les billets d'humeur de Jean Marie Philibert dans le Travailleur Catalan

Jean Marie PHILIBERT ( c'est moi ) écrit toutes les semaines un billet d'humeur dans le TRAVAILLEUR CATALAN, hebdomadaire de la fédération catalane du PCF.
Je ne peux que vous conseiller de vous abonner à ce journal qui est aujourd'hui le seul organe de presse de gauche du département des Pyrénées Orientales.
J'ai rassemblé dans ce blog quelques uns de ces billets d'humeur en rappelant brièvement les événements qu'ils évoquent

lundi 31 août 2020

 



la voie… la seule…

Perpignan, les municipales comme exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Je veux parler de l’union. Chacun a voulu jouer sa partition se croyant plus malin que les autres, les artisans de l’union ont été marginalisés et nous nous sommes pris Aliot dans la gueule.

Ici, mais aussi ailleurs, dans des temps compliqués, dans des difficultés sociales majeures, confrontés à des pouvoirs qui ont brouillé les pistes, comme les valeurs, pour tromper leur monde et surtout ne pas répondre aux besoins sociaux du plus grand nombre, les citoyens y ont perdu leur latin politique pour s’éloigner des urnes, pour chercher de nouveaux visages, pour s’enfermer dans le repliement sectaire, raciste ou pour ne plus croire en rien, en tout cas pour s’éloigner de la politique.

Eclaté

Le paysage politique est éclaté, la gauche socialiste  a gouverné à droite, la droite a parodié la pseudo-gauche, l’extrême droite s’est pris pour la droite et même plus, un petit malin et de  jeunes ( ?) ambitieux, mal latéralisés, ont rejoué la fable du ni-gauche, ni-droite. La situation confuse n’est pas que franco-française, ça bouillonne un peu partout et ça part dans tous les sens, en général plutôt à droite toute. Vous mettez dans la sauce un corona inconnu qui pimente le tout pour brouiller les esprits. Et vous vous retrouvez dans une panade telle que vous oubliez un fondement de la vie sociale et politique : l’unité, l’union. L’union à gauche toute.

Les difficultés

Dans les esprits, elle est la référence constante. Elle rappelle les moments importants où les convergences ont permis des avancées inattendues et dont nous vivons encore les bienfaits. Elle n’est pas facile à construire et elle cache des rivalités, des ambitions contraires, des enjeux de pouvoirs, pour celui ou celle qui pourrait en tirer les marrons du feu. La plupart ne la supporte qu’à sa botte.

 L’union ne se suffit jamais à elle-même : elle n’est pas une fin en soi. Elle n’aura de sens que dans la mesure où elle nous aidera à transformer le réel. Il n’est pas dit que, dans ce cadre-là, chacun ait l’ambition de jouer la plus grande transparence, le poker menteur est souvent la règle, refroidissant tous ceux qui ont une foi progressiste chevillé au cœur.

Il est de la dignité des forces politiques qui se réclament de ce progrès, social, écologique, transformateur de sortir la vie publique de l’ornière réactionnaire de laquelle elle ne peut pas s’extirper, de dépasser les déclarations d’intention, d’écouter l’aspiration, certes multiforme, mais néanmoins très profonde, de ne plus se laisser enfermer, enliser, dans un monde d’avant où il ne faut rien changer pour que le pire perdure.

Pour que le pire ne perdure pas

Il y faudra des concessions, de la patience, des palabres, mais surtout un engagement à dire ce que l’on peut et veut faire ensemble pour un monde du travail en souffrance, pour les salaires qui lui permettront de vivre décemment, pour les droits qui élargiront sa vie, pour les services qui la lui faciliteront, pour tous ceux qu’il est urgent de sortir de la marginalité. Pas avec des formules creuses, mais avec du tangible. Il y faudra aussi que ce monde du travail s’en mêle syndicalement avec le même souci  des convergences.

Je suis de ceux qui ont toujours cru la chose possible, souhaitable, et plus encore. Serais-je l’optimiste impénitent ?

