quand il évoque le sort qui lui est fait, mais à ses yeux il
paraît tout aussi scandaleux et arbitraire. Il juge en effet totalement
injustifié les poursuites judiciaires, policières dont il est l’objet. Il
considère que le gouvernement, les médias, les juges ont voulu sa mort
politique et que rien n’est plus injuste, pour lui, pour sa famille, pour sa
famille politique, la droite, et bien sûr pour la France.
Mais en même temps il refuse systématiquement de répondre sur
le fond du dossier, non pas sur le fait qu’il ait employé sa femme comme
attachée parlementaire, sa fille, son fils idem, à des salaires fort
honorables, sur des fonds publics, mais sur celui qu’en contrepartie, ils
n’aient rien fait, rien de rien. Le travail était fictif, les salaires ne
l’étaient pas. Aucun début de preuve, de témoignage, qu’il pourrait en être
autrement.
Le
suicide ?
Alors que les questions pleuvent, que les micros sont tendus,
que les caméras enregistrent, rien pour prouver le contraire, pour donner la
parole à ceux qui ont ainsi « travaillé », à l’expérience qu’ils en
ont retirée, aux contacts qu’ils y ont tissés, au point que l’on peut se
demander s’ils savent qu’ils ont travaillé. Le déni, comme seule défense, la
victimisation, l’enfermement dans des affirmations qui choquent, y compris ses
soutiens, les volte-face incompréhensibles au point que l’on se demande si
l’assassinat politique n’est pas en train de se transformer en suicide,
métaphorique bien sûr. Je ne souhaite la mort de personne, et la vie d’un homme
vaudra toujours plus que les euros partis en fumée.
Avec la manifestation de dimanche, à vouloir poursuivre
l’aventure, le suicide semble devenir
collectif et massif. A mes yeux, trop
massif pour paraître honnête. Certes la dimension personnelle est
indéniable : il y a du bourricot chez Fillon. « Je ne reculerai pas,
je ne reculerai pas, je ne reculerai pas ! »
Le mort
n’est pas celui qu’on pense
Il s’inscrit dans un processus de droitisation sans fin de la
société qui vise (rappelez-vous son programme), non seulement à faire
disparaître, y compris des consciences, tout perspective de transformation
progressiste d’un désordre dominant qui marginalise, ghettoïse, précarise,
appauvrit le plus grand nombre, mais aussi à mettre à bas les valeurs
émancipatrices qui bon an, mal an,
avaient traversé les siècles pour fonder un projet au cœur des luttes sociales
et politiques du pays. Ce projet pouvait aussi largement débordé de nos
frontières. Les gouvernements « socialistes » ont apporté leur
savoir-faire démobilisateur à l’entreprise de démolition, l’Europe a servi
d’alibi. Ils ont même mis en place des relais possibles (voir Macron) pour
poursuivre la besogne. La vraie victime est là : la volonté populaire d’en
finir avec la galère !
Inquiétude
Je m’interroge cependant sur ce comportement qui au-delà de
la carrière de Fillon concerne son clan,
son parti, la droite, mais aussi l’ensemble de la sphère politique, le rapport
que les citoyens ont avec le politique, et bien sûr la démocratie. J’ai des
inquiétudes sur ce qui peut en sortir.
Toutes les pistes sont
brouillées : l’électorat est dans l’embarras (euphémisme…) au point qu’à
quelques semaines des élections, tout semble possible, et même le pire. La
gauche (PS-Hamon et Insoumis-Mélenchon) continue à vivre hors sol, en refusant
la seule issue possible d’une union incontournable pour nourrir un début
d’espoir. Préfèrent-ils se fracasser sur le mur du premier tour ?
Assassinat, suicide, la mort (métaphore) rode. Soulignons les efforts plus que
louables et courageux du PCF pour défendre les droits de la vie.
Jean-Marie Philibert.
PS : au moment où j’écris ces lignes, lundi 6 mars, 11 h
30, tout bouge, mais… pour que rien ne
bouge.
mardi 28 février 2017
allons droit au but
Allons
droit au but !
Même sans faire aux sondages et aux sondeurs une confiance
aveugle, dans l’état actuel des candidatures annoncées pour les
présidentielles, les perspectives pour un candidat porteur d’autre chose que de
l’austérité renforcée pour le plus grand nombre, des mamours avec le patronat
et de la démagogie à forte dose en guise de vaseline, sont très limitées.
