les billets d'humeur de Jean Marie Philibert dans le Travailleur Catalan

Jean Marie PHILIBERT ( c'est moi ) écrit toutes les semaines un billet d'humeur dans le TRAVAILLEUR CATALAN, hebdomadaire de la fédération catalane du PCF.
Je ne peux que vous conseiller de vous abonner à ce journal qui est aujourd'hui le seul organe de presse de gauche du département des Pyrénées Orientales.
J'ai rassemblé dans ce blog quelques uns de ces billets d'humeur en rappelant brièvement les événements qu'ils évoquent

vendredi 29 novembre 2019

tais toi et nage !


C’est loin la retraite ?

Pour rendre sensible aux plus jeunes générations la question des retraites qui leur paraît le plus souvent bien lointaine, une vieille histoire me revient en mémoire.

« Le petit Jordi à qui son père vient d’apprendre à nager se baigne en sa compagnie sur la plage de Canet. lls s’éloignent ensemble du rivage. Le petit Jordi, dont les connaissances géographiques sont sommaires est pris d’une subite envie d’aventures marines et ose la question :

-Papa, c’est loin l’Amérique ?

-Tais-toi et nage ! Jordi ! »

Tous les jeunes Jordis de 2019 risquent d’avoir avec la retraite le même rapport que le petit Jordi des années 60 avec l’Amérique : une terre mythique vers laquelle ils nageront sans jamais l’atteindre et sur laquelle ils auront rêvé tant et plus.

« C’est loin la retraite… Tais-toi et nage… »

JMP

mardi 26 novembre 2019

5=1


Mathématique syndicale : 5 = 1

La semaine dernière s’est tenu au Lycée Maillol le congrès départemental de la FSU, congrès préparatoire au congrès national prévu à Clermont-Ferrand début décembre. J’y ai bien sûr apporté ma pierre ; parallèlement à mes activités d’enseignant, la FSU m’a beaucoup occupé. Et ça continue…

Rappel historique

Un petit rappel historique pour les plus jeunes : la FSU est née d’une décision des dirigeants de la FEN (Fédération de l’Education Nationale) d’exclure le SNES et de pousser vers la sortie tous ceux qui se reconnaissaient dans les orientations d’un syndicalisme de lutte alors que la FEN, le SNIPEGC s’étaient fait une spécialité du syndicalisme d’accompagnement, que l’on dirait réformiste, que je me plais à appeler les mous du bulbe. C’était un coup dur pour l’unité syndicale : il a fallu faire face et ce fut la création d’une nouvelle fédération, une Fédération Syndicale que l’on a dite Unitaire qui a regroupé des organisations anciennes le SNEP, le SNES, le SNESUP et des créations ex nihilo comme le SNUIPP, des organisations qui rayonnaient chacune sur un domaine de l’éducation. Et divine surprise, les syndiqués ont suivi, ont adhéré : aux premières élections professionnelles, ils ont fait de la FSU la première organisation syndicale pour l’Education Nationale. A la division, ils ont préféré l’unité. C’est entre autres, à cette tâche syndicale que je me suis attelé et que sans doute par atavisme je continue à militer. IL n’est pas facile de se débarrasser du virus syndical. Et donc j’ai suivi le congrès départemental à Maillol, où est revenu comme un leitmotiv la question de l’unité syndicale. Et je veux m’en faire l’écho.

Une question centrale

Dans ces temps où se prépare une grève importante, générale, reconductible, massive qui semble donner les chocottes à tous les réactionnaires qui n’aiment les travailleurs que couchés et assoupis, la question de l’unité est essentielle, aussi bien pour construire le mouvement, que pour le faire durer et pour le voir déboucher sur des résultats tangibles. Et là, toutes les femmes et tous les hommes des décennies à venir sont concernés par ce qu’il va advenir de nos retraites : ou leur réduction à la portion congrue d’une allocation de survie construite sur du sable et des points, ou le maintien d’un droit à une pension décente qui permette à tous de faire face aux temps de l’après-travail.

