les billets d'humeur de Jean Marie Philibert dans le Travailleur Catalan

Jean Marie PHILIBERT ( c'est moi ) écrit toutes les semaines un billet d'humeur dans le TRAVAILLEUR CATALAN, hebdomadaire de la fédération catalane du PCF.
Je ne peux que vous conseiller de vous abonner à ce journal qui est aujourd'hui le seul organe de presse de gauche du département des Pyrénées Orientales.
J'ai rassemblé dans ce blog quelques uns de ces billets d'humeur en rappelant brièvement les événements qu'ils évoquent

dimanche 27 septembre 2020

DES COUPS SUR LA TETE

 

Des coups sur la tête !

 

Lors de ma dernière visite chez mon cardiologue préféré, il m’a interrogé sur la façon dont j’avais passé le confinement : devant mon affirmation de ne pas avoir trop souffert de l’épreuve, il m’a fait part de son inquiétude devant le nombre de patients qu’il rencontre et dont il a l’impression qu’ils ont pris un coup sur la tête, sans qu’ils en soient nécessairement conscients, sans qu’ils manifestent des troubles graves, pathologiques .

Je me dis que ces semaines hors sol, d’une vie qui n’en est plus tout à fait une, dans des villes désertes, à compter les malades et les morts tous les soirs à la téloche peuvent sûrement entraîner des conséquences  Une perturbation latente, une inquiétude diffuse, une humeur altérée,  un comportement surprenant, des propos hors sujets, un repli sur soi renforcé. Et moi qui fais le flambard, il ne serait peut-être pas impossible que le syndrome du Covid ne m’ait frappé la caboche ; comme il a touché beaucoup de ceux et celles qui ont eu à vivre cette période troublée.

Un peu d’oxygène

Le déconfinement qui fut plus tardif que prévu n’a pas effacé toutes les perturbations, même si on avait le sentiment d’un répit que la période estivale a permis de renforcer, mais avec la conscience que la bébête ne marquait que temporairement le pas. On l’aurait presque oubliée : les plus jeunes plus particulièrement qui prenaient des libertés avec les gestes barrières, et les pouvoirs publics qui semblaient aussi parfois fermer les yeux et avoir décidé de laisser s’engouffrer un peu d’oxygène dans nos vies

Une durée très indéterminée

Mais le virus est toujours là, les menaces qu’il fait peser sur notre santé, sur notre système de santé, sur nos habitudes de vie, sur notre vie sociale, culturelle, économique, politique sont toujours aussi prégnantes, nous cherchons à les préserver aussi normales que possible dans un contexte marqué par de lourdes incertitudes que les données médicales, scientifiques,  à ce jour, ne lèvent pas. La durée de tout ce barnum est totalement indéterminée, mais on est amené à se douter qu’elle risque de nous obliger à faire preuve de patience. D’où les risques de prendre des coups sur la tête, encore et toujours, en particulier pour tous ceux que la situation fragilise et ils sont nombreux.

Le pouvoir va parer au plus pressé, donner au patronat de quoi sauver ses meubles et même plus, saupoudrer sur le salariat et les autres de quoi ne pas sombrer tout à fait, répondre à l’immensité des besoins sociaux avec un lance-pierre et de belles paroles, laisser les services publics dans leur misère, réduire la parole démocratique à la portion congrue.

Les complices du virus

La bande à Macron-Castex et consort semble dans l’incapacité de comprendre que le virus qui perturbe nos existences a des complices nombreux qui se sont installés dans notre vie depuis belle lurette, qu’ils l’empoisonnent, et qu’il faut TOUS les combattre pour nous rendre vraiment le goût de vivre. Ce dont nous avons besoin pour relever la tête, pour regarder loin, c’est d’une vision d’avenir qui ne soit pas plombée comme celle d’aujourd’hui.