Un podium
réac
Trois prétendants ont des chances de pouvoir être
sélectionnés pour le second tour : La Marine fait semblant d’y croire,
elle a pour elle les turpitudes de Fillon qui plombent l’électorat de droite.
Lui, le candidat de la droite « présentaple », enfin c’est une façon
de parler, poursuit sa route, malgré les casseroles, les juges, son électorat
ne le lâche pas complètement. Beaucoup lorgnent du côté de Macron, qui est
partout à la fois, mais surtout du côté du manche, c’est-à-dire nulle part… à droite. Le soutien
de Bayrou n’éclaircira pas la route, mais pourrait brouiller un peu plus le
message et laisser croire que le moins pire est toujours mieux que le pire.
Ces trois-là ne peuvent faire que notre malheur et sur ce
terrain-là nous avons beaucoup donné. Si vous voulez continuer libre à vous…
Vous allez être servi, ou plutôt c’est de vous que l’on va se servir.
On ne
repassera pas le plat
Si, par contre, vous en avez un peu assez d’être pris pour
un(e) imbécile à qui on a fait croire que la gauche ne peut pas se libérer de ses vieux démons qui
la divisent, qu’elle ne peut faire qu’une politique de droite quand elle
parvient au pouvoir, qu’elle doit être responsable et surtout prendre
systématiquement ses distances avec les luttes sociales qui pourraient
l’entraîner dans des aventures sans lendemain, cessez de vous lamenter. Passons
ensemble à l’action !
Dites-vous que le
rendez-vous est historique, qu’il n’y aura pas de deuxième chance, qu’il faut
tout, je dis bien tout, mettre en œuvre pour que le soir du premier tour ne
soit pas le jour d’enterrement de vos espoirs. Cela veut dire que contrairement
à ce que laisse entendre la presse de ce jour (lundi) il doit y avoir une
candidature commune à gauche en avril 2017, que ce ne sont pas là les seules
responsabilités de Jean-Luc, Benoit et Yannick et consort.
Mais les nôtres, à nous tous qui constituons le peuple de
gauche, dans sa pluralité, dans son unité, dans sa détermination.
Les
exigences de la rupture
Cela veut dire qu’il importe sans attendre de faire entendre
cette exigence en la nourrissant de ce qui en fait le cœur et qui est présent
dans le pays (rappelez-vous la bataille contre la loi El Khomry) une politique
de progrès social qui combat la précarité, restaure la justice, réinvente la
démocratie et toutes les solidarités qui vont avec. Il n’y faut pas des
mesurettes, mais une ambition qui rende crédible la capacité de la gauche à
mettre un terme à la souffrance sociale, aux divisions et aux discriminations,
aux précarités qui en font le quotidien.
Pour être précis, cela impose au PS de rompre clairement,
avec la ligne patrono-socialo-libérale qui fut la sienne jusqu’à aujourd’hui et
de retrouver quelques-uns de ses fondamentaux. Le grand chef des insoumis devra
aussi découvrir qu’il n’est pas seul au monde à pouvoir incarner le changement.
Le PCF est condamné à poursuivre jusqu’au bout ses efforts, et le TC avec. La
pierre angulaire de l’unité !
Il n’est pas trop tard.
Le 23 avril, il sera trop tard.
Jean-Marie Philibert.
vendredi 24 février 2017
Au nom du père, du fils…
Le mystère de la sainte trinité, vous savez, le père, le fils
et…, permet de comprendre l’avalanche de vicissitudes et d’emmerdements que le monde, et nous avec,
avons à affronter depuis que cette bande-là l’a créé, il y a fort longtemps.
En effet, dans l’équipe, il y a deux excités qui se croient tout
permis, qui disent avoir tous les pouvoirs parce qu’ils sont sortis de la
cuisse de Jupiter. Presqu’ils se prendraient pour dieu !
De plus ils sont génétiquement très proches, c’est normal, père
et fils. Ils partagent donc une hérédité très chargée qui les fait agir sans contrôle, ni retenue.
On dira qu’ils sont bien agités du bulbe.
Le seul à avoir un peu la tête sur les épaules, et une
intelligence à peu près normale, c’est le troisième larron, le bien nommé sain
d’esprit ; mais il ne fait pas le poids devant les deux autres sbires. Et
pourtant, c’est le seul qu’il faudrait écouter.
jeudi 23 février 2017
lundi 20 février 2017
la pétaudière
La pétaudière
Avec
la campagne électorale en cours on n’est plus dans une présidentielle classique
comme celles que nous avons connues jusqu’ici, on est dans le spectacle total,
dans le happening débridé, dans l’explosion de la nouveauté la plus folle …
avec peut-être à l’arrivée une explosion, pour de vrai, dont nous pourrions
être les victimes. En un mot la pétaudière ! Et dans la pétaudière ça peut
péter !
