les billets d'humeur de Jean Marie Philibert dans le Travailleur Catalan

Jean Marie PHILIBERT ( c'est moi ) écrit toutes les semaines un billet d'humeur dans le TRAVAILLEUR CATALAN, hebdomadaire de la fédération catalane du PCF.
Je ne peux que vous conseiller de vous abonner à ce journal qui est aujourd'hui le seul organe de presse de gauche du département des Pyrénées Orientales.
J'ai rassemblé dans ce blog quelques uns de ces billets d'humeur en rappelant brièvement les événements qu'ils évoquent

vendredi 24 février 2017


Au nom du père, du fils…
Le mystère de la sainte trinité, vous savez, le père, le fils et…, permet de comprendre l’avalanche de vicissitudes  et d’emmerdements que le monde, et nous avec, avons à affronter depuis que cette bande-là l’a créé, il y a fort longtemps.
En effet, dans l’équipe, il y a deux excités qui se croient tout permis, qui disent avoir tous les pouvoirs parce qu’ils sont sortis de la cuisse de Jupiter. Presqu’ils se prendraient pour dieu !
De plus ils sont génétiquement très proches, c’est normal, père et fils. Ils partagent donc une hérédité très chargée  qui les fait agir sans contrôle, ni retenue. On dira qu’ils sont bien agités du bulbe.
Le seul à avoir un peu la tête sur les épaules, et une intelligence à peu près normale, c’est le troisième larron, le bien nommé sain d’esprit ; mais il ne fait pas le poids devant les deux autres sbires. Et pourtant, c’est le seul qu’il faudrait écouter.

lundi 20 février 2017

la pétaudière


La pétaudière

Avec la campagne électorale en cours on n’est plus dans une présidentielle classique comme celles que nous avons connues jusqu’ici, on est dans le spectacle total, dans le happening débridé, dans l’explosion de la nouveauté la plus folle … avec peut-être à l’arrivée une explosion, pour de vrai, dont nous pourrions être les victimes. En un mot la pétaudière ! Et dans la pétaudière ça peut péter !

Il y a des raisons de fond à une telle situation : la persistance aveugle des majorités successives à tout faire pour que les besoins sociaux tels qu’ils s’expriment depuis bien longtemps ne soient jamais entendus, et que la souffrance sociale vienne s’entasser sur la souffrance sociale, pendant que le monde de la finance, ceux qui s’en nourrissent, ceux qui le servent et le vénèrent entassent, eux, des plus-values en tous genres sur le dos des travailleurs. Leur précarisation a été savamment organisée, planifiée. L’épisode de la loi El Khomri est emblématique. La destruction sociale se poursuit.

Nous décourager

L’horizon plombé pourrait nous décourager de nous intéresser à la chose publique. En vrac :   la volatilité du tissu social, les stratégies de survie, le boulevard ouvert au FN, la recherche des boucs émissaires et la montée des racismes, la remise en cause des valeurs de progrès, les discours politiques inaudibles parce qu’en déphasage avec la vraie vie, les entraves systématiques, surtout si elle est contestataire,  à l’action syndicale, avec la répression qui va avec, la jeunesse qui ne se voit pas un avenir et les personnes âgées auxquelles on fait régulièrement comprendre qu’elles ne sont que des charges.

Et pourtant

La fibre citoyenne vibre encore ! La participation aux primaires, quoiqu’ on pense de ce processus, l’intérêt pour le débat politique, l’attention de l’opinion, le souci de la mise en œuvre de stratégies unitaires, progressistes, transformatrices sont des signes d’autant plus forts que les medias jouent une carte qui fait la part belle aux seuls tenants du statu quo et tournent délibérément le dos au pluralisme de la société, surtout s’il se teinte de rouge.

Mais patatrac ! La situation se complique au point qu’on ne sait plus tout à fait qui est qui.

Le sortant socialiste s’est sorti tout seul et le socialiste qui devrait s’inscrire dans ses orientations patrono-socialo-libérales les rejettent, enfin presque !

Toutes les caisses ne sont pas vides

Le champion de la droite qui promettait au peuple du sang et des larmes parce que les caisses de l’état étaient vides apparait sous son vrai visage : celui d’un menteur, expert en vidage de caisse qui pense que les sacrifices n’ont de sens que si on les impose aux autres. « Souffrez, bonnes gens ! Vos casseroles, je m’en tape ! Je continue et surtout je ne rembourse pas ! »

Un jeune effronté qui avait servi la banque, le président Hollande, le ministère des finances, se met à jouer les Brutus pour dézinguer ceux qu’il avait adorés et tenter de devenir calife à la place de…  et comme il est bien fait de sa personne, qu’il ne dit pas grand-chose sur ce qu’il veut faire, les naïfs se disent pourquoi pas lui. Ça marche… un peu. Jusqu’à quand ?

