les billets d'humeur de Jean Marie Philibert dans le Travailleur Catalan
Jean Marie PHILIBERT ( c'est moi ) écrit toutes les semaines un billet d'humeur dans le TRAVAILLEUR CATALAN, hebdomadaire de la fédération catalane du PCF.
Je ne peux que vous conseiller de vous abonner à ce journal qui est aujourd'hui le seul organe de presse de gauche du département des Pyrénées Orientales.
J'ai rassemblé dans ce blog quelques uns de ces billets d'humeur en rappelant brièvement les événements qu'ils évoquent
Je ne peux que vous conseiller de vous abonner à ce journal qui est aujourd'hui le seul organe de presse de gauche du département des Pyrénées Orientales.
J'ai rassemblé dans ce blog quelques uns de ces billets d'humeur en rappelant brièvement les événements qu'ils évoquent
mercredi 5 février 2020
turpitudes
La presse bien-pensante n’est pas sans œillères
Sur une enquête du Monde à propos des élections à Perpignan.
Les élections municipales à PERPIGNAN attirent les regards. Je crains qu’ils ne soient pas tous bien intentionnés et que souvent ils participent d’une entreprise de ce qui peut apparaître comme une légitimation, plus ou moins contrite, d’un vote d’extrême droite. En particulier dans la presse bien- pensante.
Ainsi le MONDE, grand journal du soir, du 30 janvier, consacre deux pleines pages à mettre l’accent sur «la notabilisation» de l’extrême droite à Perpignan, grâce à un candidat qui se verrait remporter une mairie où il siège dans l’opposition depuis des années pour faire le service minimum… quand il est là. Sur les orientations de son parti xénophobe, silence radio. Sur ce que cela peut signifier dans une ville où la proportion d’étrangers anciens et nouveaux est grande, rien ! Par contre l’action de l’impétrant, très proche de la famille Le Pen pour calmer les tentations extrémistes les plus raides est mise en avant… sans doute pour montrer que c’est un gentil garçon et qu’en plus il présente bien. Le tout est accompagné d’une radiographie de la ville qui en montre les faiblesses, la pauvreté et les aléas.
Les différents candidats sont passés en revue, en soulignant lourdement la division de la droite, la fragilisation du sortant et même la présence d’une candidate écolo, soutenue par le PS. La journaliste qui est aux manettes ne dit rien de ce que pourrait être l’inquiétude des uns et des autres d’éviter à la ville de sa voir affubler d’un maire frontiste : ont-ils évoqué cette perspective ? Est-ce leur souci ? Y a-t-il une quelconque menace ? Peut-être pas, à lire leur prose depuis les débuts de la campagne. Ils semblent plus soucieux de vanter les mérites insoupçonnés de leur personne. Ils semblent hors sol.
Par contre et ce n’est ni un oubli, ni un hasard, rien, rien de rien sur la seule liste citoyenne, élaborée collectivement pour offrir comme ils se nomment une ALTERNATIVE vraie, elle est soutenue par les partis de la vraie gauche, communistes, insoumis et autres. Mais pour le Monde elle n’existe pas, alors que les sondages sont plutôt positifs, alors que de nombreux perpignanais ont participé à la démarche. Ce n’est qu’un exemple des turpitudes d’une presse, fût-elle très réputée pour son sérieux.
JMP
mardi 4 février 2020
un moment historique ?
Un moment historique ?
Une des spécificités du mouvement actuel tient à l’écho que lui donnent les réseaux sociaux. Ils permettent de passer outre la censure des médias « officiels » qui servent une soupe plus que refroidie avec des commentaires acerbes sur la bande de trublions qui hantent les rues, qui font grève et qui empêchent les bons français de vivre dans la quiétude de la macronie ambiante. Pour eux les mouvements sociaux se résument à la gêne qu’ils provoquent. Il est plus que surprenant d’entendre des esprits, que par ailleurs on pourrait penser brillants, se vautrer sans vergogne dans la propagande la plus antisociale possible pour plaire à leurs maîtres. Paul Nizan, en 1932, parlait de « chiens de garde ». Ecoutez-les aboyer dès qu’ils reçoivent Philippe Martinez et faire les gentils toutous quand ils sont face à Laurent Bergé.
