les billets d'humeur de Jean Marie Philibert dans le Travailleur Catalan

Jean Marie PHILIBERT ( c'est moi ) écrit toutes les semaines un billet d'humeur dans le TRAVAILLEUR CATALAN, hebdomadaire de la fédération catalane du PCF.
Je ne peux que vous conseiller de vous abonner à ce journal qui est aujourd'hui le seul organe de presse de gauche du département des Pyrénées Orientales.
J'ai rassemblé dans ce blog quelques uns de ces billets d'humeur en rappelant brièvement les événements qu'ils évoquent

lundi 19 décembre 2016

nous sommes tous les fils du père Noël


Nous sommes, tous,  les fils du Père Noël

Petit papa Noël, j’ai besoin d’une idée pour commencer mon billet d’humeur. Je n’en ai aucune et depuis plusieurs jours, c’est le vide. A chaque essai c’est le bide : ce n’est plus de l’humeur, c’est de la désespérance à l’état pur. Je tente de prendre du recul, j’observe, j’écoute, je me dis que cela va venir… Rien ne vient, si ce n’est les effluves de la sinistrose ambiante. Pourtant à y regarder de près le monde bouge.

La magie ?

Le papa Noël opèrerait sa magie…

Regardez, même les rues de Perpignan se remplissent d’un monde que Mister Nobody-Pujol avait renvoyé dans les proliférantes surfaces commerciales de la périphérie. L’embellie durera-t-elle ? Je pense qu’il faudra plus que quelques éclairages pour redonner du lustre à une cité qui a des atouts, une histoire, une culture, mais qui traîne un lot de misères, d’exclusions, d’inégalités profondément enkystées dans le tissu social : les politiques municipales menées en ont fait leur terreau.

Jouissons de ce qui peut peut-être ressembler à des promesses et servons- nous en pour y manifester notre collective soif de vivre. Tout compte dans un monde troublé. Merci papa Noël ! La pire des choses serait de se laisser gagner par le défaitisme ambiant. La résistance est notre lot et l’humour peut parfois nous y aider.

Regarder les péripéties du Centre del Mon. Là, le papa Noël semble impuissant, il rigole sous sa cape rouge. On avait une gare qui grâce à Dali connaissait une gloire internationale qu’elle ne méritait pas, elle était campée depuis des décennies sur un pôle de la ville qu’elle contribuait à animer. Des élus, des urbanistes, des financiers ont cru que le tgv allait la transformer en source inépuisable de pognon, en la retournant dans l’autre sens, en lui faisant tourner le dos à la ville, en lui donnant un petit air Manhattan. Et puis patatrac ! Le fiasco complet, rien ne marche, ni les commerces, ni le quartier, ni les tgv pour Barcelone, ni le tunnel qui y conduit. Un naufrage du Titanic local pour lequel le quotidien local vous promet toujours un miracle. Papa Noël, pitié ! Fais quelque chose !

Que peut-il ?

Que peut le Papa Noël face à l’incurie, à Perpignan, comme ailleurs ? Il peut nous aider à occuper notre temps en conjectures  fantaisistes. Il peut donner le change ! Il peut nous aider à passer le cap d’une année 2016 où un gouvernement socialiste aura poussé à son terme sa capacité d’autodestruction et son autisme très profond aux aspirations du peuple.

Il peut inspirer des one-man-shows de haute volée et d’un comique imparable de Manuel Valls sur la nocivité du 49-3 qu’il va, promis-juré, jeter dans les poubelles de l’histoire après en avoir usé et abusé.

Il peut faire comprendre à François Fillon que sur la Sécu (mais aussi sur le reste) il a dit de très grosses bêtises. Il peut mettre la zizanie dans la famille Le Pen, en leur faisant sentir que la haine des autres peut commencer au sein de la famille. Mais là il ne fera qu’amuser la galerie, il ne s’occupera que de l’écume des choses.

