les billets d'humeur de Jean Marie Philibert dans le Travailleur Catalan
Je ne peux que vous conseiller de vous abonner à ce journal qui est aujourd'hui le seul organe de presse de gauche du département des Pyrénées Orientales.
J'ai rassemblé dans ce blog quelques uns de ces billets d'humeur en rappelant brièvement les événements qu'ils évoquent
dimanche 18 octobre 2020
samedi 17 octobre 2020
COLERE ET SOLIDARITE ABSOLUES
Colère et
solidarité absolues
Les évènements se bousculent et nous bousculent.
Tragiquement ! Le dernier en date : l’assassinat d’un professeur
d’histoire par un fanatique islamiste. Il avait osé évoquer en classe la
liberté d’expression, de pensée et utiliser pour cela les caricatures de
Mahomet.
Le contexte
Il survient dans un contexte de couvre-feu éminemment
anxiogène, où se multiplient au prétexte d’état d’urgence les atteintes aux
libertés et les déclarations martiales alors que ce que l’on sait de la
pandémie en cours n’est toujours que parcellaire. Avec la conscience… et la
crainte que les choses durent, continuent à perturber nos vies et profitent à
tous les contempteurs de la démocratie (ils ne sont pas qu’à l’extrême droite)
pour lui rogner les ailes.
Quant à l’efficacité des mesures préconisées présentées comme
la seule voie possible… je crains… parce
que j’ai peu de confiance dans ce gouvernement, dans ce président, dans cette
majorité.
J’ai comme le sentiment qu’ils ne sont pas en capacité de
prendre la mesure des choses, de leur gravité, de leur étendue, de leur enjeu
et cela dans tous les domaines.
Y compris celui, central, de l’éducation !
L’incurie
On pourrait les aligner, ces mesures : devant l’extrême
pauvreté qui menace des pans entiers de la société et qui, sous les effets de
la crise économique et sociale, ne peut que s’aggraver, quelques centaines
d’euro jetées, par-ci, par-là, pour les plus démunis. Les entreprises (les
patrons, quoi !), se partageront l’essentiel d’un magot de dingues (qu’on
avait bien caché), au nom bien sûr de l’efficacité économique du plan
d’urgence.
Les riches doivent le rester (et même un peu plus) et les
pauvres aussi bien sûr. « En même temps » comme ils disent chez
Macron. Il est urgent que rien ne change.
L’idée d’un monde d’après, différent, les dépasse totalement,
d’où l’enfermement dans les certitudes du monde d’avant, les services publics
pressurés, les besoins sociaux niés, les lits dans les hôpitaux fermés, la
petite tambouille politicienne pour tromper son monde et faire durer son
pouvoir, à droite évidemment.
Je ne veux pas oublier les embrouillaminis politiques et
idéologiques, comme celui sur le « séparatisme », en fait l’islamisme
radical, ou pas, je ne saurais dire, puisqu’il y a de l’embrouille, qui n’ont
pour effet que de troubler les esprits et d’enkyster des crises profondes au
sein d’une société éclatée qui n’a surtout pas besoin de ça.
Un
fantassin de l’émancipation
Faire son travail de professeur dans ce contexte est
difficile, dangereux, évoquer la liberté de pensée, d’expression, courageux,
voire téméraire, diront certains qui ont peur que la marmite explose. D’autant
plus que ceux qui ont la responsabilité de l’institution ne font rien, n’ont
rien fait pour rendre la tâche facile. Si ce n’est prodiguer des discours
démagogiques, hors sol. Relisez tous les discours de Blanquer depuis la rentrée
et vous aurez une illustration de l’incurie gouvernementale
En face, sans protection, honneur à notre camarade, fantassin
de la démocratie, acteur de l’émancipation !
Engagé, comme le personnel médical, comme les premiers de
corvée, comme les fonctionnaires, comme tous ceux/celles qui poussé(e)s par
leur civisme, leur conscience, poursuivent un travail qu’ils/elles savent mal
payé au service d’un bien collectif.