A la fin de cet été un peu drôle, les cocos, les écolos, les socialos, les insoumis, les agités du progrès de toutes les couleurs et de toutes les écoles ne pourraient-ils pas nous faire avancer sur cette voie, la seule possible … pour un monde enfin juste C’est un sens obligatoire !

Jean-Marie Philibert

 

 

lundi 24 août 2020

le corona le corps et la tête

 

Le corona, le corps et la tête.

Le corona a fait des dégâts, c’est le propre (enfin c’est une façon de parler) d’une maladie, d’une épidémie, d’une pandémie de ne pas nous vouloir du bien et de nous rappeler ce que nous sommes. Je ne reviendrai pas sur la maladie elle-même, je n’ai aucune compétence pour en parler, si ce n’est ce que mes lectures et les media m’ont appris, sans aucune garantie sur la véracité du propos et l’immensité de nos ignorances.

Mon propos est de tenter de montrer que cette maladie n’est pas qu’organique, que cette épidémie ne s’attaque pas qu’à nos corps, mais aussi à nos tronches et à ce que nous avons, ou nous n’avons pas dedans. Je crains moi aussi sur ce terrain glissant de m’aventurer vers des terres peu sûres, mais je pense que j’ai quand même quelques arguments à faire valoir.

C’était avant

D’ailleurs cela a démarré, ici avant que les premiers cas n’apparaissent. Nous avions la grosse tête. « Même pas peur ! » Alors que la Chine se confinait, que le virus échappait au contrôle, au plus haut sommet de l’état, on se la jouait décontracté, on allait au théâtre, on faisait le kakou, on se voulait rassurant. J’ai même le souvenir d’un conseil des ministres, officiellement consacré à l’épidémie : il avait servi à décider d’utiliser le 49/3 pour faire passer le projet de réforme des retraites au Parlement. C’est dire si l’épidémie on s’en tamponnait le coquillard.

Il était plus urgent de purger nos droits que, par exemple, de regarder si l’on aurait des masques, si on serait en capacité de tester les malades, d’organiser les hôpitaux (qu’on avait auparavant mis en coupe réglée). La première forme que le corona a prise pour brouiller les esprits, y compris les plus puissants, fut donc le déni. Il s’agissait de détourner les yeux d’une réalité qui fâche. Ce déni n’a pas touché que nos dirigeants.

Ce fut pendant

La deuxième fut le contraire. Devant la menace, on ferme tout, on reste à la maison, on vide les villes, les villages. C’est la guerre… Et on le répète à satiété.  On compte les morts chaque soir. Jusqu’à pousser les gens qui étaient vos amis à descendre du trottoir et à passer le plus loin possible de vous quand ils vous rencontraient dans des villes désertes, où le microbe, le virus, la bébête pouvaient vous sauter dessus à la moindre inattention. Jusqu’à ne plus se parler, si ce n’est par ordinateur interposé. Jusqu’à interdire la moindre sortie à tous ceux qui pouvaient avoir les moindres risques et même ceux qui allaient à merveille. C’était la trouillomanie sévère. Cette seconde atteinte a touché tout un chacun, les récalcitrants étaient regardés de travers, passaient pour des diffuseurs de la pandémie.

Et maintenant

Cette trouillomanie est telle chez nos gouvernants qu’ils font  ce qu’ils n’ont jamais fait : ils distribuent du pognon à tout va, «  quoi qu’il en coûte », c’est dire s’ils sont perturbés.

Mais les atteintes psychologiques ne s’arrêteront pas en si bon chemin. Avec le déconfinement, le rapport au réel restera très problématique, après le déni et la trouille, place à la paranoïa : les masques que je n’ai pas eus, je ne les veux plus, ils ne servent à rien. J’ai eu la trouille, mais maintenant je fais n’importe quoi. Les rassemblements  de plus de 5000 personnes sont interdits, mais pas au Puy du Fou, bravo De Villiers, là le virus est gentil. Le spectacle vivant est sinistré, qu’il le reste, là le virus n’est pas gentil. Et puis Bachelot peut à elle seule faire le spectacle! Les élucubrations sur le complotisme, sur les rivalités des labos pharmaceutiques, sur les chercheurs crédibles et ceux qui ne le sont pas prolifèrent. Le tableau est très parcellaire Un zinzin complet. Et beaucoup d’embrouillamini mental… Pendant que le corona, ici comme ailleurs, circule.