De multiples organisations dans une démarche unitaire parlent, décrivent, revendiquent la construction d’un JOUR D’APRES, différent, solidaire, exigeant. Il ne vous étonnera pas qu’elles soient plus à gauche que le pouvoir actuel, qu’elles prônent un vrai et équitable partage des richesses, plus de libertés, de démocratie. La confiance dans l’avenir est aussi une arme essentielle pour combattre les virus. Le remède, le vaccin ne seront pas que médicaux. Il y faut un traitement complet pour sortir du marasme et ne plus prendre des coups sur la tête.

Jean-Marie Philibert.

lundi 21 septembre 2020

vite

 

Vite

Je les ai écoutés attentivement. J’ai le sentiment que, lors de la journée d’action du 17 Septembre, les responsables syndicaux ont bien parlé , qu’ils ont dit l’essentiel sur la situation sociale, sur le plan de relance, sur la nécessité de renforcer toujours plus l’union des forces sociales, sur les formes de surdité du pouvoir, sur son incapacité à faire surgir d’une situation certes compliquée « un jour d’après » crédible. Il y a dans le discours syndical, et il le faut, tout le volontarisme pour faire face à quelque chose de totalement nouveau, dans un contexte inédit. Je mesure toute la difficulté de l’exercice et je remarque aussi que l’attention portée par les manifestants est plus grande que d’habitude, comme s’il y avait une attente.

Une complexité nouvelle

Parce que nous sommes confrontés à une complexité nouvelle avec le corona.

L’affrontement entre le monde du travail et celui du pouvoir économico-politique (en clair le pognon) n’a d’autre dessein que de faire toujours plus suer le burnous, que de renforcer sa domination et que de ne lâcher que ce qui permettra à la marmite de l’exploitation de poursuivre son « œuvre » sans exploser. Cet affrontement  se double aujourd’hui de multiples enjeux. Enjeux de santé publique, sur une échelle mondiale, avec des réponses diverses selon les lieux, et des évolutions imprévisibles, enjeux sur notre capacité scientifique à trouver la parade face à la bête, enjeux sur un nouveau civisme qui consiste à avoir des attitudes mutuelles et réciproques de protection.

Dans le même temps  une nouvelle conscience écologique s’est fait jour. Notre vulnérabilité est une nouvelle donne. La mondialisation économique apparaît pour ce qu’elle est : un piège qui nous désarme totalement. La crise économique ne fait que commencer. Les dégâts sur la situation de l’emploi sont attendus.

Dans la panade ?

Le monde d’avant nous a conduits dans la panade. Nous attendons « un monde d’après », objet de toutes les aspirations. Macron nous sort une réincarnation de Pompidou, sous les traits de Castex pour conduire une caravane, embourbée, qui me semble incapable d’avancer, avec eux, sur la voie des changements et des progrès indispensables pour le plus grand nombre.

De ce monde nouveau, ni la droite, ni son extrême, ni le ni-ni macronien, ni le pouvoir économico-financier, ni la bourgeoisie, aurait dit Karl, ne veulent, pour pouvoir, une fois le corona assagi, faire comme avant, en un peu plus pire, même. Observez comment dans nos temps troublés, ils poursuivent les uns et les autres leurs petits jeux politiques (et je te prépare les prochaines élections, et je poursuis mes réformes, et je te manœuvre tant et plus).

C’est trop lent

En face c’est aussi passablement compliqué. C’est pourtant le passage obligé pour nos espoirs. A gauche on se reparle, c’est déjà ça, mais les vieux démons veillent. Le souci de tirer pour soi les marrons du feu semble passer avant celui de s’unir dont tout progressiste véritable sait d’expérience qu’il est obligatoire. ON tergiverse donc ! ON disserte ! ON soutient les luttes ! Mais ON n’avance pas très vite. En tous cas pas à la vitesse qu’attend le peuple.

C’est pourtant ce que veulent les centaines de manifestants de PERPIGNAN, du 17, qui savent d’expérience que la lutte va continuer, qu’il faudra l’élargir, jusqu’à la rendre incontournable. S’y inscrivent les exigences de justice, de solidarité, de réponses tangibles aux besoins sociaux. Au TC notre choix est fait : il est impatient.

