les billets d'humeur de Jean Marie Philibert dans le Travailleur Catalan

Jean Marie PHILIBERT ( c'est moi ) écrit toutes les semaines un billet d'humeur dans le TRAVAILLEUR CATALAN, hebdomadaire de la fédération catalane du PCF.
Je ne peux que vous conseiller de vous abonner à ce journal qui est aujourd'hui le seul organe de presse de gauche du département des Pyrénées Orientales.
J'ai rassemblé dans ce blog quelques uns de ces billets d'humeur en rappelant brièvement les événements qu'ils évoquent

lundi 23 mai 2016

utile et necessaire


Possible et nécessaire



Les propos les plus justes, les messages les plus convaincants,  les leçons de la vraie vie ne viennent pas toujours de là où on devrait les entendre et les attendre.

Des « responsables » politiques, économiques ou autres, tout confits de leur légitimité qu’ils considèrent comme inébranlable, nous assènent souvent avec la plus haute autorité des « vérités » qu’ils exposent comme incontournables et imparables. Les outils modernes de communication font le nécessaire pour nous remplir le crâne de ce qu’il  serait grand temps de considérer comme un immense foutage de gueule. Ecouter par exemple tout ce qui se dit sur le thème de la réforme, la réforme remède miracle  à toutes nos difficultés, il faut réformer le code du travail, les retraites, la sécurité sociale, les collèges, l’état, l’impôt, et tout baignera enfin dans un monde idyllique. Il faut gagner moins, travailler plus, fermer sa gueule et penser peu, peu, peu. Si vous ne partagez pas cette foi aveugle dans le catéchisme social-libéral, vous serez voué aux gémonies, vous deviendrez le renégat, le paria d’un monde qui n’a pas besoin de mécréant. L’état d’urgence aidant, on vous enverra quelques CRS, nouveaux messagers de la vérité officielle, vous taper sur la tronche pour que l’idéologie dominante vous rentre bien dans la tête. De Sarkozy à Hollande, nous avons eu droit à tous les spécimens de donneurs de leçons, convaincus qu’ils sont seuls dans le vrai.

Pas là où ils le disent

Et nous avons résisté, et nous avons douté, et nous avons hésité, et nous avons insisté, et nous nous sommes rassemblés, et nous avons manifesté, crié, et nous nous sommes engagés. Et les choses donnent un peu le sentiment que ça bouge, que la vraie vie n’est pas là où ils le disent. Elle n’est pas dans l’abnégation devant les idoles dorées, elle n’est pas plus dans l’acceptation du moins pire pour éviter le plus pire. Elle est à la fois dans nos portefeuilles maigrichons et dans nos consciences riches d’espoirs, pour nous, mais aussi et peut-être surtout pour les générations qui suivent. Basta l’avenir plombé.

La vraie vie, elle est dans la volonté forcenée d’aller au bout de nos questions, de nos ambitions, de notre besoin d’affirmer haut et fort ce que nous voulons.

Et ces derniers jours, l’actualité, mais aussi le hasard, m’ont confronté à des formes, à des mots, qui l’évoquent. Et j’ai envie de vous les faire partager. Ce sont des artistes qui nous parlent.

La parole des artistes

Commençons par la plus surprenante, il s’agit de la « vraie vie » selon Antoni Tàpies, peintre catalan, de renommée internationale, décédé en 2012, à l’âge de 88 ans. Il a sa fondation à Barcelone et il a souvent exposé ses œuvres dans le département. Actuellement le musée des Abattoirs à Toulouse organise une rétrospective qui retrace son parcours, depuis les débuts de son œuvre, engagée contre le franquisme, jusqu’aux grands «  tableaux » de la maturité. Je mets tableaux entre guillemets parce que  nous sommes aux antipodes du tableau tel qu’il peut être admis et attendu, nous sommes dans le tableau recouvert de sable, retourné, déchiré, nous sommes dans les chiffons, nous sommes dans les signes élémentaires, dans les rares dessins improbables qui nous interrogent sur le sens de la création, sur la part de négation, de rejet de l’académisme, de vérité toute faite qu’il y a au fond de toute recherche créative. Sur la démonstration vivante et concrète qu’il n’y a pas de vérité vraie sans invention absolue. Sans concession à l’ordre dominant. C’est ce que je retiens de la confrontation avec ses œuvres.