Toucher à l’essentiel

Le père Noël n’est vraiment utile que quand il touche à l’essentiel, c’est la raison qui conduit tous les enfants à y croire mordicus, quand il rend possible l’impossible, quand il régénère le besoin d’utopie qui fonde notre humanité. Ce besoin passe par des voies simples. La certitude qu’il vaut mieux être unis que désunis, que l’action sociale, syndicale, politique  ne sont rien sans cette aspiration à l’unité. La conscience que la lutte des classes traverse la société et qu’il faut choisir son camp. L’obstination à tenter de construire un monde solidaire, juste, fraternel, libre. Pourquoi pensez-vous que le père Noël s’habille de rouge. Et si nous étions tous, un tout petit peu, les fils et filles du Père Noël.

Jean-Marie Philibert.

lundi 12 décembre 2016

la grande métamorphose


La grande métamorphose





Un des signes que nous vivons des temps troublés : tout bouge à la vitesse grand V. N’évoquons que pour mémoire toutes les technologies qui si tôt apparues se retrouvent dans les marchés aux puces de France et de Navarre. Regardons, par exemple, le visage des villes : des centres urbains anciens, actifs et beaux sont devenus des morts-vivants. Observons la vie paysanne qui a animé pendant des siècles nos campagnes, nos montagnes : des friches, des larmes et des souvenirs. Attachons-nous aux rapports humains, aux relations que les femmes, les hommes pouvaient nouer dans les lieux publics, sur les places, dans les rues, lieux de convivialité… Actuellement ils sont traversés par des zombies solitaires  qui surtout ne regardent pas leur voisins pour se concentrer sur leurs téléphones portables qui leur permettent de dire qu’ils vont incessamment rentrer à la maison.

Ne plus savoir qui est qui

Mais nos modes de vie ne sont pas les seuls à subir la grande métamorphose : les êtres que nous sommes, ne sont plus exactement ce qu’ils sont, comme emportés dans un tourbillon qui nous conduit à ne plus exactement savoir qui est qui.

Certes la transparence absolue n’a jamais été de mise, et le changement, c’est la vie. Mais la convergence d’évolutions brutales qui tourneboulent toute une société est une caractéristique actuelle. Et la vie politique nous en offre une animale illustration.

La chienne est une oie

Observons l’échiquier politique, la Marine le Pen n’est plus le roquet fascisant et aboyeur qui n’a de cesse de faire peur à tout ce qui l’approche pour préserver l’enclos barbelé que son père avait construit pour elle, elle y avait rassemblé des chiens tous aussi patibulaires les uns que les autres, et ils y menaient une sinistre sarabande. Tout ça a totalement disparu, la chienne est devenue oie blanche qui s’offre à tous les regards pour dévoiler sa séduction, sa grâce et sa pureté. (Enfin faut aimer l’esthétique « oie »!)

Les pioupious et l’aigle

Le discret Fillon, ombrageux homme de l’ombre, collaborateur silencieux, est devenu en quelques semaines un chef de guerre sociale, intrépide et inspiré. Vous allez voir ce que vous allez voir ! Juppé et Sarkozy ont déjà vu s’effondrer leur surpuissance : les cadors ont perdu leur superbe, leur faconde et leurs illusions. Ils croyaient être tout, ils ne sont rien. Les paons deviennent vulgaires pioupious pendant que la pie voleuse se prend pour un aigle.

Quant à la biche Macron qui nous la jouait façon bambi. « Je vais enjoliver vos vies, vous envelopper d’une atmosphère féérique, vous faire croire au père Noël quel que soit votre âge ». Les propos qu’elle tient sont d’une vieillerie sans nom : « la gauche et la droite c’est tout comme, et je suis les deux à la fois ». Ils  la transforment inexorablement en vieille bique gâteuse. Son temps est compté, tant et si bien qu’il n’est pas sûr qu’elle vive encore à la fin de ce billet d’humeur.