Sur un enjeu aussi essentiel, seule la démarche unitaire a quelque chance d’aboutir. Cela va de soi et c’est ainsi que les choses se préparent. Mais la force de l’unité est efficiente dans tous les conflits du monde du travail, où les pouvoirs n’ont de cesse de générer à qui mieux mieux de la division et de trouver quelques mous du bulbe et de la conscience pour se laisser acheter à vil prix.

Les impasses à éviter

Nous sommes nombreux à être convaincus de cette efficacité, de cette nécessité, de ce pas à franchir pour sortir des stratégies divergentes et usantes qui semblent nous conduire dans des impasses et nous rêvons, le temps d’un congrès, à ce qui nous apparaît comme une utopie, sans parfois nous rendre compte que l’utopie est peut-être déjà en marche… en marche lente, mal assurée, compliquée, pleine de chausse-trappes. Mais dans nos déclarations communes, dans nos initiatives unitaires, dans l’habitude prise de nous dire en face ce que nous voulons et ce que nous refusons. Ce travail en commun est une première étape vers la reconnaissance de chaque organisation pour ce qu’elle est  avec ses particularités, avec son histoire, sa doctrine, ses ambitions et aussi ses faiblesses.

Dans l’histoire, des formes d’unité organique ont existé, rien n’est impossible. Mais toute avancée en la matière ne peut émaner que du monde du travail lui-même, que naître dans la conscience de chacun, que s’appuyer sur le besoin d’être solidaire face à une exploitation qui n’en a jamais fini de nous pressurer. Il ne nous reste qu’à avancer chaque fois un peu plus sur ce chemin.

Il y a quelque temps déjà un philosophe que quelques-uns rêvent d’enterrer  à tout jamais, un certain Karl, parlait de « conscience de classe ». N’est-ce pas ce qui permettrait de faire un grand pas sur cette voie de l’unité ?

Jean-Marie Philibert

mardi 5 novembre 2019

le 5 décembre


LE 5 DECEMBRE

Je piaffe. Cette attente est insupportable pour tous ceux qui n’acceptent pas l’arrogance du pouvoir, pour tous ceux qui souffrent de sa politique et à qui la seule chose que l’on promette, c’est qu’ils vont en souffrir davantage. Certes la brutalité des anciens propos s’est quelque peu atténuée : les fainéants, ceux qui ne sont rien et j’en passe. Mais le fond reste le même un mépris de classe souverain pour tous ceux qui ne sont pas premiers de cordée et qui n’ont pas du pognon plein les fouilles. Et il faudrait supporter ça jusqu’à quand.

Ca chauffait grave

Il y a un peu moins d’un an l’épisode des Gilets jaunes a bien montré que ça chauffait grave dans les chaumières, que les fins de mois difficiles, le recul généralisé des droits, la désertification du territoire national, la mise à mal des services publics devenaient intolérables. Quelques miettes jetées au bon peuple ont pu laisser croire que les consciences se laisseraient acheter au rabais et qu’il était possible de continuer presque comme avant en mettant l’arrogance en sourdine, que Jupiter resterait Jupiter, qu’il pouvait continuer à serrer quelques vis.

Et vas-y

Et vas-y que je m’attaque aux droits des chômeurs qui ne rêvent, c’est connu, que de chômer longtemps ! Et vas-y que je m’attaque à la retraite pour aujourd’hui (je ne les augmente plus, je les baisse en catimini) et pour demain, après-demain et après-après-demain (je remplace les droits à pensions chiffrés et clairs par des points mystérieux (des points d’interrogation sans doute !), je leur dis que c’est plus juste, et ils le croient, les imbéciles.  Personne n’y comprendra plus rien. Je t’embrouille et ça m’arrange. Et vas-y que je te casse chaque jour un peu plus les services publics, l’école, l’hôpital.

Depuis des mois les résistances de très nombreux secteurs prolifèrent sous des formes multiples, orthodoxes ou pas. La côte de popularité de Macron et sa bande est à l’étiage. Mais globalement les orientations demeurent, il ne change rien ou si peu. Il donne le sentiment d’avoir pour la démocratie un amour totalement inversé par rapport à celui, immense, qu’il a pour sa personne.