La Marine, elle, tente de poursuivre sa stratégie de campagne sans campagne pour faire oublier ce qu’elle est. Elle aussi a trempé ses doigts dans la confiture des deniers publics. Elle ne dit jamais, que partout où le FN s’est approché du pouvoir il n’a fait du pétainisme ordinaire ou pire. Avec elle l’histoire hoquette, mais chut. On verra bien le réveil !

Les têtus

Pendant ce temps il est des têtus qui tentent de garder la tête et le cœur à gauche, pour de bon, et qui ne veulent pas d’une telle pétaudière où le pire est toujours à venir, ils savent d’expérience que l’action politique est un composé savant d‘utopie, d’unité et d’exigences au service du plus grand nombre qui a soif de justice et qui veut vivre tout simplement. Ils savent que le temps presse pour rendre le projet commun crédible et ne pas se réveiller au soir du premier tour avec la tronche dans le mur.

 Je dis commun, pas seulement celui d’un certain Jean-Luc. Ils savent que la démarche doit encore s’élargir pour concerner la masse d’un peuple qui aspire à s’émanciper. Le seul travail politique qui compte est là. Et vite ! Au boulot ! Les têtus !

Jean-Marie Philibert.






lundi 13 février 2017

Fillonus Maximus.


Circulez, y a rien à voir.



La confrontation avec les turpitudes, modestes, et soyons lucides, relativement peu fréquentes de mes élèves, et avec les diverses formes de dénis, aussi assurés les uns que les autres (c'est pas moi...ça m'a échappé...c'est la faute à ma copine...je l'ai pas fait exprès...) me renforce dans la conviction qu'il est difficile, voire impossible, d'obtenir de véritables aveux, accompagnés d'une reconnaissance sincère de la faute commise et d'un engagement responsable à en payer la note. L'auteur d'une couillonnade n'a de cesse de tout faire, et vite, pour que l'on oublie la couillonnade en question.

Une petite excuse pour une petite erreur

L'affaire Fillon confirme sur une autre échelle et avec bien d'autres conséquences.  Une « petite » excuse pour une « petite » erreur, avec l'air constipé qui va avec, devant un aréopage de copains et de coquins qui font semblant de vous croire, et … pirouette-cacahouète ! Je t 'embrouille. Je garde les sous et je m'absous en un rien de temps. Tout bénéfice !

Fini les discussions interminables pour y voir clair entre le vrai, le vraisemblable, le tangible, le possible, le crédible, l'acceptable, l'inacceptable, le légitime, l'illégitimité, le légal, l'illégal, l'honnête, le malhonnête. Et les avis multiples et variés des lâches et des moins lâches qui rêvent de vous garder la tête sous l'eau en attendant de prendre la place.

Nier même les évidences

L'urgent, l'important, et Fillon l'a bien compris, est de faire face, vite, même si le trouble est difficile à dissimuler. Ne pas se dérober. Assumer.  Nier. Continuer à nier, même les évidences. Pour couper la chique aux méchants détracteurs. L'erreur, s'il y a erreur, est humaine. L'humanité sera compatissante. Les pécheurs ont de la compassion pour les pécheurs. Tout le monde est malade du fric et rêve de mettre les doigts dans la caisse. C'est naturel. Il suffira de quelques avocats complaisants : les admirateurs fidèles et aveugles, certes un peu moins nombreux, accepteront  le déni, manifesteront confiance, admiration, dévotion pour un homme providentiel que de méchants esprits voudraient salir.

Les boucs émissaires

J'oubliais...il faut trouver quelques boucs émissaires à qui on fera payer le prix des tripotages qu'ils ont l'outrecuidance de dévoiler : les journalistes souvent pervers, jouets d'une pieuvre diabolique, tentaculaire et mystérieuse qui vous veut du mal.

L'objectif sera atteint quand dégringoleront dans les oubliettes de la mémoire collective le montant faramineux des sommes détournées d'un argent public qui est en fait à tout le monde, donc à chacun.