Anda toro

Un animal quasi sauvage ne cessait de s’agiter dans le toril : Torrrro Manuelito ! Il n’attendait pas que las muletas s’agitent pour charger. Il avait fait fuir de l’arène tous ceux qui voulaient l’approcher. Il fonçait cornes en avant sur toutes les banderoles syndicales qu’il voyait et qu’il déchirait rageusement, il était arrogant, vindicatif et fier… Ne voilà-t-il pas qu’il a perdu en quelques heures los cojones de son arrogance. Il est devenu doux comme un agneau. On lui donnerait le bon dieu sans confession. Avec tous les agneaux, l’âne, marie, joseph, et le caganer,  on pourrait même le mettre dans la pessebre de noël. C’est la saison. Le taureau devenu bœuf décoratif !

Mais on le mettrait à gauche du petit jésus. Parce que Manuelito est à gauche, bien sûr. C’est grâce à ce genre de petits détails que, dans le monde de la grande métamorphose, on ne se perd pas tout à fait.

Jean-Marie Philibert

lundi 5 décembre 2016

ce qu'il aurait pu dire


Ce qu’il aurait pu dire

Pendant ces dernières années François Hollande nous a plus habitués au pire qu’au meilleur, son intervention du 1° décembre a quelque peu tranché, elle avait de la tenue. Mon mauvais esprit s’est plu à imaginer ce qu’il aurait pu dire… en pire.

Mes chers concitoyens, bonsoir, c’est François qui vous parle. Vous savez celui qui fait président normal, depuis quelque temps. Celui qui vous a fait quelques misères contre lesquelles vous regimbez en vain. Celui qui a un scooter et un pédalo. Celui qui parle trop aux journalistes du Monde. Et pas assez à la classe ouvrière. Celui qui vit des temps difficiles  dans ce palais de l’Elysée où les Brutus se multiplient pour me faire peur, pour que je rejoigne la Corrèze profonde, pour que je lâche les rênes d’un pouvoir que je n’ai jamais vraiment tenues.

Je doute

Je sens devant l’accumulation de pressions, de conseils, de critiques, d’hollandbashing qui prolifèrent que je dois parler. Je vous parle donc, mais c’est difficile parce qu’au moment où je vous parle, mon indécision naturelle ne m’a pas dit ce que je devais dire. Je doute, certes. Je sur-doute même.

Au fond, bien au fond,  je n’ai pas fait que des bêtises. Regardez Gattaz, il n’a jamais été aussi content. Ecoutez les patrons, ils rêvaient que l’on torde enfin le cou au code du travail, c’est fait. Regardez la droite, ils souhaitaient que je m’enlise dans une politique économique et sociale qui tournait le dos aux revendications des travailleurs (pour leur préparer le terrain sans doute), je me suis enlisé au-delà de toute espérance. J’ai déroulé le tapis rouge au plus à droite d’entre eux qui fut le premier surpris.

Reconnaissant

Même la Marine a de quoi être satisfaite, je lui ai laissé le créneau du discours populiste qui sent bon ses moules-frites ; et par moment j’ai même fait dans le racisme ambiant. C’était une erreur, sous le coup d’une émotion. Je m’en excuse. Mais elle a bien compris l’aide que je lui ai apportée. Je pense qu’elle, et tous les autres, m’en seront reconnaissants.

Mon naturel bonace me pousse toujours à aider mon prochain. C’est notre défaut majeur au parti socialiste, on veut toujours faire plaisir à tout le monde. Les seuls qui nous enquiquinent et qu’on n’écoute jamais ce sont les syndicalistes rouges et bornés. Beurk !