Vite ! L’avenir n’attend pas !

Jean-Marie Philibert.

mardi 15 septembre 2020

LA FACTURE

 

La facture     

 

« Quand tu fais le couillon, ne t’étonne pas d’avoir la note à payer ».

Ma Mémé n’a cessé de me le répéter et j’ai mis du temps à saisir la pertinence du propos malgré l’accumulation de factures que mes couillonnades adolescentes entraînaient sans rémission.

L’adage n’a pas d’âge et les péripéties de l’affrontement  avec une pandémie qui fait de la résistance nous démontrent s’il en était besoin que nous sommes tous concernés dès que nous... patinons grave du plus bas de l’échelle sociale au plus haut sommet de l’état.

 

Regardons l’historique.

N’insistons pas sur les premières étapes. « Même pas peur... C’est une grippette... C’est une bébête qui ne concerne que les chinois... Les masques ne servent à rien » Des sottises proférées avec suffisance par les plus hautes autorités. Et immédiatement, pour le vulgaire troupeau que nous sommes : la première facture très douloureuse de plus de huit  semaines de confinement, avec chaque soir le décompte des victimes et une économie en panne. Grâce à tous les humbles acteurs, les premiers de corvée,  d’une vie sociale qui ont fait que les choses ne soient pas pires nous nous en sortons. Le corona recule.

La facture a été salée, en monnaie sonnante et trébuchante pour Macron et sa clique qui avaient dit que quoi qu’il en coûte ils compenseraient les pertes du confinement. Ils ont trouvé le pognon pour se faire pardonner  leur incapacité à prendre la mesure des choses, à prévoir un nombre de masques suffisants pour affronter une pandémie imprévue, à avoir des tests aussi par exemple.

Gouverner n’est-ce-pas prévoir. ?

 

Enfin passons aux étapes suivantes.

Le corona circule toujours. Tout à l’euphorie d’un déconfinement si longtemps attendu, on passe dans les chaleurs estivales d’une pétoche sérieuse à une insouciance mesurée et même pour tous ceux que les atmosphères estivales secouaient à une euphorie coupable où on oublie le  covid. Même le Monsieur Déconfinement, par ailleurs maire de Prades devient Premier Ministre, c’est dire. La confiance est retrouvée, les masques sont là, les plages se remplissent, quelques petites restrictions n’empêchent pas la fête. Les discothèques restent fermées, mais les bistros se transforment en discothèques, avec la bénédiction de maires . Les pouvoirs publics tergiversent, ferment un peu les yeux, autorisent le Puy du Fou, mais freinent des deux fers le spectacle vivant et les festivals qui dérangent

La situation est sous contrôle. On a les masques et on les met nombreux, même si la frange des récalcitrants résiste. La contagion semble ralentir jusqu’au moment…où le corona sans doute vexé de voir qu’il nous fait moins peur se remet à faire des siennes, avec les plus jeunes maintenant. Les hôpitaux recommencent à se remplir, quelques classes, à peine ouvertes, sont fermées. Le gouvernement, par crainte d’avoir à payer une nouvelle facture, de faire de nouvelles bêtises, tient des discours alarmistes et se défausse sur les préfets des mesures à mettre en œuvre.

 

Et le citoyen lambda ?

Le citoyen lambda, lui, se dit qu’il va peut-être, et même sûrement, avoir à acquitter une nouvelle douloureuse que, sans doute, une attitude collective plus responsable aurait pu lui éviter.

Les temps sont difficiles, les inconnues très nombreuses, les vrais remèdes et vaccins restent à trouver. Le pouvoir ne veut pas entendre qu’il est impératif de construire un monde d’après, débarrassé de tous, (TOUS !) les virus qui nous empoisonnent la vie. Il y faudra de la patience, de la persistance, de la résistance. Une volonté populaire farouche. Et en même temps, une urgence immédiate, se protéger pour… réduire la facture.