Eh bien, grâce aux réseaux sociaux leur nocivité est réduite, ils ne peuvent plus empêcher que la grande majorité de l’opinion publique pense tout le mal possible du projet de réforme des retraites et reste solidaire des actions en cours qui bien heureusement n’en finissent pas de durer.
Il pleut des initiatives
Grâce au miracle d’internet nous pouvons suivre la prolifération d’initiatives en tous genres plus inventives les unes que les autres qui disent au gouvernement qu’il fait fausse route, que la démocratie sociale, ce n’est pas « tu votes une fois tous les cinq ans et puis tu courbes l’échine », mais une vigilance et une intervention populaires constantes pour défendre la solidarité, la justice, les droits, en particulier au service de tous ceux qui en ont le plus besoin.
Une des
dernières en date, que l’Humanité a
contribué à diffuser sur face-book. : sur le scène de l’Opéra de Lyon en
préambule de la représentation d’un
opéra de Verdi, par les chœurs de l’opéra, entourés par les travailleurs du
théâtre, l’interprétation du « Va pensiero » ( le chant des exclaves)
de Nabucco, sur fond d’un défilement d’images qui rappellent les grands moments
de la lutte en cours maintenant depuis plus de deux mois, avec en exergue cette
remarque sur laquelle j’ai envie de m’arrêter « Nous vivons un moment
historique »
Quelque chose qui ressemble à ça
Dans quelques
temps, nous pourrons en parler avec plus de certitudes, mais quand on a le nez
sur les événements, qu’on essaie d’y apporter sa modeste pierre, qu’on est
anxieux sur ce qui peut en sortir, ou pas, il est difficile d’en mesurer la
portée. Mais une expérience syndicalo-politique ancienne (le poids des
ans !), un optimisme invétéré sur notre capacité à bousculer des destins
contraires, mon imprégnation
indestructible d’une culture de contestation de l’ordre dominant, m’incitent à
penser qu’on est dans quelque chose qui ressemble à ça.
Les manifs
à répétition, des grèves plus longues que jamais, l’unité qui s’y renforce, les
revendications qui prolifèrent, les générations qui s’y rejoignent, la sérénité
vigilante que l’on peut y percevoir, le sentiment que l’on retrouve une ardeur
que l’on croyait éteinte, les flambeaux (pas que symboliques) qui ressortent,
les applaudissements aux fenêtres. Un réveil populaire ? Et tous ceux qui
sont aux portes de l’action sans s’y lancer tout à fait, mais qui n’ont que sympathie
pour elle. Il y a du grain à moudre pour rendre le mouvement hégémonique et
faire en sorte que la victoire soit à la hauteur des espérances d’un peuple et
que les sourires sur les visages ne soient pas que passagers.
La banderole du tous ensemble
Une
banderole dans les manifs perpignanaises résume un peu la portée de
l’événement : elle n’émane pas d’une organisation, ceux qui l’arborent ont
relié, cousu, rassemblé les drapeaux de
tous : CGT, FO, FSU, Solidaires, drapeau noir, et drapeau jaune… Comme un
tous ensemble coloré qu’il nous revient à tous de faire vivre.
C’est une
première… Un signe de l’histoire en marche sans doute…
Jean-Marie
Philibert
mardi 28 janvier 2020
un monde syndical qui bouge
Pour un pas en avant…unitaire
OBSERVONS UN MONDE SYNDICAL QUI BOUGE
Le mouvement qui se poursuit est exceptionnel à plus d’un titre. Comme dans les grandes occasions ! Il s’y manifeste à la fois une très grande inventivité, une détermination résolue (8° manif cette semaine) et une grande joie de s’y retrouver… Mais la dimension sur laquelle je veux particulièrement insister, et elle est récurrente dans les actions de cette ampleur, c’est la démarche unitaire qui en est l’ossature, elle tient la distance. L’optimiste que je suis, pense qu’elle est peut-être chargée de promesses.