Écoutons, Fillonus Maximus :

 "A tout le monde ! Donc  à moi aussi, Fillonus Radinus, grand spécialiste du tour de vis financier pour les autres, chantre de la rectitude morale pour les imbéciles, adepte de l'austérité pour les humbles. Tout ce pognon pompé sur les besoins sociaux peu ou mal couverts demande à ceux qui en profitent des efforts considérables dont il est normal qu'ils soient récompensés. Quant à le rembourser, im-pen-sa-ble. Il faut être aussi con qu'un ange gardien (voir épisode précédent) pour y penser.

Je suis donc, moi Fillonus, quasiment dans mon droit, tous ceux qui me soutiennent me l'ont dit. Il ne me reste plus qu'à réduire le nombre des esprits rebelles qui croient que la démocratie se nourrit d'honnêteté. Je suis en passe de réussir mon coup, moi, Fillonus Maximus.

Allons ! Allons ! Circulez, il n'y a rien à voir.

Circulez ! Circulez !"

Jean-Marie PHILIBERT.

lundi 30 janvier 2017

Ecoute le ciel, François...


Ecoute le ciel, François !

Le Canard Enchaîné et ses grandes oreilles ont entendu ce que personne n’avait entendu avant eux et l’ont annoncé à la France entière, médusée : Pénélope Fillon n’est pas la châtelaine discrète uniquement préoccupée par l’éducation de ses enfants, l’arrosage de ses rosiers, le tea-time et les bonnes œuvres de la paroisse. Elle a occupé, ou fait semblant, en le sachant, ou sans le savoir,  à l’insu de son plein gré, ou pas à l’insu du tout, en tout cas à la caillade ( comme on dit ici) des fonctions au service de son député, sénateur, ministre d’époux, rémunérées par de l’argent public qui n’ont laissé ni traces, ni souvenirs. A écouter la rumeur qui se répand après cette annonce, on peut craindre que ce soit là un gros péché (un mortel, comme on disait au catéchisme). Il taraude la conscience scrupuleuse de François, son époux aimant qui l’a foutue dans le pétrin.

Les antennes magiques que le TC a mises en place et qui lui permettent d’entendre ce que tout un chacun peut exprimer dans le tréfonds de son âme nous donnent la possibilité de rapporter le dialogue musclé que François a eu avec son ange gardien, le mercredi 25 janvier quand le palmipède a publié sa une « Les 600 000 euros gagnés par Pénélope qui empoisonnent Fillon »

Une grosse bêtise

« -François, tu as fait une grosse bêtise ! Et tu l’as faite pendant longtemps ! Huit ans ! C’est long ! Mais pourquoi donc ?

-Je ne peux rien te dire, mon archange adoré, je ne comprends pas ce qui m’a pris, je bats ma coulpe, j’implore ton pardon. Sans doute au début quelques besoins de liquidités pour refaire la toiture du château qui avait des fuites et pour acheter des jouets pour noël à mes enfants. Tu sais député, c’est bien mal payé. Alors avec presque tous les élus de droite on cherchait à arrondir les fins de mois, pas pour faire des bêtises. Oh ! Que non ! Mais pour faire bouillir la marmite … et pour rouler un peu en voiture de sport. Tu sais, c’est mon tendon d’Achille.

-Mais tu n’as rien compris à l’Evangile, François, tu sais les premiers seront les derniers et les derniers les premiers, au royaume des cieux, c’est priorité aux pauvres. As-tu pensé au jugement de Dieu ? As-tu pensé au salut de ton âme ? A celui de l’âme de Pénélope ? C’est bien la peine de faire le cador et d’avoir une jugeote aussi rabougrie. Repens-toi humblement … et rembourse ! Dieu le veut !

Rembourser c’est pas juste

-Quoi ? Comment ? J’ai tout dépensé ! Mes petits copains de l’UDR, de l’UMP, de la droite ils ont toujours été dispensés de le faire quand ils ont mis la main dans le pot de confiture. Une petite pénitence et puis c’est tout. Rembourser c’est pas juste !

-Mon dieu ! François, non seulement tu n’as rien compris à la justice divine, mais tu ne sais rien de la justice des hommes. Tu as pourtant été de ceux qui ont fait les lois… peut-être pensais-tu que c’était uniquement pour les autres, que toi, ta chérie, ta famille vous étiez un peu au-dessus. Mais non ! L’universalité de la loi, ce n’est pas qu’un mot…

J’organiserai des processions…

-Un petit arrangement n’est-il pas possible ? Si je suis élu, je suis prêt à faire l’impossible pour l’église, le pape, le Vatican. J’ai déjà commencé à vanter les louanges de la religion, je m’engage à continuer, à rendre la messe obligatoire, à organiser des processions  dans toutes les villes et les villages tous les dimanches, à imposer tous les vendredis de faire maigre à l’ensemble de la population, à proscrire l’infidélité, à museler la sexualité…

-Ne fais pas le gamin, François, sois raisonnable, n’oublie pas ce que la statue du Commandeur dit à Dom Juan quand elle vient le punir de ses péchés : « l’endurcissement au péché traîne une mort funeste, et les grâces du ciel que l’on renvoie ouvrent un chemin à sa foudre ». Ecoute les conseils célestes…Rembourse !