Jean-Marie Philibert.

lundi 31 août 2020

 



la voie… la seule…

Perpignan, les municipales comme exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Je veux parler de l’union. Chacun a voulu jouer sa partition se croyant plus malin que les autres, les artisans de l’union ont été marginalisés et nous nous sommes pris Aliot dans la gueule.

Ici, mais aussi ailleurs, dans des temps compliqués, dans des difficultés sociales majeures, confrontés à des pouvoirs qui ont brouillé les pistes, comme les valeurs, pour tromper leur monde et surtout ne pas répondre aux besoins sociaux du plus grand nombre, les citoyens y ont perdu leur latin politique pour s’éloigner des urnes, pour chercher de nouveaux visages, pour s’enfermer dans le repliement sectaire, raciste ou pour ne plus croire en rien, en tout cas pour s’éloigner de la politique.

Eclaté

Le paysage politique est éclaté, la gauche socialiste  a gouverné à droite, la droite a parodié la pseudo-gauche, l’extrême droite s’est pris pour la droite et même plus, un petit malin et de  jeunes ( ?) ambitieux, mal latéralisés, ont rejoué la fable du ni-gauche, ni-droite. La situation confuse n’est pas que franco-française, ça bouillonne un peu partout et ça part dans tous les sens, en général plutôt à droite toute. Vous mettez dans la sauce un corona inconnu qui pimente le tout pour brouiller les esprits. Et vous vous retrouvez dans une panade telle que vous oubliez un fondement de la vie sociale et politique : l’unité, l’union. L’union à gauche toute.

Les difficultés

Dans les esprits, elle est la référence constante. Elle rappelle les moments importants où les convergences ont permis des avancées inattendues et dont nous vivons encore les bienfaits. Elle n’est pas facile à construire et elle cache des rivalités, des ambitions contraires, des enjeux de pouvoirs, pour celui ou celle qui pourrait en tirer les marrons du feu. La plupart ne la supporte qu’à sa botte.

 L’union ne se suffit jamais à elle-même : elle n’est pas une fin en soi. Elle n’aura de sens que dans la mesure où elle nous aidera à transformer le réel. Il n’est pas dit que, dans ce cadre-là, chacun ait l’ambition de jouer la plus grande transparence, le poker menteur est souvent la règle, refroidissant tous ceux qui ont une foi progressiste chevillé au cœur.

Il est de la dignité des forces politiques qui se réclament de ce progrès, social, écologique, transformateur de sortir la vie publique de l’ornière réactionnaire de laquelle elle ne peut pas s’extirper, de dépasser les déclarations d’intention, d’écouter l’aspiration, certes multiforme, mais néanmoins très profonde, de ne plus se laisser enfermer, enliser, dans un monde d’avant où il ne faut rien changer pour que le pire perdure.

Pour que le pire ne perdure pas

Il y faudra des concessions, de la patience, des palabres, mais surtout un engagement à dire ce que l’on peut et veut faire ensemble pour un monde du travail en souffrance, pour les salaires qui lui permettront de vivre décemment, pour les droits qui élargiront sa vie, pour les services qui la lui faciliteront, pour tous ceux qu’il est urgent de sortir de la marginalité. Pas avec des formules creuses, mais avec du tangible. Il y faudra aussi que ce monde du travail s’en mêle syndicalement avec le même souci  des convergences.

Je suis de ceux qui ont toujours cru la chose possible, souhaitable, et plus encore. Serais-je l’optimiste impénitent ?

A la fin de cet été un peu drôle, les cocos, les écolos, les socialos, les insoumis, les agités du progrès de toutes les couleurs et de toutes les écoles ne pourraient-ils pas nous faire avancer sur cette voie, la seule possible … pour un monde enfin juste C’est un sens obligatoire !

Jean-Marie Philibert

 

 

lundi 24 août 2020

le corona le corps et la tête

 

Le corona, le corps et la tête.

Le corona a fait des dégâts, c’est le propre (enfin c’est une façon de parler) d’une maladie, d’une épidémie, d’une pandémie de ne pas nous vouloir du bien et de nous rappeler ce que nous sommes. Je ne reviendrai pas sur la maladie elle-même, je n’ai aucune compétence pour en parler, si ce n’est ce que mes lectures et les media m’ont appris, sans aucune garantie sur la véracité du propos et l’immensité de nos ignorances.