Le monde syndical est éclaté, concurrent. Les pouvoirs économiques, politiques, médiatiques entretiennent la division, décernent les bons points et sans vergogne choisissent leurs partenaires privilégiés : les plus souples bien sûr, les plus enclins au compromis, ceux qui ne feraient pas de mal à une mouche et encore moins à un patron. On les dénomme réformistes, de ce sobriquet qui veut à la fois dire une chose et son contraire : faire semblant d’améliorer les choses pour tordre le cou à toute perspective de changements réels.
Alors que la mission du syndicalisme est de bousculer l’ordre/désordre dominant pour faire du salarié(e) un acteur émancipé de son destin. Dans les actions de cet hiver 2019/2020 se lit quelque chose qui ressemble à cette aspiration, dans les convergences qui se tissent entre CGT, FO, FSU, Solidaires, gilets jaunes, jeunes, retraités, ceux qui ne sont nulle part… Ils se veulent rassemblés. Ils savent que les conquêtes ouvrières ne peuvent naître que de ces rassemblements et qu’il serait peut-être temps de leur donner la force de perdurer, de s’organiser dans une diversité assumée qui pourrait être une mise en œuvre tangible du « tous ensemble ». Là les puissants pourront s’inquiéter, et nous aurons fait un pas en avant !
JMP
lundi 27 janvier 2020
il aurait mieux fait de se taire
Il a parlé … Il aurait mieux fait de se taire
Déclaration de Macron, le jeudi 23, dans l’avion qui le ramène d’Israël.
« Aujourd'hui s'est installée
dans notre société, et de manière séditieuse par des discours politiques,
l'idée que nous ne serions plus dans une démocratie, qu'il y ait une forme de
dictature qui s'est installée. »
Puis :
« Mais
allez en dictature ! Une dictature, c'est un régime où une personne ou un clan
décide des lois. Une dictature, c'est un régime où on ne change pas les
dirigeants, jamais. »
Et il a poursuivi :
« Si la France c'est cela,
essayez la dictature et vous verrez !...Il y a en démocratie un principe
fondamental : le respect de l'autre, l'interdiction de la violence, la haine à
combattre …Tous ceux qui aujourd'hui dans notre démocratie se taisent sur ce
sujet sont les complices, aujourd'hui et pour demain, de l'affaiblissement de
notre démocratie et de notre République …Celles
et ceux qui portent cette violence, celles et ceux qui avec cynisme quelquefois
l'encouragent, ou ceux qui taisent tout reproche qu'il faut avoir, oublient une
chose très simple : nous sommes une démocratie…
Une démocratie, c'est un système politique où l'on
choisit nos dirigeants, c'est un système politique où l'on choisit les
représentants qui auront à voter librement les lois qui régissent la société. »
Cela suppose,
« beaucoup
d'exigence… Dans une démocratie, on a un devoir de
respect à l'égard de ceux qui représentent et portent cette voix, parce que
précisément on a le pouvoir de les révoquer. On a l'interdiction de la haine
parce qu'on a le pouvoir de les changer. »"
Et il a dit des bêtises.
La pensée de Macron est à la philosophie politique ce que les patates bouillies sont au foie gras, ce que ma pratique sportive est au sport de haut niveau. Ce qui aggrave son cas, c’est son incapacité, quand il parle, à appréhender le moment, à le comprendre dans sa complexité. A saisir ce qu’imposent les réalités de l’heure, les réalités internationales (là, il vient de les voir en Israël et n’en dit mot) et les réalités nationales (je suppose qu’il les suit au quotidien et se trompe et nous trompe). Nous rouler dans la farine : son credo ! Quant au respect, parole-parole.