Il
y a des raisons de fond à une telle situation : la persistance aveugle des
majorités successives à tout faire pour que les besoins sociaux tels qu’ils
s’expriment depuis bien longtemps ne soient jamais entendus, et que la
souffrance sociale vienne s’entasser sur la souffrance sociale, pendant que le
monde de la finance, ceux qui s’en nourrissent, ceux qui le servent et le
vénèrent entassent, eux, des plus-values en tous genres sur le dos des
travailleurs. Leur précarisation a été savamment organisée, planifiée.
L’épisode de la loi El Khomri est emblématique. La destruction sociale se
poursuit.
Nous décourager
L’horizon
plombé pourrait nous décourager de nous intéresser à la chose publique. En
vrac : la volatilité du tissu
social, les stratégies de survie, le boulevard ouvert au FN, la recherche des
boucs émissaires et la montée des racismes, la remise en cause des valeurs de
progrès, les discours politiques inaudibles parce qu’en déphasage avec la vraie
vie, les entraves systématiques, surtout si elle est contestataire, à l’action syndicale, avec la répression qui
va avec, la jeunesse qui ne se voit pas un avenir et les personnes âgées
auxquelles on fait régulièrement comprendre qu’elles ne sont que des charges.
Et pourtant
La
fibre citoyenne vibre encore ! La participation aux primaires, quoiqu’ on
pense de ce processus, l’intérêt pour le débat politique, l’attention de
l’opinion, le souci de la mise en œuvre de stratégies unitaires, progressistes,
transformatrices sont des signes d’autant plus forts que les medias jouent une carte
qui fait la part belle aux seuls tenants du statu quo et tournent délibérément
le dos au pluralisme de la société, surtout s’il se teinte de rouge.
Mais
patatrac ! La situation se complique au point qu’on ne sait plus tout à
fait qui est qui.
Le
sortant socialiste s’est sorti tout seul et le socialiste qui devrait
s’inscrire dans ses orientations patrono-socialo-libérales les rejettent, enfin
presque !
Toutes les caisses ne sont
pas vides
Le
champion de la droite qui promettait au peuple du sang et des larmes parce que
les caisses de l’état étaient vides apparait sous son vrai visage : celui
d’un menteur, expert en vidage de caisse qui pense que les sacrifices n’ont de
sens que si on les impose aux autres. « Souffrez, bonnes gens ! Vos
casseroles, je m’en tape ! Je continue et surtout je ne rembourse
pas ! »
Un
jeune effronté qui avait servi la banque, le président Hollande, le ministère
des finances, se met à jouer les Brutus pour dézinguer ceux qu’il avait adorés
et tenter de devenir calife à la place de…
et comme il est bien fait de sa personne, qu’il ne dit pas grand-chose
sur ce qu’il veut faire, les naïfs se disent pourquoi pas lui. Ça marche… un
peu. Jusqu’à quand ?
La
Marine, elle, tente de poursuivre sa stratégie de campagne sans campagne pour faire
oublier ce qu’elle est. Elle aussi a trempé ses doigts dans la confiture des
deniers publics. Elle ne dit jamais, que partout où le FN s’est approché du
pouvoir il n’a fait du pétainisme ordinaire ou pire. Avec elle l’histoire
hoquette, mais chut. On verra bien le réveil !
Les têtus
Pendant
ce temps il est des têtus qui tentent de garder la tête et le cœur à gauche,
pour de bon, et qui ne veulent pas d’une telle pétaudière où le pire est
toujours à venir, ils savent d’expérience que l’action politique est un composé
savant d‘utopie, d’unité et d’exigences au service du plus grand nombre qui a
soif de justice et qui veut vivre tout simplement. Ils savent que le temps
presse pour rendre le projet commun
crédible et ne pas se réveiller au soir du premier tour avec la tronche dans le
mur.
Je dis commun,
pas seulement celui d’un certain Jean-Luc. Ils savent que la démarche doit
encore s’élargir pour concerner la masse d’un peuple qui aspire à s’émanciper.
Le seul travail politique qui compte est là. Et vite ! Au boulot !
Les têtus !
Jean-Marie
Philibert.
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