Parce qu’il y va de leur dignité et qu’on ne transige pas
quand ce que nous construisons en commun est menacé.
Jean-Marie Philibert.
lundi 5 octobre 2020
ACTEUR DE SON TEMPS
Acteur de son temps
Dans ces temps troublés pour cause de covid, où les
incertitudes prolifèrent, où les pouvoirs publics donnent le sentiment de
naviguer à vue et où les discours de vérité semblent aux abonnés absents, il
est heureux d’entendre des paroles qui
tranchent avec la morosité ambiante, non pas parce qu’elles nous enferment dans
un optimisme béat et inconscient, mais bien au contraire parce qu’elles nous
amènent à regarder le réel.
La question
du temps
L’occasion m’en fut donnée lors d’une des récentes émissions
littéraires sur France 5, « La grande librairie » qui évoquait le
dernier livre de Gisèle Halimi , écrit peu de temps avant sa disparition et
présenté par la journaliste qui l’avait questionnée et accompagnée dans cette
tâche,« Une farouche liberté », un ouvrage de Laure Adler « La
voyageuse de nuit » et un livre de souvenir de Philippe Labro
« J’irai nager dans plus de rivières ». Des auteurs d’un âge certain.
Mon propos n’est pas de faire un travail critique sur ces ouvrages : je
n’ai lu que le livre de Gisèle Halimi et j’y ai pris un plaisir fort, en même
temps qu’une leçon de vie. Pour les autres je me contenterais d’évoquer ce qui
en a été dit. Cela m’a semblé suffisamment riche pour consacrer mon humeur de
la semaine à ce qui fait le quotidien, la vie, l’interrogation des humains que
nous sommes : la question du temps, du temps qui passe, de ses effets, de
ses inquiétudes et de ses espoirs, et donc la question de la vieillesse que
l’on donne aujourd’hui le sentiment de ne plus savoir appeler par son nom.
Des
euphémismes
Il y a eu le troisième âge, les personnes âgées, les ainés,
les séniors… Il y a la silver économie… Il y a la dépendance… Il y a dans la
bouche de Castex, « les papys et les mamies qui ne pourraient plus aller
chercher les petits enfants à l’ècole »… Il y a les personnes à risques…
Et j’en passe… Un ghetto idéologique (mais pas que…) dans lequel le jeunisme
ambiant donne parfois l’impression de vouloir contenir sa propre angoisse du
temps. Le monde médiatique qui n’est jamais en retard d’une turpitude peut s’il
le faut en rajouter sur l’opposition entre des retraités copieusement nourris
par leur pension et les jeunes confrontés aux réalités du chômage. Il y a même
des responsables politiques qui échafaudent des projets pour réduire les
retraites et faire payer les vieux… au nom de la justice bien sûr !
Se dire
vieux/vieille
Le témoignage de Gisèle Halimi, son attachement viscéral à la
lutte des femmes, son engagement contre le colonialisme, sa farouche
obstination à ne jamais abdiquer devant les attaques contre sa/la liberté, la
poursuite de son combat jusqu’au terme de sa vie, sans la moindre concession
aux vicissitudes de l’âge sont des signes forts. Le temps ne fait rien à
l’affaire et il importe bien moins que la fidélité à ce qu’on est, ce qu’on
croit, ce qu’on veut pour la liberté et le bonheur des femmes et des hommes.
Laure Adler confirme avec fougue cette même conviction qu’il
est important de s’affirmer pour ce qu’on est, de ne pas chercher à tromper son
monde et à se tromper soi-même, qu’il n’y pas d’autres choix que de se dire
vieux/vieille quand on l’est. Elle se moque gentiment de Philippe Labro,
aimable octogénaire, qui semble gêné par
l’expression et qui préfère se dire mûr que vieux. Et elle retrouve la réplique
que Simone Signoret faisait à propos de
Montand : « Moi, je vieillis, lui, il mûrit » La
société est sans doute, en la matière, plus dure avec les femmes qu’avec les
hommes.
