les billets d'humeur de Jean Marie Philibert dans le Travailleur Catalan
Je ne peux que vous conseiller de vous abonner à ce journal qui est aujourd'hui le seul organe de presse de gauche du département des Pyrénées Orientales.
J'ai rassemblé dans ce blog quelques uns de ces billets d'humeur en rappelant brièvement les événements qu'ils évoquent
lundi 24 janvier 2022
lundi 17 janvier 2022
Deux humeurs pour le prix d'une
Deux
humeurs pour le prix d’une !
J’ai une humeur très partagée au moment où j’écris ces
lignes, limite schizophrène, aïe, poubret ! Les temps que nous vivons y
sont sûrement pour quelque chose. Mais la
seule solution est de faire avec : c’est sans doute le prix à payer
à un réel qui prend un malin plaisir à
nous tournebouler la tronche pour qu’on perde un peu de notre lucidité et sans
doute aussi et accessoirement de nos espoirs.
L’obscur
Dans l’humeur obscure, il y a comme une image obsédante qui
se rapproche de plus en plus inexorablement, qui nous dit que les
présidentielles pour ceux qui gardent au fond de l’esprit l’aspiration à un
changement politique progressiste, transformateur, vont ressembler à un mur sur lequel
s’écraseront nos volontés.
La gauche et ce qu’elle véhicule, les valeurs qui la
fondent, partent en petits morceaux
éclatés. Il serait illusoire de croire que quelques semaines avant le scrutin,
la famille (enfin c’est ce qu’on croit) se réconcilie, qu’une personnalité soit
en mesure de jouer la(es) magicien(ne)s, et qu’un volonté populaire,
unitaire, de gauche puisse faire
entendre une voix crédible, fût-elle parée de tous les oripeaux d’une
consultation électronique. Le plus désolant en la matière, c’est que personne
n’entend personne, que ceux-celles qui disent vouloir tenter quelque chose n’en
ajoutent qu’un peu plus à la cacophonie.
Rupture
La seule issue pourrait être une perspective programmatique
de rupture avec les dérives libérales, néolibérales, matinées des confusions
politiques en tous genres que nous avons
vécues. Les efforts de Fabien Roussel ne sont pas rien, mais ils ont du mal à
être entendus, d’autant plus que culturellement, socialement, politiquement les
pistes ont été brouillées et les esprits enfumés. Les expériences passées,
profondément décevantes La capacité de résistance que nous cultivons au TC
continue à nous servir de repères, mais l’engagement politique nous enjoint de
garder les yeux ouverts. Et pour ce qui me concerne, l’humeur obscure.
Les
sursauts
Mais la vie publique n’est jamais simple, univoque, écrite à
l’avance. La désespérance est mauvaise conseillère et je me plais à me
remémorer les moments difficiles de ma vie syndicale où le petit noyau de
militants « pur jus » se voyait au fond d’un trou, et puis les
sursauts inattendus, les solidarités retrouvées, les engagements
réactivés, les puissants dans le doute.
L’humeur pourrait connaître un rebond : c’est pour moi
le sens du 13 janvier, dans un milieu que je connais bien, celui de
l’institution scolaire. Macron nous balance un Ministre qui s’emploie, dès son
installation, à aggraver les politiques scolaires menées, à casser le service
public, à ne pas répondre aux nombreuses fractures qui le traversent. Il remet
en cause le baccalauréat, désorganise les lycées, laisse les collèges dans la
panade, favorise l’enseignement privé
pour construire un système pour les riches et réserver le service public aux
autres, reste sourd aux revendications des écoles. Il méprise, se croit tout
permis et se rêve un avenir politique. Face à la pandémie, il donne la mesure
de son mépris et de son incompétence.
Et patatrac, il se prend dans la gueule une grève, des
manifs, un mouvement national qui devrait connaître des suites. A voir les
visages, à lire les calicots, à sentir la détermination le 13, je me dis que
l‘intervention sociale est incontournable pour faire bouger les choses, y
compris politiquement. Avez-vous vu Blanquer penaud à la téloche le
lendemain ? Le pouvoir n’est fort que de nos renoncements.
Alors renonçons à toute forme de renoncement pour retrouver
une humeur digne du futur que nous voulons construire.
