les billets d'humeur de Jean Marie Philibert dans le Travailleur Catalan
Je ne peux que vous conseiller de vous abonner à ce journal qui est aujourd'hui le seul organe de presse de gauche du département des Pyrénées Orientales.
J'ai rassemblé dans ce blog quelques uns de ces billets d'humeur en rappelant brièvement les événements qu'ils évoquent
lundi 26 septembre 2022
Opiniâtres
lundi 19 septembre 2022
Le droit divin ...Elizabeth... Charles...
mercredi 7 septembre 2022
FABOUNTEMS
mardi 30 août 2022
Dormir dans le fossé
Dormir dans
le fossé
Il est des raccourcis qui résument à merveille le monde
paradisiaque qui est le nôtre et où il importe avant tout que chacun reste à sa
place…
Les bords de la Méditerranée nous en offre à
profusion : les villas luxueuses avec accès direct à des plages privées
pour quelques-uns et la promiscuité joyeuse de tout un peuple en vacances sur
des plages de sables qui n’en finissent plus. Enfin tout un peuple il ne faut
pas exagérer. IL y a ceux qui restent à la maison par manque de moyen.
Entre Banyuls sur Mer et Brégançon, le fossé est encore plus
grand, si grand qu’il semble impossible à combler. Le Président joue les m’as-tu-vu
sur son jet-ski aux frais de la république, avec un mépris souverain pour le
vulgus pécum pour lequel il prône les sacrifices et l’économie des énergies. Il
est tout à sa superbe. Les autres ont les pieds dans la gadoue : les
travailleurs saisonniers, qui à Banyuls venaient d’un peu partout pour gagner
quelques sous sont interdits de camping municipal où ils trouvaient refuge les
années précédentes et deviennent dans un
même élan, par une opération hautement symbolique, à la fois vendangeurs,
travailleurs pauvres et sans domicile fixe, si ce n’est un petit coin de vigne
sans eaux, ni commodités. Les pouvoirs publics se taisent, le patronat local
pareil. Ils sont sans doute essentiellement préoccupés de la quantité et de la
qualité de la récolte pas de la masse de souffrance qu’elle aura imposée à ceux
qui, faute de posséder la terre, sont contraints de la travailler pour mal
survivre.
Jean-Marie Philibert
mercredi 27 juillet 2022
la colère, le mot et la chose
Et un petit texte poétique ; pour marquer
la trêve des vacances !
La colère, le mot et la
chose
Il y a les
mots de tous les jours, les mots de l’actualité, de ce qui se fait ou ne se
fait pas.
Et puis il y
les mots plus rares, ceux qui l’on se réserve à soi-même pour se les raconter
les jours d’interrogations, de doute, les mots qui nous constituent, au jour le
jour, pour nous faire ce que nous sommes.
Ainsi du mot
« colère » qui me turlupine.
Parce qu’il
fait désordre, il bouscule, il faut s’en méfier, le calmer, le cacher, l’enrubanner
pour ne pas choquer.
« Pas un
mot plus haut que l’autre ! »
M’a-t-on
répèté à satiété pour dompter une colère envahissante.
Ma
« bonne » éducation s’arrête un instant devant ce précepte
Imbécile et
in-hu-main.
Elle rigole,
tant et plus, devant tant de méconnaissance
De ma
puissance vocale, comme de ma conscience.
Les orages,
les éclairs, le tonnerre, les éruptions intempestives, les vociférations folles
Sont des
signes que le corps, la tête et le reste fonctionnent, encore,
Avec la
colère qui va avec.
Ma colère ne
se susurre pas,
Ne s’excuse
pas d’être ce qu’elle est, violente, méchante, indomptable.
De vivre sa
vie malgré le temps qui passe.
Elle ne
supporte pas la mièvre sollicitude des oreilles sensibles.
Elle respire,
Elle rue,
Quand il faut
moucher les morveux,
Qui
attendaient une mansuétude qu’ils savaient pourtant impossible.
Elle se
libère quand tous les normalisés tentent de faire souffrir, d’ostraciser, comme
ils le font.
Elle est très
malheureuse de voir des êtres que j’aime ne pas prendre conscience de la peine
qu’ils font.
Elle regimbe,
sort par les yeux, électrise les neurones,
Mais elle ne
se tait pas.
Le respect
est à la dignité ce que les bulles sont au champagne.
J’ai besoin
des bulles. Nous voulons des bulles.