Etre ou ne pas être

Je cause, je cause, et je ne sais toujours pas où je vais. Je suis indéterminé, flottant, vague, nébuleux, flou… C’est quasiment philosophique. Comme Hamlet « Etre ou ne pas être … Partir ? Rester ? » Il me reste encore quelques lignes pour me décider. Profitons de ces instants de grâce où vous êtes pendus à mes lèvres, à mon visage, à mon air contrit, en vous demandant anxieusement « Il part ? Il reste ? ». Ces instants où vous m’écoutez enfin parce que vous avez compris que je ne vais pas parler pour ne rien dire. Ces moments où vous avez encore une fois peur que je vous déçoive.

Je sais, je sais, j’ai beaucoup déçu. Mais peut-être ce soir je  vous décevrai en vous annonçant que je…. ne sais pas encore. Cela ne devrait pas trop tarder. La page du TC se termine, les lecteurs du billet d’humeur de Philibert trouvent que ça suffit de tourner autour du pot.  Mes chers concitoyens, une conclusion s’impose… si peu que je me vois dans l’impossibilité de la formuler.

Pile ou face

Comment s’en tirer ?

Le hasard : Pile ou face…amstramsgam … une-souris-verte ?

L’engagement : cela me correspond si peu…

L’humour et la fuite : courage Fillon ! Ah ! Ah ! Elle est bonne n’est-ce pas ?

L’émotion : ne me quitte pas…

Ou bien le quotidien : ferme bien la porte en partant.

 Ça y est ! Je pars…

Jean-Marie Philibert

lundi 28 novembre 2016

l'ancien et le nouveau


L’ancien et le nouveau

Les aléas de l’histoire font que le moment que nous vivons ne semble pas fait pour nous transporter de joie, surtout si on sait d’expérience que les perspectives qui se dressent risquent d’y rajouter des couches d’austérité, d’inégalités, de coups portés à la démocratie, aux services publics, aux droits sociaux. Joie ou pas joie importent peu en fait… Méfions-nous du télescopage des sentiments et des réalités sociales et politiques. 

L’essentiel est dans notre capacité de résistance, dans notre capacité inassouvie à construire du neuf, là où beaucoup ne voient que des occasions providentielles de détruire peu à peu (ou rapidement) des pans entiers de notre monde commun issu des travaux et des luttes des femmes et des hommes. Pour restaurer l’ancien !

L’ancien ? Le nouveau ? Les medias (voir chapitre précédent) se complaisent à brouiller les pistes.

Les pistes brouillées

Construire du neuf ? Les deux duettistes de la droite vous jureront sur tous les tons, sur tous les saints, que là, dans la réforme moderne, libérale et totalement antisociale, réside la seule nouveauté possible, celle qui va redresser les comptes de la nation, combattre enfin le chômage et faire le bonheur de tous les nantis…et le vôtre. Juillon et Fippé vous assurent que ça va changer, qu’ils ont les bonnes réponses et que la casse des services publics, la réduction a minima des prestations sociales, des allocations-chômages, l’augmentation du temps de travail et les réductions de salaire sont des voies royales pour le progrès. C’est du nouveau… avec le « charme » de l’ancien … et toute la souffrance sociale qui y est attachée. Quant aux leçons tirées de l’expérience d’une crise qui a maintenant quelques décennies (l’inanité des remèdes qu’ils proposent et le naufrage social qui va avec), la lumineuse clarté de la voie royale vers l’avenir  qu’ils nous préparent semble les avoir définitivement aveuglés.

Le vieux d’jeun

Ils ne sont pas les seuls à vouloir faire du neuf avec du vieux. Il y a le vieux rance, raciste  et nauséabond du front national, mais dans l’actualité le vieux peut aussi avoir l’air jeune, et on peut même dire que la jeunesse est l’argument de vente central des produits Macron qui ressemblent souvent aux produits des duettistes, même si les choses sont dites de façon moins crue, plus d’jeun. Il s’est fendu d’un livre de plus de 200 pages, écrit par lui-même bien sûr, qu’il a intitulé sans rire « Révolution ». Mon dieu, j’ai peur devant tant de nouveautés et de bouleversements. Depuis son lancement, je tente de trouver dans la presse une évocation même succincte et rapide de ce qui pourrait changer. Que dalle ! Les vieilles recettes, la même tambouille ! Le jeune libéral à la trajectoire météoritique a déjà de l’arthrose.