Deux bonnes nouvelles quand même, nos personnels de santé, même mal traités, sont efficaces. Et nous avons enfin des masques et des tests. Il vaut mieux s’en servir. Et il suffit de parcourir les rues de nos villes pour se rendre compte qu’il y a beaucoup plus de gens lucides et masqués, que de crétins allumés.

Jean-Marie Philibert

 

lundi 20 juillet 2020

toujours les bons vieux remedes


La vaseline à l’ancienne…


Vous avez sans doute remarqué que de nombreux commentateurs politiques  ont fait et font de notre gloire politique locale, le maire de Prades propulsé aux plus hautes fonctions de l’état, un homme d’un autre temps. Jean Castex n’est pas un startupeur, à l’allure jeune et négligée, au verbe branché, à la décontraction absolue, à la mâchoire ambitieuse, un brin mal élevé  comme on en a vu des tonnes dans l’écurie Macron dont il ne semble pas partager l’aspiration à tout chambouler. Ma Mémé avait une expression parlante pour qualifier ce genre de personnages inaltérables au temps, mais profondément sécurisants, elle les trouvait « vieux jeu ». Et cela n’avait aucun rapport avec leur âge.
La preuve par Delahousse
Je trouve que l’expression lui va bien : la preuve par le journal d’Antenne deux de vendredi dernier où il est intervenu en compagnie de Laurent Delahousse. La différence d’âge entre les deux hommes n’est pas très grande, et pourtant  dans l’attitude, dans le verbe, dans la tenue, dans la gestuelle, dans le regard, un siècle, plusieurs républiques semblent les séparer. Delahousse s’agite sur son tabouret, a le visage en mouvement constant, regarde dans tous les sens, interrompt son interlocuteur, il a le toupet et le faux naturel qu’une vedette médiatique du 21° siècle doit avoir. Castex, lui, nous la joue en homme politique de la III° République, solidement campé sur son siège, le costume sombre très correctement boutonné, le visage et le regard figés sur le journaliste auquel il impose ses réponses qu’il développe jusqu’à leur terme, en articulant méticuleusement et sans tenir compte de l’impatience de son intervieweur. Il agrémente le tout d’un léger accent catalano-gersois qui sent bon le terroir et qui détonne quelque peu dans ce monde où il est impensable de ne pas parler pointu.
La France des territoires
Le terroir, le territoire, la France profonde, il est là pour ça, le Jean Castex, et la forme rejoint le fond. Après l’avoir méprisé, et avoir dû affronter des mois de luttes sociales (droit du travail, gilets jaunes, retraites..) que la violence policière a tenté de contenir au prix de plaies, de bosses et même un peu plus et d’atteinte à la démocratie, Macron tente d’utiliser la coupure de la pandémie, du confinement-déconfinement, pour s’inventer une nouvelle partition et tenter de sauver les meubles pour la prochaine présidentielle. Pour cela il lui faut un homme nouveau qui va incarner cette nouvelle proximité entre le peuple et le pouvoir : « La France des territoires, c’est la France de la proximité, à laquelle nous devons impérativement faire confiance… ».
Et il suffit ensuite de tartiner les vieilles rengaines : décentralisation… déconcentration… différenciation… Les réformes qui fâchent sont mises très momentanément sous le coude et on fait appel aux partenaires sociaux pour les convaincre de servir une nouvelle fois de caution à une manœuvre qui consiste à ne pas changer grand-chose, mais à laisser croire qu’on a quand même fait quelque chose pour éviter le pire et pour répondre à la demande sociale. Il se trouve malheureusement dans le syndicalisme français des adeptes de ce genre de contorsions. Heureusement pas tous.
Une recette très ancienne…
Reste la dernière étape : celle qui permettra ou pas la réussite de la manœuvre. Là on mesurera le talent de Jean Castex :  faire en sorte que l’on y croie, qu’on se laisse embrigader dans l’entourloupe qui consiste à renforcer un peu plus les inégalités, à concentrer un peu plus les richesses dans les poches de quelques-uns et que le bon peuple se lasse de secouer le cocotier !
Macron et ses sbires en rêvent et pour cela ils ne négligent aucune bonne et vieille recette, la vaseline par exemple est de celles-là. On vous abuse, mais en douce. Jean Castex ou la vaseline à l’ancienne…
Jean Marie Philibert