J’aime tous
ceux qui aiment les bulles,
Tous ceux qui
ne craignent pas de les faire éclater,
Pour toutes
les causes qui le méritent, pour toutes les valeurs qui y jouent leur survie..
La dignité un
peu conne qui n’a de cesse de me chatouiller en est une.
J’y
tiens !
Il y a des mots plus hauts que les
autres :
Ils le méritent.
Jean-Marie Philibert.
lundi 27 juin 2022
Perpignan capitale mondiale
Se tromper
et tromper son monde
Dans ces temps où Perpignan semble faire marche arrière et où
la municipalité d’Aliot a les chevilles qui enflent en proclamant la ville
capitale de quelque chose, il est tout à fait logique d’interroger un événement
(le congrès du Cercle algérianiste) qui se nourrit sciemment de toutes confusions.
Elles justifient des initiatives
politiques qui n’ont pas d’autres buts que de nous rouler dans la farine :
on ne pourrait rien attendre d’autre d’un Rassemblement National qui se sent
des ailes et prétend devenir un parti républicain comme les autres. Mais pour
cela il n’hésite pas à s’asseoir sur les fondements de la république, en
particulier sur l’histoire.
Compréhension
critique
Allons-y progressivement. Cherchons à comprendre ce qui se
joue, ici et maintenant, à propos d’événements qui ont plus de soixante ans, ce
qui sur l’échelle de l’histoire est peu. Mais la distance peut aider à leur compréhension critique. Il y a l’écume des
choses, les souvenirs qui se bousculent, le sentiment de terres perdues, la
conscience pour de nombreux rapatriés d’ Algérie d’un destin qui est passé,
passé trop vite alors qu’ils l’avaient cru sans doute éternel, qu’ils avaient
voulu le croire tel, qu’ils avaient fait confiance à ceux qui leur avaient
menti. En 1962, d’Alger, d’Oran à Port-Vendres et Perpignan, notre bord de la
Méditerranée fut le lieu de cet exode, douloureux, violent. Un afflux
considérable de population à l’accent pied noir a marqué le visage et l’histoire
de notre ville, jusqu’à la faire croître et proliférer. Nous étions dans les
trente glorieuses et les choses étaient plus faciles.
Les
complaisances municipales
La récupération politique de la municipalité d’Aliot a
commencé bien avant lui et l’ancrage à droite de la ville semblait en être une
résultante naturelle. Alduy, Pujol ont aidé la nostalgie à vivre. Le Front
national y a vu une aubaine. De la droite à son extrême ici la distance est
courte et il a suffi à Aliot de surfer sur une vague algérianiste pourvue des
généreux concours des municipalités jusqu’à présenter aujourd’hui la ville
comme capitale mondiale des Français d’Algérie. Et bien sûr faire oublier ses
racines catalanes que visiblement il déteste. Ce faisant, il se dévoile un peu plus pour ce qu’il est, alors que
d’habitude il semble avoir un meilleur souci de sa présentabilité.
Là, il revient et nous entraîne sur ses fondamentaux :
la colonisation de l’Algérie fut une grande œuvre, l’exploitation des
hommes-femmes et terres de ce pays fut un moment fort de la puissance de notre
impérialisme, d’autant qu’on a sorti ce pays du moyen âge pour l’ouvrir à la
culture frrrrançaise. Les esprits ne sont pas totalement décolonisés, au RN
plus qu’ailleurs.
Les
résistances tenaces du TC
Ce qui conduit inexorablement à se tromper et à tromper son
monde faute de voir le réel tel qu’il est. Ces affabulations historiques et
politiques débordent largement de la seule sphère de l’extrême droite :
elles sont à l’œuvre aussi dans une idéologie réactionnaire qui aime les
simplifications, qui est allergique à toute approche dialectique. Cette
idéologie sert de fondement au rejet d’une démarche politique progressiste. De
la confusion à la démission la frontière est étroite : voir les taux
d’abstention qui battent des records. Et beaucoup d’événements sont ainsi
exploités, schématisés, réduits pour qu’on n’y comprenne pas grand-chose.
Pour que notre conscience politique s’y perde !
Mais la force des esprits tient à leurs capacités de
résistance qui peuvent nous surprendre, il est de la responsabilité d’une
presse progressiste dont nous sommes de les aider à relever ces défis. La tâche
est certes ardue, mais au TC nous avons les résistances tenaces et le souci de
les faire partager.
Jean-Marie Philibert.