La tentation du neuf

En tout cas l’arthrose n’est pas partout, la lucidité, la démocratie, le courage non plus et il en faut souvent pour faire du neuf. Regardez la décision prise dans le cadre d’une consultation nationale par les adhérents du PCF, appeler à voter Mélenchon à l’issue d’une débat interne vif et en prise directe avec des enjeux politiques majeurs. C’est d’autant plus ambitieux et courageux que le camarade Jean-Luc y a mis du sien pour rendre la situation compliquée, alors que dans ma petite tête j’avais le sentiment qu’une candidature unitaire vraiment de gauche pouvait ouvrir des perspectives nouvelles. Jean-Luc, il ne faut pas avoir peur de la nouveauté.

D’autres exemples

Trois autres exemples de nouveautés pur jus pris dans l’actualité.

 Ambroise Croizat, le ministre communiste qui, à la Libération,  a mis sur pied dans un pays appauvri par la guerre, mais enrichi par le sursaut progressiste et social de la résistance et de ses suites la sécurité sociale. Un film de Gilles Perret est sur les écrans actuellement La Sociale (Des valeurs dont nous manquons cruellement) qui raconte cette histoire. Il en narre les péripéties, évoque les acteurs, les difficultés et les adversaires, comme aujourd’hui. De la nouveauté à l’état brut à défendre absolument !

Comme celle qui émane d’une création musicale de Pierre Henry en 1967, écrite pour Maurice Béjart, pour le ballet « Messe pour le temps présent ». Rejouée à Perpignan, mercredi dernier, elle n’a pas pris une ride. La vraie nouveauté dure !

Comme durera dans la mémoire des Cubains, dans le souvenir de tous ceux qui pensent qu’un autre monde est possible, le souvenir de Fidel. Le neuf peut aussi essayer de  défier le temps. Il y parvient dans la mémoire des hommes. Et c’est heureux.

Jean-Marie Philibert.


lundi 21 novembre 2016

humeur sombre


Humeur sombre ?

Reprenons l’histoire où nous l’avons laissée lors du chapitre précédent, il était intitulé « Compliqué »  et il tentait d’y voir un peu moins sombre  dans les perspectives de l’élection présidentielle pour ce qu’on va appeler les forces de progrès. Il en reste et nous en sommes.

Et même nous sommes persuadés que la meilleure voie de sortie de la crise profonde que connaît notre société ne passe que par elles. Mais ça bloque quelque part, on pourrait mettre au pluriel quelques parts.

Qui mettre dans le clan des progressistes ? Sans doute pas ceux qui s’emploient avec obstination à organiser les reculs sociaux au prétexte que la seule gauche possible est celle du réalisme et des mamours au patronat. La volonté populaire ne semble pas exagérément travaillée par l’ambition de secouer le cocotier des renoncements programmés, même si existent des poches de résistance. Le tissu social est profondément tourneboulé au point de perdre tout souvenir et toute conscience et de se préparer à voir un parti fasciste en mesure de prétendre gouverner le pays. Je n’ai pas tout à fait le sentiment d’une conscience collective, lucide, de la dérive mortifère en gestation.

L’idéologie du renoncement

D’où viennent ces avalanches de difficultés ? Chacun y va de son couplet, de son « ressenti », comme on dit aujourd’hui. Mais ne tournons pas autour du pot : les dégâts du chômage ont imprégné depuis des décennies le tissu social au  point de le déliter, de transformer souvent les destins en vallées de larmes. Et il a sécrété, comme anesthésiant une idéologie du renoncement dans laquelle les medias ont vu une occasion rêvée (c’est le cas de le dire) de prendre le pas sur la vraie vie pour nous vendre dans tous les sens des termes de l’aliénation à l’état pur avec la bénédiction des patronats et des gouvernements sans la moindre retenue.