Castex un homme d'avant pour les temps d'après


A l’ancienne…


Vous avez sans doute remarqué que de nombreux commentateurs politiques  ont fait et font de notre gloire politique locale, le maire de Prades propulsé aux plus hautes fonctions de l’état, un homme d’un autre temps. Jean Castex n’est pas un startupeur, à l’allure jeune et négligée, au verbe branché, à la décontraction absolue, à la mâchoire ambitieuse, un brin mal élevé  comme on en a vu des tonnes dans l’écurie Macron dont il ne semble pas partager l’aspiration à tout chambouler. Ma Mémé avait une expression parlante pour qualifier ce genre de personnages inaltérables au temps, mais profondément sécurisants, elle les trouvait « vieux jeu ». Et cela n’avait aucun rapport avec leur âge.
La preuve par Delahousse
Je trouve que l’expression lui va bien : la preuve par le journal d’Antenne deux de vendredi dernier où il est intervenu en compagnie de Laurent Delahousse. La différence d’âge entre les deux hommes n’est pas très grande, et pourtant  dans l’attitude, dans le verbe, dans la tenue, dans la gestuelle, dans le regard, un siècle, plusieurs républiques semblent les séparer. Delahousse s’agite sur son tabouret, a le visage en mouvement constant, regarde dans tous les sens, interrompt son interlocuteur, il a le toupet et le faux naturel qu’une vedette médiatique du 21° siècle doit avoir. Castex, lui, nous la joue en homme politique de la III° République, solidement campé sur son siège, le costume sombre très correctement boutonné, le visage et le regard figés sur le journaliste auquel il impose ses réponses qu’il développe jusqu’à leur terme, en articulant méticuleusement et sans tenir compte de l’impatience de son intervieweur. Il agrémente le tout d’un léger accent catalano-gersois qui sent bon le terroir et qui détonne quelque peu dans ce monde où il est impensable de ne pas parler pointu.
La France des territoires
Le terroir, le territoire, la France profonde, il est là pour ça, le Jean Castex, et la forme rejoint le fond. Après l’avoir méprisé, et avoir dû affronter des mois de luttes sociales (droit du travail, gilets jaCastexunes, retraites..) que la violence policière a tenté de contenir au prix de plaies, de bosses et même un peu plus et d’atteinte à la démocratie, Macron tente d’utiliser la coupure de la pandémie, du confinement-déconfinement, pour s’inventer une nouvelle partition et tenter de sauver les meubles pour la prochaine présidentielle. Pour cela il lui faut un homme nouveau qui va incarner cette nouvelle proximité entre le peuple et le pouvoir : « La France des territoires, c’est la France de la proximité, à laquelle nous devons impérativement faire confiance… ».
Et il suffit ensuite de tartiner les vieilles rengaines : décentralisation… déconcentration… différenciation… Les réformes qui fâchent sont mises très momentanément sous le coude et on fait appel aux partenaires sociaux pour les convaincre de servir une nouvelle fois de caution à une manœuvre qui consiste à ne pas changer grand-chose, mais à laisser croire qu’on a quand même fait quelque chose pour éviter le pire et pour répondre à la demande sociale. Il se trouve malheureusement dans le syndicalisme français des adeptes de ce genre de contorsions. Heureusement pas tous.
Une recette très ancienne…
Reste la dernière étape : celle qui permettra ou pas la réussite de la manœuvre. Là on mesurera le talent de Jean Castex :  faire en sorte que l’on y croie, qu’on se laisse embrigader dans l’entourloupe qui consiste à renforcer un peu plus les inégalités, à concentrer un peu plus les richesses dans les poches de quelques-uns et que le bon peuple se lasse de secouer le cocotier !
Macron et ses sbires en rêvent et pour cela ils ne négligent aucune bonne et vieille recette, la pommade de perlinpinpin par exemple (ou plus vulgaire si vous voulez…) est de celles-là. On vous abuse, mais en douce. Jean Castex ou la pommade à l’ancienne…
Jean Marie Philibert