Volatile

Alors que sans être un grand spécialiste de l’opinion publique il est aisé de se rendre compte que le climat social est très volatile, que l’aspiration à en finir est majoritaire et que beaucoup de blocages viennent des atermoiements de forces politiques et syndicales qui se refusent à  prendre l’exacte mesure des choses : ceux qu’on aurait dit réformistes il y a quelques années et que je préfère nommer les mous du bulbe à qui on tend systématiquement les micros parce qu’on sait que le désordre dominant ne les gêne pas trop. Ils attendent, ils tergiversent. D’autres plus courageux et conscients, plus durs à cuire sont dans le mouvement, le renforcent, lui donnent des perspectives, le 5 décembre, ça commence ! Sans retenue il faut y aller !

La question des retraites est centrale, elle nous concerne, nous concernera tous, elle est à la fois simple et compliquée, se construit sur de fausses évidences, nous touche intimement parce qu’elle touche, à la fois, à notre rapport au temps et à notre rapport au travail. Des rapports que notre époque se plait à bouleverser.

En avoir ou pas ? Une retraite ? C’est là que ça se joue !

 Le pouvoir espère nous y perdre ; mais il se trompe lourdement sur la conscience collective des citoyens de ce pays et sur leur attachement à des droits qui sont constitutifs de notre identité.   Le 5 décembre dans une forme radicale, la grève reconductible, il s’agira de ne pas laisser remettre en cause ce droit fondamental.

Elle sera unitaire, s’appuiera sur des secteurs essentiels, elle veut rassembler, durer, pour renforcer les droits existants et de façon claire,nette et imparable permettre à tous ceux qui ont consacré une vie au travail, qui ont participé à la richesse collective de la nation, d’avoir, l’âge venu, les moyens d’une vie digne. Ils ne demandent pas un secours, une aumône. Ils demandent, ils exigent le droit de vivre, pas de survivre.

Préparons ensemble ce rendez-vous : le Travailleur Catalan en sera, vous n’en doutez pas.
Jean-Marie Philibert

mardi 29 octobre 2019

mecontentements


MECONTENTEMENTS



Mécontentements… Le vocabulaire journalistique est à la réalité ce que les bisounours sont aux relations humaines en général. Les relations humaines sont souvent difficiles, parfois tendues, le plus fréquemment indifférentes, aux antipodes des bisounours en question. Les mots utilisés par la presse, c’est pareil, la télé n’en parlons pas. Il ne faut surtout pas affoler le bon populo. On édulcore. On rabote. On euphémise. Avec d’autant plus de vigueur que l’on traite des informations sociales qui pourraient donner de mauvaises pensées aux citoyens récalcitrants que nous sommes. Ainsi des mécontents et des mécontentements.

En grève…

Regardez le monde autour de vous : les pompiers passent devant chez vous, sur leur ambulance en très grosses lettres POMPIERS EN GREVE. Vous allez à l’Hôpital, que voyez-vous ? « URGENCE EN GREVE ». Les cheminots, pressurés, comme jamais, se mettent en grève pour exercer leur droit de retrait, après un nouvel accident ferroviaire. De multiples entreprises en difficulté mettent la clé sur la porte, les salariés protestent pendant que les patrons se tirent avec le pognon. Les personnels des finances n’en finissent pas de sillonner le département pour alerter sur la disparition des services publics. Les postiers, les facteurs passés à la moulinette. Les enseignants et les personnels d’éducation contraints après une rentrée chaotique, de mettre en œuvre une réforme qui l’est tout autant, de gérer les carences d’un système qui ne sont pas dans le champ de vision d’un ministre têtu, myope et incompétent. Des suicides chez ces personnels, comme chez les policiers. Un Castaner incapable d’assurer la sécurité de la Préfecture de Police (un symbole !).  Quand une catastrophe écologique se produit comme à Rouen, ministres et gouvernement cafouillent grave et laissent les Rouennais dans les fumées, les questions et les odeurs.