Le cinéma, la vie…

Le deuxième exemple vient d’un autre vieux monsieur, bien vivant, il traite du cinéma, mais il fait du cinéma pour nous parler de la vie. Il a obtenu la palme d’or au festival de Cannes pour son film « Moi, Daniel Blake ». Il est britannique, il s’appelle Ken Loach. La force et la vérité de son message balaient tous les artifices. Le destin de son personnage menuisier de 59 ans contraint d’arrêter de travailler après une crise cardiaque lui fait dire : « Le monde dans lequel nous vivons se trouve dans une situation dangereuse… Les idées  que nous appelons néolibérales risquent de nous amener à la catastrophe…. Ce sont les gens les plus vulnérables qui ont le plus souffert… et on leur dit que s’ils sont pauvres c’est de leur faute… Il faut dire qu’un autre monde est possible et même nécessaire »

La vraie vie est aux antipodes de l’ordre dominant.

Jean-Marie Philibert.

lundi 16 mai 2016

moi président


Dire la vérité

Dans mes nuits d’insomnie, je rêve d’un monde où nous serions condamnés à ne pas pouvoir travestir pensées, intentions, ambitions. Où toute forme de tartufferie serait impossible. Où nous pourrions laisser parler sans contrainte y compris nos ambitions les plus noires, nos projets les plus fous. La vie politique en particulier en serait certes bouleversée, puisqu’il y faut le plus souvent décoder, interpréter, traduire les propos lénifiants qui en constituent l’essentiel des discours, pour derrière l’artifice des mots et des formes dévoiler des enjeux réels qui nous concernent au premier chef.

L’anaphore revisitée

C’est ma forme à moi du détecteur de mensonge. Vous vous souvenez sans doute, lors du débat Hollande-Sarkozy de 2012, de la célèbre  tirade et anaphore « Moi, Président » où le François, il nous promettait monts et merveilles. J’ai envie de vous la re-proposer après l’avoir fait passer à la moulinette de mes insomnies et de quelques vérités douloureusement constatées.

Voilà ce que cela pourrait donner : toute ressemblance avec des faits existant ou ayant existé serait totalement fortuite bien sûr.

Hollande, avec dans la voix le timbre de la sincérité :

« Moi, Président, je m’engage à rien et surtout au pire…

Moi, Président, je vais vous surprendre…

Moi, Président, la gauche n’y retrouvera plus ses petits, petits, petits, petits. Elle est bonne n’est-ce pas. J’ai de l’humour…

Moi, Président, je m’assiérai sur les droits sociaux et je laisserai le code du travail en miettes.

Moi, Président,  je doterai le parc automobile de l’Elysée d’un magnifique scooter pour aller voir ma copine.

Moi, Président, les ministres de finances seront autorisés à pratiquer un sport qui leur était interdit jusque-là, la fraude fiscale.

Le bisou à Gattaz

Moi, Président, j’irai tous les soirs, avant qu’il ne s‘endorme faire un bisou à Gattaz pour qu’il passe la meilleure nuit possible.

Moi, Président, je mépriserai au plus haut point les élus du peuple auxquels le 49-3 me permettra d’imposer ce que je veux.

Moi, Président, les CRS seront autorisés à taper comme des sourds sur les manifestants, et surtout sans sommation.

Moi, Président, je n’écouterai jamais ce que disent les syndicats, surtout ceux qui voient rouge, qui pensent rouge.

Le rouge interdit

Moi, Président, j’interdirai le rouge.

Moi, Président j’enterrerai pour des siècles l’idée même du progrès social.