Mon propos est de tenter de montrer que cette maladie n’est pas qu’organique, que cette épidémie ne s’attaque pas qu’à nos corps, mais aussi à nos tronches et à ce que nous avons, ou nous n’avons pas dedans. Je crains moi aussi sur ce terrain glissant de m’aventurer vers des terres peu sûres, mais je pense que j’ai quand même quelques arguments à faire valoir.

C’était avant

D’ailleurs cela a démarré, ici avant que les premiers cas n’apparaissent. Nous avions la grosse tête. « Même pas peur ! » Alors que la Chine se confinait, que le virus échappait au contrôle, au plus haut sommet de l’état, on se la jouait décontracté, on allait au théâtre, on faisait le kakou, on se voulait rassurant. J’ai même le souvenir d’un conseil des ministres, officiellement consacré à l’épidémie : il avait servi à décider d’utiliser le 49/3 pour faire passer le projet de réforme des retraites au Parlement. C’est dire si l’épidémie on s’en tamponnait le coquillard.

Il était plus urgent de purger nos droits que, par exemple, de regarder si l’on aurait des masques, si on serait en capacité de tester les malades, d’organiser les hôpitaux (qu’on avait auparavant mis en coupe réglée). La première forme que le corona a prise pour brouiller les esprits, y compris les plus puissants, fut donc le déni. Il s’agissait de détourner les yeux d’une réalité qui fâche. Ce déni n’a pas touché que nos dirigeants.

Ce fut pendant

La deuxième fut le contraire. Devant la menace, on ferme tout, on reste à la maison, on vide les villes, les villages. C’est la guerre… Et on le répète à satiété.  On compte les morts chaque soir. Jusqu’à pousser les gens qui étaient vos amis à descendre du trottoir et à passer le plus loin possible de vous quand ils vous rencontraient dans des villes désertes, où le microbe, le virus, la bébête pouvaient vous sauter dessus à la moindre inattention. Jusqu’à ne plus se parler, si ce n’est par ordinateur interposé. Jusqu’à interdire la moindre sortie à tous ceux qui pouvaient avoir les moindres risques et même ceux qui allaient à merveille. C’était la trouillomanie sévère. Cette seconde atteinte a touché tout un chacun, les récalcitrants étaient regardés de travers, passaient pour des diffuseurs de la pandémie.

Et maintenant

Cette trouillomanie est telle chez nos gouvernants qu’ils font  ce qu’ils n’ont jamais fait : ils distribuent du pognon à tout va, «  quoi qu’il en coûte », c’est dire s’ils sont perturbés.

Mais les atteintes psychologiques ne s’arrêteront pas en si bon chemin. Avec le déconfinement, le rapport au réel restera très problématique, après le déni et la trouille, place à la paranoïa : les masques que je n’ai pas eus, je ne les veux plus, ils ne servent à rien. J’ai eu la trouille, mais maintenant je fais n’importe quoi. Les rassemblements  de plus de 5000 personnes sont interdits, mais pas au Puy du Fou, bravo De Villiers, là le virus est gentil. Le spectacle vivant est sinistré, qu’il le reste, là le virus n’est pas gentil. Et puis Bachelot peut à elle seule faire le spectacle! Les élucubrations sur le complotisme, sur les rivalités des labos pharmaceutiques, sur les chercheurs crédibles et ceux qui ne le sont pas prolifèrent. Le tableau est très parcellaire Un zinzin complet. Et beaucoup d’embrouillamini mental… Pendant que le corona, ici comme ailleurs, circule.

Deux bonnes nouvelles quand même, nos personnels de santé, même mal traités, sont efficaces. Et nous avons enfin des masques et des tests. Il vaut mieux s’en servir. Et il suffit de parcourir les rues de nos villes pour se rendre compte qu’il y a beaucoup plus de gens lucides et masqués, que de crétins allumés.