Un hold-up

Les retraités dans la rue une nouvelle fois. Les agriculteurs en colère. Des syndicats qui préparent une grève interprofessionnelle, sûrement reconductible. Une réforme des retraites qui, si on regarde les pensions futures, aboutira à un hold-up sur les droits sociaux…

Tout cela n’est rien… Des mécontentements passagers. Du côté du patronat rien à signaler.

Il peut arriver que les mécontentements passagers vous pètent à la gueule, surtout si vous vous entêtez à ne pas entendre ce que dit la rue, à ne pas voir les souffrances humaines qui prolifèrent, à vivre dans votre bulle.

Serait-ce dans la nature du pouvoir que d’être irrémédiablement coupé des réalités sociales, que de ne savoir y répondre que par la trique et les lacrimos ? De la droite-sarko, à la gauche-hollande et  jusqu’au nini macronien, c’est toujours la même rengaine, avec les mêmes arguments, les déficits, la mondialisation, l’Europe, la crise, le chômage. Les discours sont volontairement incohérents… pour que surtout ils-elles-le bon peuple-le téléspectateur moyen ne comprennent pas qu’on les roule dans la farine, qu’il faut qu’ils acceptent encore et toujours de vivre de peu, de se distraire à peu de frais, de perdre leur vie à tenter de la gagner.

Le 5 Décembre …

Les « mécontentements » ont la peau dure des colères sociales profondes et anciennes, qu’on n’a pas voulu entendre parce qu’on les méprisait, parce qu’il était si facile de croire que le désordre des choses ne pouvait que durer encore et encore.

Je me dis que le 5 Décembre, il peut se passer quelque chose qui renverserait les tables trop bien mises où les opulents de ce temps n’arrêtent pas de festoyer.

Jean-Marie Philibert

mercredi 23 octobre 2019

l'Europe et la Catalogne


Et l’Europe-l’Europe-l’Europe…

« L’Europe ! L’Europe ! L’Europe ! … ça n’aboutit à rien et ça ne signifie rien… »

 C’est De Gaulle qui l’a dit.

Dans le cas de la crise que vit la Catalogne, dans le cas de la répression absurde et aveugle que met en œuvre le gouvernement espagnol, dans le cas du déni de démocratie que signifient les lourdes condamnations des responsables catalans pour de simples opinions politiques, la preuve est faite que Mongénéral n’a pas dit que des bêtises.

Ce qui est plus que certain, c’est que là l’Europe ne sert à rien, si ce n’est par son silence à conforter une Espagne qui n’en a pas fini avec son passé franquiste. Ce n’est pas joli-joli de mettre les gens en prison parce qu’élus pour organiser un référendum, ils le font, parce que dans leur démarche le respect de la paix civile est constant, parce qu’ils imaginent que leur identité peut devenir le creuset d’une nation. C’est encore moins joli-joli de les y laisser de longues années au cas où, comme de vrais  criminels, ils seraient dans l’incapacité de maîtriser leurs pulsions.

Et maintenant, alors que certains d‘entre eux lors des dernières échéances électorales ont été élus, y compris comme député européen, et qu’ils sont dans l’incapacité de remplir leur mandat ( vive la démocratie !), alors que tout ce que la Catalogne compte de citoyens valides descend dans les rues, sur les routes, les autoroutes pour dire sa colère devant des décisions iniques, l’Europe va-t-elle continuer à se taire, à regarder ailleurs, à donner des leçons de démocratie à la terre entière, mais à rester incapable de nettoyer ses écuries espagnoles, chez elle, où ça sent de plus en plus mauvais.

Serait-ce surhumain que de dire à un gouvernement de cette Europe … malade,  qu’il fait fausse route et qu’il est grand temps de retrouver les fondements de la vie démocratique des peuples majeurs : les urnes, le droit, la paix, la justice et la liberté. Pas les caricatures que nous avons vues ! Elle y gagnerait en crédibilité, ce qui ne serait pas un luxe.