- C’est dur ! »

Jean-Marie Philibert ;

lundi 23 janvier 2017

Un gros mot ?


N’ayons pas peur des gros mots

Au moment où j’écris ces lignes, le premier tour de la primaire socialiste n’a pas eu lieu, je ne peux donc rien présumer de la force des arguments des uns et des autres, ni de l’orientation de chacun qui  ressemblait étrangement à l’orientation de tous  et qui dérogeait relativement peu de la ligne « sociale » »libérale qui nous a conduits collectivement dans le mur. « Relativement peu » est un euphémisme pour dire  presque pas, ou mieux pas du tout, tant la prudence de tous  donnait l’impression de paralyser chacun. Evoquer la nécessité de faire bouger les lignes, mettre le monde du travail au cœur du dispositif, augmenter les salaires, le pouvoir d’achat, défendre la protection sociale, développer les services publics, répondre aux besoins sociaux, nous y penserons plus tard, demain, après-demain, un jour ou l’autre.

Des avis partagés

Le seul à avoir jeté le trouble dans le marigot, Benoît Hamon a avancé une idée apparemment nouvelle et généreuse : le revenu universel. A l’intérieur du journal, vous avez pu constater que les avis sont partagés sur la question : vous retrouverez les arguments  favorables ou défavorables. Il ne vous reste plus qu’à bâtir votre opinion en tentant de maîtriser tous les tenants et aboutissants d’une telle mesure et surtout d’en voir les enjeux.

Certes, il est difficilement supportable de voir le flot de misères qui traverse la société et qui produit des ravages qui s’accentuent : ceux qui n’ont rien sont légion. Il est urgent de trouver une solution, les aides existantes ont montré leurs limites et la jungle administrative qui les entoure les rendent parfois inopérantes. Il fut un temps où les pauvres avaient droit à la soupe populaire. On l’a remplacée par les restos du cœur. La situation a empiré : on est là dans la survie, dans les accommodements solidaires qui permettent de ne pas complètement sombrer.

Et l’ordre du monde ?

Il importe de remettre l’ordre du monde sur ses pieds et de cesser de le tournebouler, avec ses femmes, ses hommes, ses jeunes, ses vieux en souffrance, en développant de façon exponentielle les dégâts sociaux, psychologiques, physiologiques, personnels, collectifs…

Le revenu universel, nécessairement limité,  permettrait, sans doute (?) peut-être (?) de répandre une manne un peu plus largement. Mais restant en deçà des besoins, il élargira un peu plus le monde des pauvres assistés, ghettoïsés dans une société qui ne sera plus la leur et qui pourra se dédouaner en disant qu’elle fait tout ce qu’elle peut : elle redistribue un peu plus largement de l’argent public sans rien changer aux rapports sociaux. Surtout pas !

Le cœur de la question

Parce que là est le cœur de la question : la grande faiblesse du revenu universel est qu’il est totalement déconnecté de ce qui fait le cœur de l’activité humaine, économique, sociale, la production des richesses, le travail dans son sens plein et général et qu’il enferme un peu plus ceux qu’il entend aider dans une redistribution par l’état de l’argent de tous avec la tentation d’élargir un peu plus le nombre des pauvres, des exclus du monde du travail pour les installer dans une précarité durable, fatale et « supportable ».

Il rate sa cible parce qu’il ne touche en rien à la finance qui continue de croître et de proliférer pour enrichir un peu plus des nantis qui n’ont ni patrie, ni morale, si ce n’est celle de s’en mettre tous les jours plein les fouilles, quelles que soient les conséquences de leurs turpitudes : la misère répandue est leur richesse. Je crains que le revenu universel ne serve que de cache-misère et ne fasse payer par le citoyen de base quelque chose qui ressemble étrangement à la charité que les bien-pensants faisaient aux pauvres de la paroisse à la sortie de l’église le dimanche.