mercredi 15 juillet 2020

la faute à qui... retour sur une élection


La faute à qui…


J’avais dit que je parlerai du remaniement. J’en suis à me demander si c’est une si bonne idée que ça de tartiner sur la bande de zozos qui forment le nouveau gouvernement Macron-bis, j’ai des doutes. Rien dans les mains, rien dans les poches et même rien dans la  tronche, puisque les ordres viendront de l’Elysée. Triste sort !  Et pourtant il était fier comme un bar tabac le Castex à l’idée de passer du Conflent à Matignon.
Je comprends la fierté des Pradéens d’avoir leur premier magistrat à la tête du gouvernement, et de sortir pour un petit instant de la torpeur provinciale. Je comprends la satisfaction de la droite locale de voir un de ses membres la trahir un peu pour s’éloigner du pays où il aurait pu sans difficulté leur manger un bout de fromage que ses représentants patentés estiment à eux, à eux et rien qu’à eux. Mais n’épiloguons pas : rien de croustillant.
Règlement de compte
Par contre les règlements de compte locaux, après la municipale  à Perpignan, offrent quelques perles, une vision peu ragoutante de la politique et sans doute le rappel salutaire de quelques souvenirs.
D’abord quand on perd, c’est bien connu, c’est toujours la faute aux autres. Et dans l’interview que donne Pujol au moment où il quitte la scène publique : tous les autres y ont droit. En particulier celui qui l’a fait roi, un certain Jean-Paul Alduy :le coupable de la division, c’est lui, il a tout fait pour que la droite et le centre ne se rassemblent pas, il a fait le lit de Grau, de Ripoull, il dit combattre le FN, mais se tait avant le deuxième tour, pire encore « il a agité ses réseaux ». Il est jaloux, « une jalousie malsaine ». Après les élections de 2009, il lui cède la mairie et il le regrette très vite selon Pujol. C’est injuste ! Parce qu’il l’a aidé à passer l’épisode des chaussettes et qu’il a ensuite redressé les finances de l’agglo que JPA avait mise en cessation de paiement.
Les valeurs et le pouvoir
JPA un méchant, un coupable ! Sans doute un peu. Les tergiversations de sa carrière politique ne plaident pas la cause d’une oie toute blanche. Le système  dont il hérite, papa fut élu de gauche, puis un peu moins de gauche, puis du
centre , puis de droite, lui a donné une vision de la politique où les conflits entre les valeurs et le pouvoir se règlent systématiquement au détriment des premières pour garantir le deuxième.
Ce qui me désespère, mais je sais qu’ici, comme ailleurs je suis très minoritaire.
Tous ou presque
Parce que là ce qui les a animés à tous ou presque, ce qui les a conduits à pratiquer la politique du pire avec l’espoir de décrocher l’escarcelle pour leur pomme, c’est ce goût immodéré du pouvoir qui les a aveuglés au point de ne pas voir que risquer de mettre en œuvre dans une grande ville  une bande d’extrémistes de droite, même s’ils ont l’air BCBG pouvait mettre une population en difficulté, dans la panade, la tromperie et le mensonge, pour de longues années. Et ils y sont allés gaiement les Grau, Amiel, Ripoull et même Langevine et quelques-uns de ses sponsors locaux. Ils ont leur part de responsabilité. Carole Delga a beau jeu de venir faire la leçon, mais je pense qu’en plaidant davantage pour l’union des forces de gauche, l’issue aurait pu être différente.
Comme elle aurait été différente si tous les stratèges du Yaka, Faucon, Cestpaça, Cestfoutu avaient révisé leur cours d’histoire au chapitre « Montée du fascisme dans l’entre-deux-guerres » et étaient allés voter  en respectant la distanciation sociale avec une droite peu reluisante. Leur conscience s’en serait peut-être plaint, mais le pire aurait pu être évité.
« Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde » dit Bertolt Brecht.
La faute à qui ?
Jean-Marie Philibert.