Mais le rapport au temps reste rude, il importe d’y faire
face avec dignité et courage sans se prendre pour Superman ou Supermamy, en
citoyen exigeant et solidaire, en acteur de son temps !
Jean-Marie Philibert.
dimanche 27 septembre 2020
DES COUPS SUR LA TETE
Des coups
sur la tête !
Lors de ma dernière visite chez mon cardiologue préféré, il
m’a interrogé sur la façon dont j’avais passé le confinement : devant mon
affirmation de ne pas avoir trop souffert de l’épreuve, il m’a fait part de son
inquiétude devant le nombre de patients qu’il rencontre et dont il a
l’impression qu’ils ont pris un coup sur la tête, sans qu’ils en soient
nécessairement conscients, sans qu’ils manifestent des troubles graves,
pathologiques .
Je me dis que ces semaines hors sol, d’une vie qui n’en est
plus tout à fait une, dans des villes désertes, à compter les malades et les
morts tous les soirs à la téloche peuvent sûrement entraîner des
conséquences Une perturbation latente,
une inquiétude diffuse, une humeur altérée,
un comportement surprenant, des propos hors sujets, un repli sur soi
renforcé. Et moi qui fais le flambard, il ne serait peut-être pas impossible
que le syndrome du Covid ne m’ait frappé la caboche ; comme il a touché
beaucoup de ceux et celles qui ont eu à vivre cette période troublée.
Un peu
d’oxygène
Le déconfinement qui fut plus tardif que prévu n’a pas effacé
toutes les perturbations, même si on avait le sentiment d’un répit que la
période estivale a permis de renforcer, mais avec la conscience que la bébête
ne marquait que temporairement le pas. On l’aurait presque oubliée : les
plus jeunes plus particulièrement qui prenaient des libertés avec les gestes
barrières, et les pouvoirs publics qui semblaient aussi parfois fermer les yeux
et avoir décidé de laisser s’engouffrer un peu d’oxygène dans nos vies
Une durée
très indéterminée
Mais le virus est toujours là, les menaces qu’il fait peser
sur notre santé, sur notre système de santé, sur nos habitudes de vie, sur
notre vie sociale, culturelle, économique, politique sont toujours aussi
prégnantes, nous cherchons à les préserver aussi normales que possible dans un
contexte marqué par de lourdes incertitudes que les données médicales, scientifiques, à ce jour, ne lèvent pas. La durée de tout ce
barnum est totalement indéterminée, mais on est amené à se douter qu’elle
risque de nous obliger à faire preuve de patience. D’où les risques de prendre
des coups sur la tête, encore et toujours, en particulier pour tous ceux que la
situation fragilise et ils sont nombreux.
Le pouvoir va parer au plus pressé, donner au patronat de
quoi sauver ses meubles et même plus, saupoudrer sur le salariat et les autres
de quoi ne pas sombrer tout à fait, répondre à l’immensité des besoins sociaux
avec un lance-pierre et de belles paroles, laisser les services publics dans
leur misère, réduire la parole démocratique à la portion congrue.
Les
complices du virus
La bande à Macron-Castex et consort semble dans l’incapacité
de comprendre que le virus qui perturbe nos existences a des complices nombreux
qui se sont installés dans notre vie depuis belle lurette, qu’ils
l’empoisonnent, et qu’il faut TOUS les combattre pour nous rendre vraiment le
goût de vivre. Ce dont nous avons besoin pour relever la tête, pour regarder
loin, c’est d’une vision d’avenir qui ne soit pas plombée comme celle
d’aujourd’hui.
De multiples organisations dans une démarche unitaire
parlent, décrivent, revendiquent la construction d’un JOUR D’APRES, différent,
solidaire, exigeant. Il ne vous étonnera pas qu’elles soient plus à gauche que
le pouvoir actuel, qu’elles prônent un vrai et équitable partage des richesses,
plus de libertés, de démocratie. La confiance dans l’avenir est aussi une arme
essentielle pour combattre les virus. Le remède, le vaccin ne seront pas que
médicaux. Il y faut un traitement complet pour sortir du marasme et ne plus
prendre des coups sur la tête.