J’imagine une véritable distribution inscrite dans un programme politique transformateur qui dirait qu’il faut prendre au capital et à la finance internationale le pouvoir pour construire une société de justice : ça passe par la mise au pas des grands groupes capitalistes. Il fut un temps où on appelait cela des nationalisations. Une appropriation collective des moyens de production. Oh ! Pardon !

 J’ai comme le sentiment d’avoir dit un gros mot !

Jean-Marie Philibert

dimanche 15 janvier 2017

primaire


Primaire

Il y a de l’animation dans la cour de récréation de l’école « primaire de-gauche-et-citoyenne » ! Ça court dans tous les sens. Et l’on sent même une nervosité inhabituelle qui intrigue l’instituteur de surveillance qui ne semble pas comprendre tous ces regroupements d’élèves turbulents autour de quelques-uns de leurs camarades. François, un bon élève du CM2, qui d’habitude promène sa silhouette grassouillette entourée de nombreux petits copains et copines est tout seul dans son coin. Il semble comme absent. Monsieur Martin va le voir :

« -Qu’est-ce qu’il t’arrive François ? Tu n’as pas envie de jouer ?

Ils me veulent plus

-Non Maître, ils me veulent plus. Ils disent que je les fais perdre tout le temps ! Et maintenant ils se disputent pour savoir qui va devenir le chef de la classe… »

En effet Manuel, un petit teigneux, faux jeton, criait dans les oreilles de ses camarades des gentillesses à l’égard de François : « Regardez-le, cette andouille ! Il croyait que, parce qu’il était bon en calcul et qu’il avait des fiancées, il serait toujours le chef. Moi je suis plus fort que lui à la course et aux billes, et puis le maître m’aime bien parce que je lui porte de la paella quand ma mère en fait. Avec moi on jouera à la corrida pendant les récrés. » Et tous autour de lui d’entonner un vibrant « Olé ! »

D’autres groupes s’étaient formés, en particulier de nombreuses filles de la classe entouraient  un tout jeune bellâtre que sa mère pomponnait tous les matins comme une gravure de mode. Arnaud était fier.

 Vive les bonbons Haribo

«- Il ne faut plus s’amuser avec les Playstations fabriquées par les japonais, il faut jeter les trottinettes made in China. Il ne faut pas manger de la paella, mais du steak et des frites françaises, et des bonbons Haribo du Gard…

-Il a raison Arnaud… Tous ensemble avec Haribo !... Vive Arnaud !»

Vincent n’avait que quelques fidèles autour de lui : il faut dire qu’il ne respirait pas la joie de vivre, il aimait trop jouer à l’intello et donner des leçons à la terre entière. Il ne parlait ni comme un enfant, ni comme un jeune, mais comme un vieux. Ses chances d’être chef de bande à la récré étaient quasiment nulles.

Benoit était, lui, plus dynamique, plus courageux. En classe quand l’instituteur faisait une faute au tableau, il osait le lui dire. Il avait été le seul à traiter François de poule mouillée quand il n’avait pas voulu se battre avec lui. IL zozotait un peu et ça le rendait sympathique. Il pouvait faire un bon chef de clan.

Sylvia et Martine

Sylvia, elle, trouvait qu’il était dommage que les filles ne puissent pas le devenir cheffe de classe ; elle tentait donc de convaincre quelques copines de la suivre. Mais elle était trop gentille et manquait cruellement de caractère  Elle n’était pas comme sa copine de classe Martine, qui avant habitait Lille : elle, elle n’avait pas peur d’affronter les garçons. Elle leur avait même foutu quelques gnons. Mais là, depuis quelques temps, elle boudait dans son coin.

Quant à Jean-Luc et François de…, ils avaient mis leurs blouses vertes, Ils étaient rassemblés au fond de la cour, avec quelques autres blouses vertes, autour d’un plant de tomates qu’ils tentaient vainement de faire pousser sans susciter un grand enthousiasme dans la classe.

Emmanuel, lui ne se reconnaissait pas dans ce brouhaha, dans ces affrontements stériles, il était au-dessus. Il était monté dans le seul arbre de la cour et regardait avec quelque mépris ses anciens petits amis en se rappelant ce que lui avait sa « maîtresse-à-lui » : « Tu seras quelqu’un, ne te mélange pas ! »

Quant à celui qui avait l’habitude de jouer au fouteur de merde, un certain Jean-Luc, dit Méluche,  il était absent pour des raisons mystérieuses depuis plusieurs semaines.  Peut-être était-il parti dans la vraie vie ?

Dans un prochain épisode je ne manquerai pas de vous donner de ses nouvelles.

Jean-Marie Philibert