Moi, Président, les jeunes passeront  immédiatement du lycée à la maison de l’emploi.

Moi, Président, je ferai des libertés publiques une chimère et de la précarité la pierre angulaire de la condition humaine puisque le travail, quand il y en a, sera sans foi, ni loi.

Moi, Président, je réformerai l’école de telle sorte qu’il n’en reste pas grand-chose et surtout pas quelques lumières d’intelligence.

Moi, Président, le parti socialiste risque de ne pas y survivre, mais c’est pas grave…

Moi, Président, vous pouvez acheter des stocks d’aspirine, vous allez souffrir.

Moi, Président… Moi, Président…. Moi, Président, … Sortez les mouchoirs »

Le plus grand risque de tout cela n’est pas dans les mensonges politiques ; nos consciences peuvent y résister et nous avons appris à payer le prix de notre lucidité. Le plus grand risque est dans le rejet par le peuple, par la jeunesse, par les classes laborieuses comme on disait, de l’engagement dans les choses publiques. Mais ce qui se passe ces jours-ci, dans les rues, les entreprises, les services,  montre que ce n’est pas le cas.

Jean-Marie Philibert.

mercredi 11 mai 2016

la page n'est plus blanche


La page n’est plus blanche

Et si je vous faisais rentrer dans les coulisses de la fabrication d’un TC. Dans la littérature, au théâtre, cela se pratique souvent, ça fait moderne… Pourquoi pas le journalisme : soyons moderne au TC.

Ce matin mardi 10 mai, je reçois un SMS inquiet de la camarade, et néanmoins amie, qui est aux manettes du TC de la semaine ; il doit être bouclé au plus tard mercredi à midi. « Je n’ai pas reçu ton article. Est-ce normal ? Peux-tu me rappeler car j’ai une page blanche… Bise » Il est vrai que je ne suis pas dans le tempo habituel, mon week-end a été toulousain, le lundi a été consacré à des tâches associatives. Il me reste le mardi pour m’attaquer à la page blanche qui perturbe la rédac-en chef à laquelle j’assure qu’elle aura ma copie dans les heures qui suivent. Et vous voyez déjà que la page blanche s’est noircie de quelques lignes. On avance !

J’hésite

J’ai, j’avais, une ambition : revenir sur la laïcité et la polémique qui s’est emparée des sphères gouvernementales entre laïcards pur jus qui font une fixette sur l’islam et son expansion dans la société française (Valls en fait partie, sans doute pour se dédouaner de ses renoncements dans d’autres domaines) et laïques plus softs qui ne veulent pas se laisser entraîner dans une démarche forcenée visant à marginaliser un peu plus encore les populations qui se reconnaissent dans la religion musulmane. Mais j’hésite devant l’ampleur du sujet, la difficulté à me construire une conviction à faire partager et le peu de temps qui me reste.

 Et puis l’actualité est encore une fois pleine de choses qui me parlent et dont j’ai envie de parler. Réservons donc la laïcité pour des numéros prochains et revenons à quelques-uns de nos personnages fétiches.

Nos fétiches

Ainsi Madame Pampamcucul, vous avez deviné il s’agit de Josiane Chevalier, Madame la Préfète qui nous quitte pour l’Essonne. Nous avions souligné son goût prononcé pour la campagne catalane, nous avions tenté de la convaincre qu’au-delà du pittoresque, c’est ici aussi terre de lutte et de combat. Nous avions peu apprécié qu’elle tente sans grands résultats d’ailleurs d’imposer aux manifestations et aux manifestants qui défilent sans contrainte depuis des décennies des tracasseries inutiles, d’où le sobriquet dont nous l’avions affublée. Mais parce qu’elle est femme de dialogue, d’ouverture, nous voulons l’assurer de notre sympathie et lui souhaiter bonne chance dans ses nouvelles fonctions.