Une démocratie déterminée
Il se fait donc le défenseur d’une démocratie menacée. Et il se prend pour Zorro. Alors qu’elle est bien vivante, joyeuse et déterminée. La preuve par ces rafales de manifs plus inventives que jamais où il ne voit que des déferlements de haine. Et bien sûr, sous-entendu lourdingue, c’est un coup de ces méchants grévistes, manifestants, syndicalistes à qui il va apprendre ce qu’est une démocratie. Lui qui n’a pas vu-entendu-compris qu’une majorité du pays ne veut pas de sa retraite à point.
Ecoute-moi, Emmanuel, tu te goures !
Ce n’est pas de la haine, mais seulement la conviction profonde qu’en t’attaquant aux retraites tu détruis l’état social construit dans les luttes d’un passé et d’un présent populaires et vivants qui refusent de se soumettre, tu portes des coups à la justice, à la solidarité, tu fais de notre pays une annexe du libéralisme échevelé qui a besoin des souffrances du peuple pour s’engraisser. La dictature qui nous menace, c’est celle du pognon et des rupins que tu représentes. Et nous n’en voulons pas et nous ne nous arrêterons pas en si bon chemin. Que tu pleurniches ou que tu nous la joues « même pas peur ! » ne change rien. On continuera à défendre, à promouvoir la démocratie sociale et l’on sait qu’il ne faut pas compter sur toi (la preuve par TA police).
La colère… pas la haine ! Tu as compris ?
Quant au pouvoir de changer nos représentants… on ne pense qu’à ça…
Jean-Marie Philibert.
mardi 21 janvier 2020
police
Le pouvoir et SA police !
Devant la multiplication des violences policières, le pouvoir ne reste pas sans voix… Pour quels effets ?
La lucidité des gugus qui nous gouvernent est au-delà de toutes les espérances. Imaginez : au pouvoir depuis plus de deux ans, ils ne s’étaient pas rendu compte que les forces de police qui sont sous leur contrôle tapaient comme jamais sur tous les manifestants qui se présentaient, faisaient des dépenses de lacrimo qui explosaient (c’est le cas de le dire) tous les budgets, tiraient avec des LBD dans la gueule de ceux qui ne leur revenaient pas, et crevaient un œil par ci, un autre par là. Ils avaient si complètement oublié que police veut dire force de l’ordre qu’ils semblaient tout fier d’être au cœur d’un zinzin où ils pouvaient jouer en toute impunité aux super héros. Ils l’ont fait avec les gilets jaunes, ils continuent à le faire avec les syndicats. Ils seraient fatigués, énervés, mal commandés…
Et puis « brutalemen »t un éclair de lucidité.
Macron soi-même, la semaine dernière :
« J’attends de nos policiers et de nos gendarmes la plus grande déontologie… Des comportements qui ne sont pas acceptables ont été vus ou pointés. » Il sera « intraitable », il n’aura aucune « complaisance l ». Il ne veut pas que les dérapages constatés « atteignent la crédibilité de nos professionnels des forces de sécurité intérieures ». Et attention, il a chargé Castaner (e bien nommé) de lui faire « des propositions claires pour améliorer la déontologie ». Pas la castagne, la déontologie ! Attention, c’est du sérieux.
Enfin libre à vous de le croire. Parce que sur le terrain de Paris à Perpignan, c’est toujours les mêmes pratiques et il vaut mieux éviter de rencontrer de trop près ces grands déontologues que seraient devenus subitement des forces de l’ordre… à cran.
On comprend qu’ils le soient. Mais on comprendrait davantage qu’ils soient plus soucieux des valeurs de la république et des impératifs qu’elles imposent, qu’ils soient plus enclins à renforcer les libertés publiques dont ils devraient être les vecteurs, qu’ils retrouvent la voie d’une démocratie que les pratiques répressives en cours réduisent comme peau de chagrin. Même certains députés macronistes le disent.
Parce qu’au-delà des dérapages policiers qui ne sont pas fortuits, c’est tout l’édifice démocratique qui se lézarde. Par exemple les matraquages médiatiques et les experts-journalistes bien mis qui les profèrent à longueur d’antenne sont du même tonneau et produisent les mêmes effets insupportables sur une opinion publique qui prend ces gens-là pour ce qu’ils sont, des mercenaires sans conscience qui vendent leurs discours mensongers pour un plat de lentilles.