Jean-Marie Philibert.
lundi 21 septembre 2020
vite
Vite
Je les ai écoutés attentivement. J’ai le sentiment que, lors
de la journée d’action du 17 Septembre, les responsables syndicaux ont bien
parlé , qu’ils ont dit l’essentiel sur la situation sociale, sur le plan
de relance, sur la nécessité de renforcer toujours plus l’union des forces
sociales, sur les formes de surdité du pouvoir, sur son incapacité à faire
surgir d’une situation certes compliquée « un jour d’après » crédible.
Il y a dans le discours syndical, et il le faut, tout le volontarisme pour
faire face à quelque chose de totalement nouveau, dans un contexte inédit. Je
mesure toute la difficulté de l’exercice et je remarque aussi que l’attention
portée par les manifestants est plus grande que d’habitude, comme s’il y avait
une attente.
Une
complexité nouvelle
Parce que nous sommes confrontés à une complexité nouvelle
avec le corona.
L’affrontement entre le monde du travail et celui du pouvoir
économico-politique (en clair le pognon) n’a d’autre dessein que de faire
toujours plus suer le burnous, que de renforcer sa domination et que de ne
lâcher que ce qui permettra à la marmite de l’exploitation de poursuivre son
« œuvre » sans exploser. Cet affrontement se double aujourd’hui de multiples enjeux.
Enjeux de santé publique, sur une échelle mondiale, avec des réponses diverses
selon les lieux, et des évolutions imprévisibles, enjeux sur notre capacité
scientifique à trouver la parade face à la bête, enjeux sur un nouveau civisme
qui consiste à avoir des attitudes mutuelles et réciproques de protection.
Dans le même temps une
nouvelle conscience écologique s’est fait jour. Notre vulnérabilité est une
nouvelle donne. La mondialisation économique apparaît pour ce qu’elle
est : un piège qui nous désarme totalement. La crise économique ne fait
que commencer. Les dégâts sur la situation de l’emploi sont attendus.
Dans la
panade ?
Le monde d’avant nous a conduits dans la panade. Nous
attendons « un monde d’après », objet de toutes les aspirations.
Macron nous sort une réincarnation de Pompidou, sous les traits de Castex pour
conduire une caravane, embourbée, qui me semble incapable d’avancer, avec eux,
sur la voie des changements et des progrès indispensables pour le plus grand
nombre.
De ce monde nouveau, ni la droite, ni son extrême, ni le
ni-ni macronien, ni le pouvoir économico-financier, ni la bourgeoisie, aurait
dit Karl, ne veulent, pour pouvoir, une fois le corona assagi, faire comme
avant, en un peu plus pire, même. Observez comment dans nos temps troublés, ils
poursuivent les uns et les autres leurs petits jeux politiques (et je te
prépare les prochaines élections, et je poursuis mes réformes, et je te
manœuvre tant et plus).
C’est trop
lent
En face c’est aussi passablement compliqué. C’est pourtant le
passage obligé pour nos espoirs. A gauche on se reparle, c’est déjà ça, mais
les vieux démons veillent. Le souci de tirer pour soi les marrons du feu semble
passer avant celui de s’unir dont tout progressiste véritable sait d’expérience
qu’il est obligatoire. ON tergiverse donc ! ON disserte ! ON soutient
les luttes ! Mais ON n’avance pas très vite. En tous cas pas à la vitesse
qu’attend le peuple.
C’est pourtant ce que veulent les centaines de manifestants
de PERPIGNAN, du 17, qui savent d’expérience que la lutte va continuer, qu’il
faudra l’élargir, jusqu’à la rendre incontournable. S’y inscrivent les
exigences de justice, de solidarité, de réponses tangibles aux besoins sociaux.