Les foules catalanes ne disent pas autre chose. Et nous avec !

Jean-Marie Philibert.

lundi 21 octobre 2019

le temps


LE TEMPS


Il ne me déplaît pas de vous faire entrer dans les coulisses d’un billet d’humeur où bien sûr l’actualité est la denrée première : certes l’actualité est riche, protéiforme, surprenante ou désolante, elle n’arrête pas de fournir des multitudes de sujets. Mais vous comprendrez aisément que le besoin de prendre quelques distances avec un monde un peu ( ?) fou soit parfois utile. Mais comment ?


Vous êtes à court d’idées, la tête vide ; vous avez besoin de prendre du recul. Vous questionnez la bande de joyeux drilles qui composent le Comité de rédaction : « J’ai pas d’humeur »…Comme ce jour-là ils vous ont accueilli en vous souhaitant un bon anniversaire, c’était le bon jour d’une tantième année, une bonne âme (laïque) vient à votre secours : « Mais parle du temps, voyons… » ET c’est parti pour le temps.

Vivre sans temps ?

Faut-il perdre son temps à parler du temps quand on le sait au moins aussi précieux que la vie ?  Beaucoup ont fait de son évocation infinie leur raison de vivre, c’est sans doute exagéré, mais peut-on vivre sans temps (sic) ?

J’ai le souvenir à l’université d’un cours de philo sur l’espace et le temps : avec l’espace, j’ai tout de suite accroché, on est dans le monde, la nature, la réalité des choses. Avec le temps j’ai patiné, j’ai souffert, à 20 ans, je me suis senti vieillir, mourir, j’ai regardé mes condisciples et je ne voyais sur eux que les stigmates du temps, les miroirs ne m’offraient de moi qu’une image décrépite et dans le même « temps » je n’étais capable d’aucune rationalisation de la chose maudite qui semblait faite pour inexorablement m’engloutir.

Le choix

« Quelques » années plus tard, je ne suis pas encore englouti et la prose du décrépit contribue à noircir les colonnes du TC : c’est dire que le temps joue avec nous et que les seules possibilités qu’il nous laisse sont

a)de gémir sur sa fuite inexorable ou

b) de faire face.

Vous vous doutez que ma tendance naturelle ne m’a pas laissé le choix. C’est b ! Avec le temps, comme avec le reste, ne pas se laisser faire, ne pas le laisser nous conduire là où les puissants du jour rêvent de nous amener, ne pas le laisser aux mains d’un dieu quelconque. Ne pas le laisser organiser le désordre dominant où nous serions les jouets de forces, couvertes d’or bien sûr, qui ne peuvent que nous dépasser.

Briser le cycle inexorable

La bataille n’est pas que politique, elle est philosophique, idéologique, morale et sociale. Le temps qui nous est proposé, imposé est un temps circulaire (c’est toujours la même rengaine) où ce qui change ou fait semblant, ne le fait que pour que rien ne change, que pour que les cycles répétitifs de nos aliénations, de nos misères, de nos exploitations restent ce qu’ils sont. C’est pour cela, entre autres, que le pouvoir d’achat n’en finit jamais de stagner. Restons chacun à notre place ! Ce seraient-là les signes d’une humanité qui a beaucoup à se faire pardonner et qui doit accepter son sort… avec humilité.  Certes on lui laisse les loisirs, les dérivatifs multiples et variés qui peuvent momentanément la distraire. On lui laisse la possibilité de croire que peut-être ce sera mieux après.

Mais on ne veut surtout pas lui laisser ce qui devrait être un droit inaliénable à dire et faire de ce temps sa chose démocratique, à décider de son destin avec tous les droits qui devraient lui permettre de le faire, droits politiques, bien sûr, mais aussi sociaux, professionnels, éducatifs. Droits pour lesquels l’humanité ne cesse de se battre.

Ils ne nous laissent le temps de rien, et comme ils veulent de moins en moins nous le laisser, prenons-le, individuellement et collectivement.

Jean-Marie Philibert.