Sur le terrain démocratique beaucoup est à reconstruire…
JMP
fait divers
Fait divers
Les contraintes librement consenties d’un colloque départemental organisé au mois d’avril par l’Association des professeurs d’histoire des P.O., sur la presse locale, au cours duquel je dois présenter votre hebdomadaire préféré, m’ont amené à me pencher sur les 83 ans de cet octogénaire récalcitrant qu’est le Travailleur Catalan pour en dire bien sûr… tout le bien qu’il mérite.
Et évoquer tous les efforts que font une bande de joyeux et yeuses drilles qui composent le comité de rédaction pour rendre compte d’une actualité riche, protéiforme et surprenante dans ce petit bout de pays que nous savons et voulons en liens constants avec toutes les réalités nationales, internationales, culturelles, sociales…
Ils font la réalité de notre monde
« Hebdo communiste des P.O », comme c’est écrit sur la une, nous faisons de la politique à haute dose et nous nous détournons de ce que le jargon journalistique appelle les « faits divers », alors que nos confrères d’ici et d’ailleurs en font leurs choux gras, alors qu’au même titre que d’autres événements ils font notre actualité. Ils font la réalité de notre monde et ils pourraient susciter un intérêt chez notre lectorat. Que serions-nous sans notre lectorat ?
Pourquoi ne pas traiter du fait divers ? Quand il a du sens. Il doit être possible de le faire sans tomber dans le sensationnalisme qui fait jaser ou le nauséabond qui fait frémir.
Féminicide
Ainsi du féminicide : des manifestations ont eu lieu en novembre pour dénoncer un laisser faire coupable. Faire bouger les consciences sur cette question. Il y a du travail. Ailleurs comme ici.
Evoquons la dernière tragédie que l’actualité récente d’ici rappelle : le meurtre de Rosine Roig, dont le compagnon a été condamné en première instance à trente ans de prison par la cour d’assises de Perpignan pour un crime avoué. Crime horrible ! Mais, avant l’horreur des faits, le traitement par la police et la justice des menaces qui pesaient sur elle n’a pas su apporter le minimum de protection dû à tout citoyen. Tous les soutiens de la victime l’ont souligné.
« La raison »
Il se trouve que le présumé coupable a fait appel, que l’encombrement des tribunaux est tel que l’appel n’a pas encore été jugé, que la durée de la détention provisoire de l’accusé présumé est bien longue (6 ans et quatre mois), qu’elle excède « le délai raisonnable », et que sans doute la « raison » impose de le libérer jusqu’au procès en appel, prévu dans quelques mois. Pour rester « raisonnable » jusqu’au bout, on lui impose un contrôle judiciaire strict. La cour d’appel de Nîmes a tranché. L’institution judiciaire semble gênée aux entournures. Il n’empêche après les errements d’avant le crime, il y a ceux d’après. On aurait pu souhaiter une justice plus exemplaire. Certes les tribunaux souffrent des mêmes maux que tous les services publics. Il manque des juges, comme il manque des médecins, comme il manque des profs. Et là on est confronté en « direct live » à ces manques qui démontrent aux citoyens que leur protection passe après l’exigence de « raison ». On se doit de le déplorer.
Mais en même temps, pour parler comme l’autre grand dadais, quand il s’agit de trouver une compagnie de gendarmes mobiles pour débarrasser la Préfecture des P.O des manifestants qui attendaient des ministres du grand dadais en question, il n’y a aucun problème, on a ce qu’il faut sous la main, on fait diligence. On ne sait jamais avec ces manifestants pleins de haine qui pourraient s’attaquer à deux faibles femmes ministres. Selon que vous serez ministres ou pas, les carences du service public ne vous concerneront pas. Vous serez protégé(e)s… ou pas.