Au TC notre choix est fait : il est impatient.
Vite ! L’avenir n’attend pas !
Jean-Marie Philibert.
mardi 15 septembre 2020
LA FACTURE
La
facture
« Quand
tu fais le couillon, ne t’étonne pas d’avoir la note à payer ».
Ma Mémé n’a cessé de me le répéter et j’ai
mis du temps à saisir la pertinence du propos malgré l’accumulation de factures
que mes couillonnades adolescentes entraînaient sans rémission.
L’adage n’a pas d’âge et les péripéties de
l’affrontement avec une pandémie qui
fait de la résistance nous démontrent s’il en était besoin que nous sommes tous
concernés dès que nous... patinons grave du plus bas de l’échelle sociale au
plus haut sommet de l’état.
Regardons
l’historique.
N’insistons pas sur les premières étapes. « Même
pas peur... C’est une grippette... C’est une bébête qui ne concerne que les
chinois... Les masques ne servent à rien » Des sottises proférées avec
suffisance par les plus hautes autorités. Et immédiatement, pour le vulgaire
troupeau que nous sommes : la première facture très douloureuse de plus de
huit semaines de confinement, avec
chaque soir le décompte des victimes et une économie en panne. Grâce à tous les
humbles acteurs, les premiers de corvée, d’une vie sociale qui ont fait que les choses
ne soient pas pires nous nous en sortons. Le corona recule.
La facture a été salée, en monnaie sonnante
et trébuchante pour Macron et sa clique qui avaient dit que quoi qu’il en coûte
ils compenseraient les pertes du confinement. Ils ont trouvé le pognon pour se faire
pardonner leur incapacité à prendre la
mesure des choses, à prévoir un nombre de masques suffisants pour affronter une
pandémie imprévue, à avoir des tests aussi par exemple.
Gouverner n’est-ce-pas prévoir. ?
Enfin
passons aux étapes suivantes.
Le corona circule toujours. Tout à l’euphorie
d’un déconfinement si longtemps attendu, on passe dans les chaleurs estivales d’une
pétoche sérieuse à une insouciance mesurée et même pour tous ceux que les atmosphères
estivales secouaient à une euphorie coupable où on oublie le covid. Même le Monsieur Déconfinement, par
ailleurs maire de Prades devient Premier Ministre, c’est dire. La confiance est
retrouvée, les masques sont là, les plages se remplissent, quelques petites
restrictions n’empêchent pas la fête. Les discothèques restent fermées, mais
les bistros se transforment en discothèques, avec la bénédiction de maires .
Les pouvoirs publics tergiversent, ferment un peu les yeux, autorisent le Puy
du Fou, mais freinent des deux fers le spectacle vivant et les festivals qui
dérangent
La situation est sous contrôle. On a les
masques et on les met nombreux, même si la frange des récalcitrants résiste. La
contagion semble ralentir jusqu’au moment…où le corona sans doute vexé de voir
qu’il nous fait moins peur se remet à faire des siennes, avec les plus jeunes
maintenant. Les hôpitaux recommencent à se remplir, quelques classes, à peine
ouvertes, sont fermées. Le gouvernement, par crainte d’avoir à payer une
nouvelle facture, de faire de nouvelles bêtises, tient des discours alarmistes
et se défausse sur les préfets des mesures à mettre en œuvre.
Et le
citoyen lambda ?
Le citoyen lambda, lui, se dit qu’il va
peut-être, et même sûrement, avoir à acquitter une nouvelle douloureuse que,
sans doute, une attitude collective plus responsable aurait pu lui éviter.
Les temps sont difficiles, les inconnues très
nombreuses, les vrais remèdes et vaccins restent à trouver. Le pouvoir ne veut
pas entendre qu’il est impératif de construire un monde d’après, débarrassé de
tous, (TOUS !) les virus qui nous empoisonnent la vie. Il y faudra de la
patience, de la persistance, de la résistance. Une volonté populaire farouche.
Et en même temps, une urgence immédiate, se protéger pour… réduire la facture.