Nous aider à appréhender une situation économique en constante évolution, nous inciter à anticiper sur des évolutions en cours, nous éclairer sur les enjeux de développement qui peuvent s’y percevoir, nous rendre compte des débats politiques, intellectuels en mesure d’éclairer nos lanternes, laisser s’exprimer les opinions diverses qui traversent une société, les mettre en relation avec les classes sociales diverses qui la composent, ne pas systématiquement proscrire celui et ceux qui ne pensent pas bien. Sortir enfin du rôle de chien de garde d’un peuple immature qui ne sait ni ce qu’il dit, ni ce qu’il fait. Mais vous n’y pensez pas. Ce n’est pas pour rien que pendant longtemps à la télé on a parlé de chaînes.

Des bateleurs et des histrions.

Ce n’est pas le rôle des bateleurs et des histrions que de se soucier de l’intelligence politique, c’est même l’inverse, surtout s’ils sont grassement payés par les maîtres financiers du jeu qui ont lourdement investi pour que nous restions les plus couillons possible. C’est ce qu’ils font… bien !

Une nouvelle preuve : la couverture télévisuelle des futures élections présidentielles. C’est guignol à tous les étages. Regardez le tissu de sottises qui a accompagné la candidature de Macron dont le vide du discours est inversement proportionnel à la place accordée à l’écran. Comme si tout cela n’avait que l’ambition de nous distraire d’un quotidien nauséabond. Mettez en rapport avec le débat lancé par le PCF pour tenter de construire une démarche unitaire (vraiment) à gauche. Là c’est silence radio. Et vous aurez compris.

Des richesses à partager

Mais face à la déferlante médiatique, les efforts de ceux qui tentent de politiser l’intelligence et de s’attaquer ainsi aux racines d’un mal qui a pour nom les inégalités sociales sont d’autant plus utiles qu’ils vont à l’encontre d’une fatalité annoncée.  Les valeurs qui fondent la dignité des femmes et des hommes devraient elles passer par pertes et profits au bénéfice d’un « ordre nouveau » qui ressemble étrangement à un désordre ancien. Changer le monde, ce n’est pas ressortir les vieilles lunes. Mais se rassembler pour construire du progrès social… concrètement. Les richesses pour le faire sont là … à partager. Ils sont bien nombreux dans les médias, chez les patrons, leurs valets et leurs obligés, chez  les réactionnaires de tous poils, sur les phraseurs, les bonimenteurs, les yaka, les fauquons à tout faire pour nous en empêcher.

Jean-Marie Philibert.








lundi 14 novembre 2016

compliqué


Compliqué

La situation dans laquelle se trouve le parti communiste après la conférence nationale me laisse, au moins interrogatif, quelque peu perplexe et pas tout à fait serein. J’ai envie de vous en parler et de me colleter à un contexte… compliqué.

Nous avons un rapport trouble face à la complexité : quel que soit le domaine dans lequel nous la rencontrons, elle nous paralyse et en même temps suscite une avalanche d’interprétations, de réactions qui peuvent partir dans toutes les directions, elle nous rend peu enclin à l’écoute des autres et, autre constante, elle nous conduit presque inexorablement à croire à une solution miracle dont notre clairvoyance bien connue serait porteuse. Ya qu’à…

Un maelstrom de complexités

Observez la situation politique de notre pays à la veille d’élections présidentielles dont on sait tous qu’elles vont avoir une incidence majeure sur notre vie. Un maelstrom de complexités en tous genres. Complexité sur les candidats. Complexité sur les propositions qui ne sont jamais d’une lumineuse clarté. Complexité et incertitude quant aux décisions à prendre : le flou artistique et les lendemains qui déchantent .Complexité enfin dans la société qui semble se laisser embarquer dans une dérive extrême droitière, raciste, xénophobe aux antipodes de ses intérêts.