Une date à retenir : le 27 Janvier !
Jean-Marie Philibert.
lundi 10 janvier 2022
ça pue !
Sortir de
la puanteur des temps
Ça pue ! Faut pas sans étonner avec les derniers propos
de Macron : cela ne peut pas sentir la rose quand un président, dans sa
fonction, avec des journalistes, dit vouloir couvrir de …. les réfractaires à
une vaccination.
Misère et pétoche d’un président : s’il estime que la
vaccination est une obligation citoyenne (et c’est le cas puisqu’il dénie aux
antivax leur citoyenneté) ne serait-il pas
plus courageux, plus responsable et surtout plus efficace de rendre
obligatoire une vaccination et de se donner les moyens de l‘imposer. Les
arguments scientifiques abondent, la plus grande partie de la population a
franchi le pas. Dans une minorité, très disparate, les dérives contestataires
de la vaccination se propagent dans une irrationalité incontrôlée et
incontrôlable que l’expérience de millions de vaccinations réalisées est
impuissante à endiguer.
Abuser son monde
Macron louvoie, insulte, se sert de la pandémie pour
préparer son élection, faute d’être en mesure de traiter des vraies questions,
cherche à abuser son monde. Il donne la mesure de son incompétence et de la
dimension policière, discriminatoire,
qu’il veut donner à la société, pour brouiller les esprits.
Et au début d’une troisième année de pandémie, ils le
sont troublés, les esprits, même si globalement le civisme des
comportements est exemplaire. Mais les esprits sont fatigués, l’optimisme est
le plus souvent aux abonnés absents, le retour à une vie normale reste une
illusion. Nous restons éloignés de la vie politique et de ses échéances. La
plus grande partie de la population reste au mieux dans une expectative
prudente, parfois dans un désenchantement certain. Un nombre malheureusement conséquent
se vautre à qui mieux mieux dans des choix racistes, outranciers et dangereux
pour la démocratie et la république.
S’interroger sur la
réalité des temps que nous vivons.
Dans ces odeurs nauséabondes qui empuantissent notre vie,
brouillent les consciences, comme le fait Macron avec ses propos, le/la
citoyen-ne de base , tout en faisant le
nécessaire pour fuir les virus, tout en télétravaillant, tout en surveillant
ses enfants que l’école laisse souvent sans protection, s’interroge avec
inquiétude sur la réalité des temps que nous vivons, sur ce qu’il peut en
advenir politiquement socialement, moralement. Il est de très bon augure que
dans ce contexte les luttes sociales pour le pouvoir d’achat, la santé, les
services publics, l’école, les droits
perdurent et régénèrent une atmosphère qui sans cela serait totalement
défraichie.
La seule voie
possible
Mais j’ai le sentiment que l’on n’est pas tout à fait à la
hauteur des enjeux qu’exige une situation exceptionnelle. Pour les forces
politiques qui travaillent à une transformation de la société, comme nous, l‘heure est difficile et compliquée. Il est
courageux, sain et salutaire de tenter de sortir des souffrances sociales, des
injustices, des inégalités qui gangrènent la société. C’est la seule voie possible !
La pandémie rend l’issue plus incertaine encore. Mais il est de la dignité, de
la fonction des choix politiques qui sont les nôtres de ne pas baisser les
bras, de hausser le ton et nos ambitions pour sortir de la puanteur des temps.
Jean-Marie Philibert.
vendredi 7 janvier 2022
2022...
Toute notre amitié,
camaraderie, sympathie, empathie et chaudes embrassades à ceux qui recevront
ces lignes, elles n’ont été écrites,
sans doute dans un moment d’égarement,
que pour leur faire partager une volonté obstinée de lutte contre un destin qui
n’en est pas un.