mardi 7 juillet 2020

au firmament de la préfectorale


Au firmament de la préfectorale
Les VRP qui habitent à Perpignan, pour une durée plus ou moins courte, sur les quais de la Basse dans des appartements que la République, bonne fille, met à leur disposition et qui portent l’uniforme, la casquette et le nom de préfet ont tous, plus ou moins, au cours de leur séjour « manifesté » (oh pardon, le mot m’a échappé, pour un préfet, c’est un gros mot))une obsession, une hantise, un rêve caché et pourtant si prégnant : ne pas voir un seul manifestant sur le devant de leur porte, sur le Quai Sadi Carnot. Ces manifestants sont mal élevés, ils crient, ils chantent, ils disent des bêtises, ils détériorent l’environnement sonore et paysager. Même parfois ils sont un peu cocos !
On ne leur a sans doute pas dit à l’ENA qu’ils auraient à subir une telle promiscuité, par contre on a dû longuement leur expliquer qu’il faut tenir le bon peuple à distance et surtout lui faire sentir qu’on n’est pas du même monde, qu’on ne partage pas les mêmes valeurs, d’où toutes les dorures qui ornent la casquette de la préfectorale pour marquer une différence de nature, de naissance sans doute, de classe certainement.
Ca sent si bon l’ordre établi                                                         
Les courtisans patentés ont bien compris les règles du jeu : ils respectent les codes, et les dorures ;  ils en rajoutent même un peu dans le léchage de botte. Il peut même leur arriver d’être d’introduits dans le bureau de son éminence qui domine le quai cité plus haut et qui sent si bon l’ordre établi : ce sont des moments importants de leur vie dont ils garderont un souvenir impérissable.
Le vulgus pécum ( en français, la plèbe, le peuple ) se contentera la nuit venue de jeter un regard sur les fenêtres du premier étage qui brillent de mille feux et qui dévoilent succinctement des splendeurs qu’à Saint-Jacques ou à Saint-Mathieu ( pourtant si proches) on ne connaît pas.
Un musicien qui aime la partition
Le préfet actuel, qui connaît la musique, a décidé d’enrichir la partition ( dans tous les sens du terme). Lors de la dernière manifestation des soignants, il a prétexté la menace d’éléments troubles dans le cortège pour barrer avec ses robocops casqués et armés jusqu’aux dents le fameux quai qu’il faudra sans doute rebaptiser quai de la grande tranquillité de son éminence. Ces soignants qu’il adorait quand à l’Hôpital il faisaient face au pire, là il ne les aime plus du tout. Ils manifestent alors qu’on leur a donné des médailles, ils voudraient des sous.
Vade retro…                
« Quelle honte ! Cette cupidité ! Je vais leur montrer qui commande ici.
Et puis le gouvernement donne l’exemple en cherchant à interdire, au prétexte de l’urgence sanitaire ce qui est un droit constitutionnel : le droit de manifester.  Je fais comme eux. Je suis donc un bon élève, Castaner me donnera peut-être un bon point. Et puis je les habitue aux nouvelles mœurs de la ville qu’Aliot ne tardera pas  à instaurer : plus de drapeaux syndicaux dans la cité, seuls de drapeaux tricolores portés par des blancs, bien sûr. Et hop je me mets Aliot in the pocket. Je me souviendrai longtemps de ce mardi 30 juin où j’ai contribué à remettre les choses à leur place, les manifestants à la maison, et moi au firmament de la préfectorale. »
Question : au firmament de la préfectorale l’oxygène démocratique se ferait-il rare ?        
Jean-Marie Philibert