J’ai donc une pensée très émue pour mes camarades du PCF qui, après des débats multiples et variés dans les provinces,  ont consacré un week-end à peaufiner une stratégie qui prennent en compte tous les paramètres. D’abord la démarche démocratique. Ensuite les enjeux politiques, sociaux, économiques qui sont majeurs face à la montée de l’extrême droite, à la souffrance sociale qui ne cesse de s’aggraver, aux impasses dans lesquelles Hollande a engagé le pays, aux dogmes européens et internationaux qui nous enkystent dans les crises, à la sacro-sainte croyance dans un libéralisme échevelé dont il serait grand temps qu’on totalise les victimes avant de juger de sa viabilité. Enfin dernier paramètre essentiel, l’outil collectif, humain, apte à mettre en œuvre les choix opérés, l’organisation, le parti, le travail commun, solidaire, unitaire pour donner à l’orientation choisie la force de transformation sociale qui, depuis quelques lustres, nous manque.





Les Yakas

Le tout bien sûr dans un paysage lourdement occupé, y compris à gauche par tous ceux qui pensent que leur destin personnel, et /ou partisan, est un horizon indépassable, qu’ils ont seuls les bonnes clefs : ils n’envisagent l’unité que sous la forme du ralliement à leur auguste personne. Je les appellerai les yakas.

Actuellement, même si cela peut désespérer, Mélenchon est étonnamment de ceux-là. Il est curieux qu’un politique de son expérience  qui semble avoir des ambitions progressistes pour notre pays ne comprenne pas que son comportement est un obstacle sérieux à leur réalisation. A moins qu’il veuille limiter son action à occuper un champ politique où il pourrait régner sans conséquence pour un pouvoir qui lui réserverait une place médiatique d’histrion. Il ne faut donc pas trop compter sur lui pour simplifier la situation. A moins que la grâce de l’unité…

Compter sur nous et se rassembler

Il faut compter sur nous, non pas dans une tactique d’opposition fratricide entre des citoyens, des travailleurs, des jeunes, des moins jeunes  qui aspirent à ce que l’évocation du changement soit autre chose qu’un slogan aussi rituel qu’inefficace, à chaque campagne électorale, mais dans une démarche de rassemblement, de convergences, face aux périls qui menacent. Dans la volonté de peser sur des décisions politiques qui mettraient de la justice sociale, de l’emploi, des droits nouveaux, du pouvoir d’achat, des services publics efficaces, de la solidarité dans un monde qui les fait mourir à petit feu. Des notions si simples … On ne comprend pas qu’il faille en passer par les complexités qui pourraient nous submerger.

Quant au choix de l’impétrant, il est dans nos mains…Et c’est compliqué. Mais la voie du rassemblement n’est-elle pas inéluctable pour commencer à sortir de la spirale folle où nous risquons de nous perdre ? Je le pense.

Jean-Marie Philibert.

mardi 8 novembre 2016


Quand un papy dénigre les papys.

Dans un billet publié  sur internet JPA (alias Jean-Paul Alduy, ex de Perpignan et ex de la droite locale et du centre aussi) dit toute la flamme que suscite en lui l’ex-ministre de gauche, reconverti ailleurs (où ?), et peut-être futur candidat à l’élection présidentielle. JPA doit sans doute reconnaître un peu de la marque de fabrique de sa famille dans l’errance politique de l’ex banquier de chez Rothschild. Il met surtout l’accent sur la modernité du personnage qu’il a suivi en meeting à Montpellier, où il a chanté avec lui (non ! pas l’internationale) la marseillaise. Il lui permet de crier haro sur la gérontocratie dominante de la vie politique dont Juppé serait le papy-porte drapeau. Quant au contenu politique, il n’y en a pas, avoue-t-il. Seule compte la jeunesse… Et sans doute un petit coup de pub et d’esbroufe. Les vieux démons ne meurent jamais.