Autre victime potentielle de mon humeur : Emmanuel Macron, qui nous la refait, façon Jeanne d’Arc, à Orléans, sans doute avec l’innocence en moins. Tout occupé qu’il est à accélérer le glissement à droite d’un gouvernement qui ne demande que cela, ne voilà-t-il pas qu’il remet en cause l’impôt sur la fortune (une horreur pour ceux qui en ont) et qu’il a besoin de la sainte pucelle  parce qu’elle incarne si bien la France ; lui il incarne plutôt la toute-puissance du pognon. Son passage chez Rothschild l’a définitivement déformé.

Don juan, Casanova et Tartuffe

Mon retard à l’allumage dans la rédaction de ce billet d’humeur me laisse le temps de consacrer quelques lignes à un gugusse qui fait l’actualité du jour : jusque-là il n’était pas connu du grand public, mais en un jour c’est la gloire… médiatique…parce qu’il n’a pas compris qu’une femme qui se refuse à lui est dans son droit, qu’il est inutile d’insister connement, qu’il n’est pas nécessairement facile de jouer les personnages de Casanova ou Don Juan, serait-on député écolo et vice-président de l’Assemblée Nationale. La bistouriquette et la cuistrerie font souvent bon ménage. La suite au prochain numéro…

La page se noircit, la rédac-chef va pouvoir souffler. Il me reste une dernière victime. Après Casanova et Don Juan au petit pied, nous avons eu à PERPIGNAN, lors des cérémonies du 8 Mai, commémorant la victoire alliée contre le nazisme, le fascisme, le pétainisme, la visite de Madame Tartuffe, alias Marine Le Pen. Elle a pourtant été élevée dans la négation des valeurs de la résistance, dans la conviction que les camps étaient un détail de l’histoire, ici elle fait le contraire. Je ne sais pas si les morts nous voient, nous observent et nous jugent. Si c’est le cas, ceux de la seconde guerre mondiale que le monument aux morts des Platanes honore ont dû se dire en la voyant parader au premier rang que nous n’étions plus tout à fait dignes d’eux en ne réagissant pas face à une telle palinodie.

Jean-Marie Philibert

dimanche 1 mai 2016

eh oh


Eh ! Oh !...

« Eh ! Oh ! La gauche… » Vous avez sans doute suivi la campagne publicitaire  dont ce slogan est l’emblème et qui doit, (devrait ?), avoir la vertu de redorer la cerise du gouvernement, de regonfler Hollande et accessoirement de nous faire un peu rigoler (si peu). Pour rigoler un peu plus, il faudrait ajouter une suite du genre «  Eh ! Oh !  La gauche… est morte et le PS l’enterre », ou bien « Eh ! Oh ! La gauche pourquoi viens-tu si tard ? » Ou encore « Eh ! Oh ! La gauche…une grande victoire sur Alzheimer, le PS retrouve la mémoire… »

Le foutage de gueule

Dans le contexte qui est le nôtre : surdité absolue à toutes les demandes sociales, mise en discussion au Parlement de la Loi Travail qui n’a d’autre ambition que de casser le code du travail, violence  policière pour faire taire la réprobation d’une ampleur inégalée depuis des années, coups portés à la démocratie sous prétexte d’état d’urgence qui n’en finit pas, poursuite des mamours en tous genres avec la patronat et les nantis de tous poils, cet appel quasiment désespéré à la gauche, à ce qu’elle peut représenter tient uniquement du foutage de gueule et doit être traité pour ce qu'il est. Quand toute pensée politique se limite à la pratique de l’interjection, pour ne pas totalement désespérer, il faut rire.

Donc comme au TC, le foutage de gueule ça nous connaît un brin, je me permets de suggérer quelques campagnes médiatiques et publicitaires, qui mises en œuvre avec les moyens colossaux de l’état et notre pognon pourraient, si ce n’est offrir un avenir politique à Hollande (je crains que ce soit mission impossible), au moins agrémenter quelque peu les mois qu’il nous reste à le supporter.

Allons-y gaiment.