Tous nos vœux pour 2022
Et surtout et surtout et surtout
Un souci inaliénable :
Garder au fond de son escarcelle
Au beau milieu des petits riens inutiles
Qui encombrent notre quotidien
une rage de vaincre ripolinée
Astiquée
Indestructible
Pour la justice, la liberté, la solidarité,
la démocratie
Pour s’en servir
Autant de fois que nécessaire
Avec la gnaque qu’il faut
mardi 4 janvier 2022
La morale du personnage
La morale
du personnage
Il nous aura empuanti la vie jusqu’à la fin. Il ? Mais
qui donc ? Le jeune blanc bec qui joue à faire président… La preuve la
plus récente : elle traverse ma famille qu’avec ma très tendre moitié nous
nous sommes fait un plaisir de réunir une nouvelle fois à Noël autour d’un
sapin qui ne perd pas ses aiguilles, joliment décoré, éclairé, placé dans un
lieu stratégique du séjour. Tout est calculé pour qu’il y ait autour la place
nécessaire au déploiement des cadeaux que chacun découvrira avec
l’émerveillement nécessaire. Bien sûr les aléas de la pandémie et autres
avaient au cours des derniers mois espacé les contacts ; mais là on y
était, contents d’y être, oubliant un peu le covid.
Ne pas
jouer au kamikaze
On avait entendu parler d’un nouveau variant, venu de loin,
mais on en avait vu d’autres et puis on se protégeait. On avait aussi entendu
les épidémiologistes, ceux qui a priori savent de quoi ils parlent, dire qu’il
faudrait se protéger un peu plus face à un variant dont on savait peu de
choses, mais qu’il était très facilement transmissible et qu’il était tout à
fait intelligent de ne pas jouer au kamikaze en jouant à la fête de façon
débridée. Des pays, comme les Pays Bas et le Danemark, avaient pris les devants
pour resserrer les boulons et reconfiner, au moins en partie. Le remède a fait
ses preuves.
En Macronie, on attend que l’oracle ait parlé… et il se tait.
Parce qu’il manœuvre, non pas contre le virus, mais contre une opinion publique
à qui il n’ose pas dire qu’il veut continuer à faire président et qu’il ne veut
pas heurter par l’annonce foncièrement déplaisante d’un nouveau confinement. On
arrive donc à Noël avec des mesurettes homéopathiques, de la tisane pour virus
récalcitrant.
Patatrac
Et patatrac, Omicron qui a bien vu la lâcheté de l’adversaire
se précipite sur une opportunité inespérée pour croître, se multiplier et
prospérer. Les chiffres flambent : plus de 1000 en taux d’incidence, plus
de 2000 à Paris, Plus de deux cent mille nouveaux cas par jour. Et l’autre
vient à la téloche nous expliquer qu’il va juguler la crise épidémique.
Menteur ! Des queues interminables pour se faire tester. L’autre ne voit
rien, n’entend rien. Les Champs Elysées pleins à craquer… il n’entend rien, il
est parti à Brégançon. Ses sbires, c’est pareil. Blanquer veut surtout qu’on ne
ferme pas les écoles, même s’il n’y a plus de maîtres valides et si les
protocoles sanitaires restent du vent face à un virus qui se répand sans limite
sur les enfants et les jeunes.
Conséquence immédiate : un rebond épidémique majeur qui
fait que les jeunes pousses et les moins
jeunes venues à Perpignan, toutes très chères à nos cœurs, qui étaient venus vivre un moment de partage,
sont maintenant reparties avec les cadeaux trouvés au pied du sapin, mais avec
un passager en plus tout à fait
clandestin, puisqu’il s’amuse à les faire tousser, éternuer, à les fatiguer
plus que de raison. Ils savent que Mamiche et Papiche n’y sont pour rien.
J’ai toujours pensé que dans toutes les vies, politiques,
professionnelles, privées, gouverner, c’est prévoir, organiser, lucidement,
courageusement pour le bien de ceux qui nous entourent.
Là, à quelques mois des présidentielles le cynisme de Macron
nous démontre qu’il n’en est rien. Il est beaucoup plus important de tromper
son monde pour arriver à ses fins. C’est la morale du personnage qui vaut
programme politique.
Jean-Marie Philibert.
lundi 13 décembre 2021
Paroles de virus
Paroles de
virus
L’actualité n’est pas enthousiasmante : pandémie,
fermeture d’usines, blocage du pouvoir d’achat, coups portés à la démocratie,
aux droits sociaux, services publics en souffrance, Macron en nouveau empereur
européen, migrants à la mer, Zémour qui s’y croit, la droite qui y croit et la
gauche qui poursuit sa course vers un mur sur lequel le risque de s’escagasser
est réel.