dimanche 28 juin 2020

journal d'une inquiétude


Journal d’une inquiétude
Vendredi 26 Juin
Les temps sont contrastés, l’été tire ses premières salves, les plages petit à petit se remplissent, la ville dévoile à nouveau son attractivité, les cafés et restaurants reprennent vie, le dé-confinement produit ses effets et pourtant il y a comme de l’inquiétude dans l’air, même si chacun est heureux de retrouver quelque chose qui ressemble à une vie. Il y a de l’anxiété quant à notre capacité à surmonter une crise, quant à l’attitude des gouvernants à faire ce qu’ils ont dit « quoi qu’il en coûte ». La construction du monde d’après ne sera pas une sinécure. Même si je sens et j’espère que nos capacités de résistance ont gardé leur vigueur.
Mais dans ce bout de France, dans ce contexte difficile,  il se joue quelque chose qui n’a rien d’une bagatelle et qui aura de l’influence sur nos vies : le risque d’une municipalité d’extrême droite. J’ai envie d’en tenir le journal pour les dernières trente-six heures. La presse du jour bruisse des derniers moments de la campagne. Elle ne vole pas haut. Il y a heureusement tous ceux qui alertent du danger : gens de la culture d’ici et d’ailleurs et le texte de jean Vila.
Samedi 27 Juin
Je ne pense pas que les jeux soient faits. Les états d’âme n’ont pas fini de produire leurs effets. Les mêmes rengaines : « …bonnet-blanc et blanc bonnet … j’irai à la pêche…il aurait pas fallu faire comme ça … c’est la faute à…..» ( à compléter en fonction de ce que vous avez entendu).J’ose espérer que la proximité de l’élection  va mettre un peu de plomb dans la cervelle de beaucoup de ceux qui ont « débouriné » grave, en ne se rendant pas compte que s’abstenir, ou voter blanc, c’est tout comme voter Aliot. Et qu’une voix peut faire la différence ! Certes l’enthousiasme n’est pas au rendez-vous, mais la raison peut apporter ses lumières.
Dimanche 28 Juin
On y est : la carte d’électeur est prête, la masque aussi. Le GRRRRand quotidien local ne prend  aucun parti… comme pour mieux banaliser un événement qui pour moi n’a rien de banal. Il vaut mieux ne fâcher personne. Au TC, et ailleurs, nous, on a fait le job : on a uni, rassemblé, alerté contre l’extrême droite. Il y a les debout et ceux qui préfèrent attendre le verdict des urnes.
Le bulletin est dans l’enveloppe. Encore une fois,  j’y mets le nom de gens de droite. Je ne suis pas en colère, je ne veux pas de l’extrême droite dans ma ville. Mon vote est un geste barrière pour éviter un microbe dont la nocivité ne me semble pas suffisamment comprise par de nombreux électeurs que je pensais lucides. Enfin les jeux sont faits. Mon inquiétude rentrée va occuper mon quotidien. Je crains le pire… mais je veux encore espérer.
19 heures… L’abstention a été moins pire ici qu’ailleurs. Les premiers bulletins sont comptabilisés, c’est ric-rac… Mais tous ceux qui dans les couloirs de la mairie ressemblent à des démocrates ont triste mine. Seuls quelques mastuvu de la bande d’Aliot semblent y croire et commencent à jouer les importants. La rumeur se répand, ce serait 53-47 pour la « fachosphère ». L’inquiétude m’envahit définitivement, totalement. Le cataclysme transforme mon inquiétude en un sentiment que je ne sais plus définir
« Horrible ! » me dit un SMS.ami  C’est sans doute cela !
Une situation inexorable ? La lutte continue, continuera, il faudra continuer d’éveiller les consciences, agir, rassembler avec tous les démocrates sincères, tous les progressistes musclés et démasquer tous ceux qui font de l’embrouille des intelligences leur terrain de manœuvre.
L’expérience de ce 28 juin montre qu’ils y parviennent parfois.
Lundi 29 Juin
J’ai mal à ma ville.
Jean-Marie Philibert