Jean-Marie Philibert

 

lundi 20 juillet 2020

toujours les bons vieux remedes


La vaseline à l’ancienne…


Vous avez sans doute remarqué que de nombreux commentateurs politiques  ont fait et font de notre gloire politique locale, le maire de Prades propulsé aux plus hautes fonctions de l’état, un homme d’un autre temps. Jean Castex n’est pas un startupeur, à l’allure jeune et négligée, au verbe branché, à la décontraction absolue, à la mâchoire ambitieuse, un brin mal élevé  comme on en a vu des tonnes dans l’écurie Macron dont il ne semble pas partager l’aspiration à tout chambouler. Ma Mémé avait une expression parlante pour qualifier ce genre de personnages inaltérables au temps, mais profondément sécurisants, elle les trouvait « vieux jeu ». Et cela n’avait aucun rapport avec leur âge.
La preuve par Delahousse
Je trouve que l’expression lui va bien : la preuve par le journal d’Antenne deux de vendredi dernier où il est intervenu en compagnie de Laurent Delahousse. La différence d’âge entre les deux hommes n’est pas très grande, et pourtant  dans l’attitude, dans le verbe, dans la tenue, dans la gestuelle, dans le regard, un siècle, plusieurs républiques semblent les séparer. Delahousse s’agite sur son tabouret, a le visage en mouvement constant, regarde dans tous les sens, interrompt son interlocuteur, il a le toupet et le faux naturel qu’une vedette médiatique du 21° siècle doit avoir. Castex, lui, nous la joue en homme politique de la III° République, solidement campé sur son siège, le costume sombre très correctement boutonné, le visage et le regard figés sur le journaliste auquel il impose ses réponses qu’il développe jusqu’à leur terme, en articulant méticuleusement et sans tenir compte de l’impatience de son intervieweur. Il agrémente le tout d’un léger accent catalano-gersois qui sent bon le terroir et qui détonne quelque peu dans ce monde où il est impensable de ne pas parler pointu.
La France des territoires
Le terroir, le territoire, la France profonde, il est là pour ça, le Jean Castex, et la forme rejoint le fond. Après l’avoir méprisé, et avoir dû affronter des mois de luttes sociales (droit du travail, gilets jaunes, retraites..) que la violence policière a tenté de contenir au prix de plaies, de bosses et même un peu plus et d’atteinte à la démocratie, Macron tente d’utiliser la coupure de la pandémie, du confinement-déconfinement, pour s’inventer une nouvelle partition et tenter de sauver les meubles pour la prochaine présidentielle. Pour cela il lui faut un homme nouveau qui va incarner cette nouvelle proximité entre le peuple et le pouvoir : « La France des territoires, c’est la France de la proximité, à laquelle nous devons impérativement faire confiance… ».
Et il suffit ensuite de tartiner les vieilles rengaines : décentralisation… déconcentration… différenciation… Les réformes qui fâchent sont mises très momentanément sous le coude et on fait appel aux partenaires sociaux pour les convaincre de servir une nouvelle fois de caution à une manœuvre qui consiste à ne pas changer grand-chose, mais à laisser croire qu’on a quand même fait quelque chose pour éviter le pire et pour répondre à la demande sociale. Il se trouve malheureusement dans le syndicalisme français des adeptes de ce genre de contorsions. Heureusement pas tous.
Une recette très ancienne…
Reste la dernière étape : celle qui permettra ou pas la réussite de la manœuvre. Là on mesurera le talent de Jean Castex :  faire en sorte que l’on y croie, qu’on se laisse embrigader dans l’entourloupe qui consiste à renforcer un peu plus les inégalités, à concentrer un peu plus les richesses dans les poches de quelques-uns et que le bon peuple se lasse de secouer le cocotier !
Macron et ses sbires en rêvent et pour cela ils ne négligent aucune bonne et vieille recette, la vaseline par exemple est de celles-là. On vous abuse, mais en douce. Jean Castex ou la vaseline à l’ancienne…
Jean Marie Philibert