Jean-Marie Philibert.
lundi 31 août 2020
la voie… la
seule…
Perpignan, les municipales comme exemple de ce qu’il ne faut
pas faire. Je veux parler de l’union. Chacun a voulu jouer sa partition se
croyant plus malin que les autres, les artisans de l’union ont été marginalisés
et nous nous sommes pris Aliot dans la gueule.
Ici, mais aussi ailleurs, dans des temps compliqués, dans des
difficultés sociales majeures, confrontés à des pouvoirs qui ont brouillé les
pistes, comme les valeurs, pour tromper leur monde et surtout ne pas répondre
aux besoins sociaux du plus grand nombre, les citoyens y ont perdu leur latin
politique pour s’éloigner des urnes, pour chercher de nouveaux visages, pour
s’enfermer dans le repliement sectaire, raciste ou pour ne plus croire en rien,
en tout cas pour s’éloigner de la politique.
Eclaté
Le paysage politique est éclaté, la gauche socialiste a gouverné à droite, la droite a parodié la pseudo-gauche,
l’extrême droite s’est pris pour la droite et même plus, un petit malin et
de jeunes ( ?) ambitieux, mal
latéralisés, ont rejoué la fable du ni-gauche, ni-droite. La situation confuse
n’est pas que franco-française, ça bouillonne un peu partout et ça part dans
tous les sens, en général plutôt à droite toute. Vous mettez dans la sauce un
corona inconnu qui pimente le tout pour brouiller les esprits. Et vous vous retrouvez
dans une panade telle que vous oubliez un fondement de la vie sociale et
politique : l’unité, l’union. L’union à gauche toute.
Les difficultés
Dans les esprits, elle est la référence constante. Elle
rappelle les moments importants où les convergences ont permis des avancées
inattendues et dont nous vivons encore les bienfaits. Elle n’est pas facile à
construire et elle cache des rivalités, des ambitions contraires, des enjeux de
pouvoirs, pour celui ou celle qui pourrait en tirer les marrons du feu. La
plupart ne la supporte qu’à sa botte.
L’union ne se suffit
jamais à elle-même : elle n’est pas une fin en soi. Elle n’aura de sens que
dans la mesure où elle nous aidera à transformer le réel. Il n’est pas dit que,
dans ce cadre-là, chacun ait l’ambition de jouer la plus grande transparence,
le poker menteur est souvent la règle, refroidissant tous ceux qui ont une foi
progressiste chevillé au cœur.
Il est de la dignité des forces politiques qui se réclament
de ce progrès, social, écologique, transformateur de sortir la vie publique de
l’ornière réactionnaire de laquelle elle ne peut pas s’extirper, de dépasser
les déclarations d’intention, d’écouter l’aspiration, certes multiforme, mais
néanmoins très profonde, de ne plus se laisser enfermer, enliser, dans un monde
d’avant où il ne faut rien changer pour que le pire perdure.
Pour que le pire ne perdure pas
Il y faudra des concessions, de la patience, des palabres,
mais surtout un engagement à dire ce que l’on peut et veut faire ensemble pour
un monde du travail en souffrance, pour les salaires qui lui permettront de
vivre décemment, pour les droits qui élargiront sa vie, pour les services qui
la lui faciliteront, pour tous ceux qu’il est urgent de sortir de la
marginalité. Pas avec des formules creuses, mais avec du tangible. Il y faudra
aussi que ce monde du travail s’en mêle syndicalement avec le même souci des convergences.
Je suis de ceux qui ont toujours cru la chose possible,
souhaitable, et plus encore. Serais-je l’optimiste impénitent ?
A la fin de cet été un peu drôle, les cocos, les écolos, les
socialos, les insoumis, les agités du progrès de toutes les couleurs et de
toutes les écoles ne pourraient-ils pas nous faire avancer sur cette voie, la
seule possible … pour un monde enfin juste C’est un sens obligatoire !
Jean-Marie Philibert