Mon optimisme naturel se bat tous les matins avec ma
lucidité, mais là, il prend des coups. Je pense qu’il faut raison garder sans
se raconter les seules histoires qu’on a envie d’entendre, mais en cherchant à
creuser les choses, ou à s’élever au-dessus d’un horizon plombé.
Au dessus
de l’horizon
Et au-dessus de
l’horizon il y a les galaxies. Il y en a de toutes les couleurs, de toutes les
opinions. Il y en a même une qui est constituée de tous les virus qui depuis la
nuit des temps ont comme une fascination pour notre pauvre planète : ils
viennent sans se montrer nous voir de temps en temps, ils aiment bien nous
taquiner, nous refiler une petite chtouille par-ci, une grippette ou une
grippasse par-là, parfois nous envoyer ad patres.
Je me plais à imaginer ce que ces bébêtes-là se racontent de
nos prétentions, de nos inquiétudes à un moment où elles ont décidé de nous
pourrir la vie.
Mon iPhone dernier cri, grâce à la 5, à la 6, à la 7 G me
permettra peut-être de capter leurs conversations interstellaires… Ça
marche !
Ma conscience journalistique m’impose de ne pas taire ce que
j’entends.
Ecoutons
… « Ces
humains sont insupportables… Ils se sont pris pendant des siècles pour le
centre du monde… Ils ont inventé un peu de sciences (si peu)... Mais ils
n’ont pas compris qu’elle ne leur a pas tout dit… Ils nous ont envoyé des
vaccins pour nous embêter… Nos réserves sont inépuisables… Qu’est-ce qu’ils
croient ? Moderna ! Pfizer ! Astra Zenéca ! Même pas
peur ! Ils ne savent pas que nos variants sont justement faits pour varier
et pour leur compliquer la tâche… En plus tous les soirs ils nous donnent à la
téloche les informations qui nous manquent pour atteindre notre but. Ils se
prennent tous pour de grands infectiologues. La cerise sur le gâteau pour nous,
c’est que le plus souvent ils ne sont d’accord sur rien… Les antivax bavent sur
les provax… Les riches ne veulent pas donner de vaccins aux pauvres. Il faut
protéger les vieux ! Non les jeunes ! Il faut fermer les
écoles ! Non, il faut les ouvrir ! Il ne faut pas danser pour noël !
Les pauvres ! C’est vrai on est dur
avec eux, on n’est pas très humain…
Humains ?
Mais au
fond les humains ce sont eux et ils ne nous donnent pas beaucoup l‘exemple, ils
parlent de justice, de solidarité et ne la pratiquent qu’à l’occasion. Ils nous
reprochent de tuer sans pitié, mais ils ont inventé des armes de destructions
massives. Ils salopèjent la nature à qui mieux mieux et ils prétendent la
protéger. Il y en a parmi eux qui ne sont obsédés que par l’idée de s’en
mettre, toujours plus, plein les fouilles… Ils pensent même que nous les virus,
on va les aider !...
Bien sûr ce sont les mêmes qui nous font la
morale… Ils se servent de nous comme d’une mauvaise conscience qui ronge tout
ce monde de l’intérieur pour l’inciter à rester sage. » …
Ils ne
renonceront pas
Un virus moins stupide que les autres fait entendre sa voix
fluette ;
« On est des
imbéciles…On mélange tout… on est bête comme des virus sans empathie et sans
intelligence. On participe sans vergogne du désordre de la nature.
Macarel ! Un destin de propagateurs de malheurs qui se heurte à une farouche
résistance… »
-Eh oui !
Virus de mes deux, il y a ici des gens qui souffrent et qui luttent, des
tonnes de courageux qui ont toute la richesse et la complexité l’humanité en
bandoulière et qui ne renonceront jamais à la défendre.
Jean-Marie Philibert.
vendredi 3 décembre 2021
avertissement poétique pour un monde qui ne l'est pas
Poète,
Il ne faut
Jamais
Hésiter
A
Poèter
Plus haut
Que
Ton cul.
*
Pour être
Entendu