Jean-Marie Philibert.
lundi 13 janvier 2020
le réveil
Le réveil
De quoi parler ? Un peu de tout, ce sera assez. Parce qu’en ce début d’année, l’actualité, c’est tassé et plus que tassé. Il y a d’abord ce qui nous occupe, quasiment à temps plein, la retraite. Mais il peut y avoir aussi des nouvelles fortuites et instructives.
Les esclaves se rebiffent
Comme par exemple la pédégette de Radio-France qui a décidé de telles suppressions de postes dans sa boutique que les personnels de la radio publique vont de grève en grève pour la faire reculer : les choeurs de la radio lui ont même chanté le chœur des esclaves de Nabucco lors de sa présentation des vœux : elle est restée sans voix et est partie bouder. Bien fait ! Les temps sont comme cela volatiles. Les travailleurs sont aux aguets.
Les peuples au banquet ?
Les gens ont envie qu’on les écoute et c’est ce qu’ont bien compris, Laurent Gaudé et Roland Auzet dans le spectacle présenté à Perpignan au théâtre de l’Archipel « Nous l’Europe, banquet des peuples ». Ils unissent leurs talents pour créer une traversée épique autour du désir d’Europe, malgré les tragédies et les inquiétudes. Ils ont bien compris que l’Europe qui tourne le dos à la démocratie, à l’accueil, à la justice, n’est pas celle qui fera rêver. IL propose un spectacle séduisant qui a plu au public : il semblait se reconnaître dans cette soif d’une Europe qui, par-delà ses tragédies, avait le mérite de faire un pas en avant sur la voie d’une construction solidaire. Et moi avec, même si mon mauvais esprit ne me cachait pas les failles du système (quelque chose qui ressemblerait à de l’angélisme) et les difficultés qui restent à affronter. Le scepticisme et la lucidité peuvent faire route ensemble quand il s’agit de construire l’avenir.
Du côté du gouvernement, on n’a rien compris…
Des manifs comme s’il en pleuvait, partout, toujours, de la grève qui dure-dure et une opinion publique qui tient bon face au matraquage médiatique. Le peuple d’un côté, rassemblé comme jamais : en face le pouvoir de l’argent et de l’ambition de tous ceux qui en veulent beaucoup plus pour eux, soutenus par tous les péteux réunis (ils pensent que ça va ruisseler). Entre les deux quelques réformistes qui voudraient faire croire qu’ils servent à quelque chose et qui jouent les importants en espérant tromper leur monde.
Mais rien n’y fait : le projet gouvernemental de réforme des retraites est toujours aussi massivement rejeté. Personne n’espère une quelconque amélioration d’une reculade d’un gouvernement qui aurait compris qu’il a fait une bêtise. Tout le monde attend le mot magique, RETRAIT.
Le bonheur de vivre debout
Parce que ces gens du pouvoir ne semblent pas se rendre compte que dans ce combat, il y a de la détermination, le souci de préserver, préparer un avenir pour soi et les siens, des revendications nombreuses qui touchent au pouvoir d’achat, aux droits, au progrès social. Mais aussi, et ce n’est pas toujours ainsi, de la dignité, de la lucidité, de la solidarité, de la joie d’être rassemblés et quelque chose du bonheur de vivre debout dans un monde où tout est fait pour asservir.
Macron et ses sbires sont aux antipodes de pouvoir saisir des démarches qui sortent trop manifestement (c’est le cas de le dire) « des eaux glacées des calculs égoïstes » desquelles ce cher Karl avait compris il y a belle lurette qu’ils ne sortiraient jamais. L’aspiration à vivre mieux, à vivre libre, à s’engager pour y parvenir est une constante, mais elle ne se met pas systématiquement en œuvre. Les forces politiques et sociales qui tentent de la structurer, de l’organiser, de la faire vivre, croître et proliférer, ne sont pas systématiquement à la hauteur ou à l’unisson. Il y faut des moments privilégiés.
Nous y sommes : le gouvernement devrait prendre garde au réveil des peuples.
Jean-Marie Philibert
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