Castex un homme d'avant pour les temps d'après


A l’ancienne…


Vous avez sans doute remarqué que de nombreux commentateurs politiques  ont fait et font de notre gloire politique locale, le maire de Prades propulsé aux plus hautes fonctions de l’état, un homme d’un autre temps. Jean Castex n’est pas un startupeur, à l’allure jeune et négligée, au verbe branché, à la décontraction absolue, à la mâchoire ambitieuse, un brin mal élevé  comme on en a vu des tonnes dans l’écurie Macron dont il ne semble pas partager l’aspiration à tout chambouler. Ma Mémé avait une expression parlante pour qualifier ce genre de personnages inaltérables au temps, mais profondément sécurisants, elle les trouvait « vieux jeu ». Et cela n’avait aucun rapport avec leur âge.
La preuve par Delahousse
Je trouve que l’expression lui va bien : la preuve par le journal d’Antenne deux de vendredi dernier où il est intervenu en compagnie de Laurent Delahousse. La différence d’âge entre les deux hommes n’est pas très grande, et pourtant  dans l’attitude, dans le verbe, dans la tenue, dans la gestuelle, dans le regard, un siècle, plusieurs républiques semblent les séparer. Delahousse s’agite sur son tabouret, a le visage en mouvement constant, regarde dans tous les sens, interrompt son interlocuteur, il a le toupet et le faux naturel qu’une vedette médiatique du 21° siècle doit avoir. Castex, lui, nous la joue en homme politique de la III° République, solidement campé sur son siège, le costume sombre très correctement boutonné, le visage et le regard figés sur le journaliste auquel il impose ses réponses qu’il développe jusqu’à leur terme, en articulant méticuleusement et sans tenir compte de l’impatience de son intervieweur. Il agrémente le tout d’un léger accent catalano-gersois qui sent bon le terroir et qui détonne quelque peu dans ce monde où il est impensable de ne pas parler pointu.
La France des territoires
Le terroir, le territoire, la France profonde, il est là pour ça, le Jean Castex, et la forme rejoint le fond. Après l’avoir méprisé, et avoir dû affronter des mois de luttes sociales (droit du travail, gilets jaCastexunes, retraites..) que la violence policière a tenté de contenir au prix de plaies, de bosses et même un peu plus et d’atteinte à la démocratie, Macron tente d’utiliser la coupure de la pandémie, du confinement-déconfinement, pour s’inventer une nouvelle partition et tenter de sauver les meubles pour la prochaine présidentielle. Pour cela il lui faut un homme nouveau qui va incarner cette nouvelle proximité entre le peuple et le pouvoir : « La France des territoires, c’est la France de la proximité, à laquelle nous devons impérativement faire confiance… ».
Et il suffit ensuite de tartiner les vieilles rengaines : décentralisation… déconcentration… différenciation… Les réformes qui fâchent sont mises très momentanément sous le coude et on fait appel aux partenaires sociaux pour les convaincre de servir une nouvelle fois de caution à une manœuvre qui consiste à ne pas changer grand-chose, mais à laisser croire qu’on a quand même fait quelque chose pour éviter le pire et pour répondre à la demande sociale. Il se trouve malheureusement dans le syndicalisme français des adeptes de ce genre de contorsions. Heureusement pas tous.
Une recette très ancienne…
Reste la dernière étape : celle qui permettra ou pas la réussite de la manœuvre. Là on mesurera le talent de Jean Castex :  faire en sorte que l’on y croie, qu’on se laisse embrigader dans l’entourloupe qui consiste à renforcer un peu plus les inégalités, à concentrer un peu plus les richesses dans les poches de quelques-uns et que le bon peuple se lasse de secouer le cocotier !
Macron et ses sbires en rêvent et pour cela ils ne négligent aucune bonne et vieille recette, la pommade de perlinpinpin par exemple (ou plus vulgaire si vous voulez…) est de celles-là. On vous abuse, mais en douce. Jean Castex ou la pommade à l’ancienne…
Jean Marie Philibert