« Eh ! Oh ! Hou ! Hou ! Snif ! Snif »… C’est le chœur des pleureuses qui processionnent dans les couloirs de l ’Elysée…

 Pendant que François n’en pouvant plus parcourt la cour du palais en tous sens à la recherche de ce qui pourrait lui permettre de fuir … ses responsabilités : « Eh ! Oh ! Où j’ai mis mon  scooter ? »

Une seule obsession l’habite (vous avez bien lu l’habite), retrouver son oxygène, son réconfort et vivre enfin « Eh ! Oh ! Julie, pourquoi la vie c’est pas comme le cinéma ? »

Pendant ce temps sur toutes les radios un leitmotiv « Eh ! Oh ! François, Tu dors ? »  Comme le meunier de la chanson, mais ton moulin à toi il ne tourne que pour Gattaz. Pour toute réponse le continuum d’un ronflement profond.

Les seconds couteaux tentent des sorties désordonnées : « Eh Oh Manuel… A gauche… A gauche. Pas à droite. » Tu as été mal latéralisé… 

Une boussole, enfin

« Eh ! Oh ! Macron tu n’as pas perdu que la gauche et la droite … Tu as perdu le nord ! »  Et la boussole ! Tu crois qu’on va te suivre ? Tu peux toujours rêver ! 

Et puis en vrac, entendu dans l’armée hollandaise : « Eh ! Oh ! Pourquoi les gens sont méchants ?... » Ils n’ont aucune reconnaissance. « Eh ! Oh ! La justice, le progrès, la démocratie… beurk ! » Les vieilles lunes n’ont plus cours. Une seule solution : non ! Pas la révolution, vous n’y pensez pas ! Pas la révolution ! Mais  «Eh ! Oh ! Le pognon ! »

En face, une rumeur monte des poitrines qui ont défilé le 28 Avril, le 1° Mai à Paris, à Carcassonne, à Perpignan et à Saint-Laurent de Cerdans, vieille cité ouvrière qui n’oublie jamais de commémorer la fête du travail, une rumeur qui dit que le peuple d’ici, d’ailleurs, exige d’être entendu. Une rumeur, la nuit, et le jour aussi. Une rumeur faite de dignité et de persévérance : « Eh ! Oh ! Debout !… » Tout de suite ! Tous ! Tous…

Jean-Marie Philibert.

mardi 19 avril 2016

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Le journalisme politique fait, le plus souvent, davantage dans l’affirmation, la dénonciation claire et directe que dans le questionnement. Il faut convaincre dans l’expression péremptoire d’un point de vue, avec l’ambition de le faire partager, avec la conviction que ce que l’on dit est juste, vrai, incontestable (choisissez le mot qui vous va). Dans les moments d’incertitude on inclura bien quelques formules pour nuancer le propos, mais toujours le moins de doute possible, et surtout pas de questions franches susceptibles de faire appel à l’esprit trop critique de votre interlocuteur. Au pire des formules interronégatives  qui donnent la réponse dans la question du genre : François Hollande n’a-t-il pas l’obligation de réformer la France. La seule réponse  possible et attendue : mais oui ! bien sûr ! En chœur, reprenons.

Mon esprit retors et le contexte des Nuits-debout qui nous invitent à prendre la parole m’incitent à changer de registre et à vous proposer un billet d’humeur plein de ?????????,  par lesquels passent  (peut-être, qui sait ?) les sorties de la crise profonde, sociale, économique, politique, culturelle qui nous assaille. Des questions pour changer la vie, comme on disait, fa tems !

Première série 

 Les puissants, le sont-ils ? S’engager, tu rigoles ?-Y-a-t-il quelque chose à ramasser ? Construit-on son avenir le cul sur une chaise ?  Le syndicalisme est-il rouge ou décoloré ? La gauche respire-t-elle encore ? 0ù as-tu mis le pognon ? Marine Le Pen, un leurre ? Les CRS sont-ils de gentils garçons ou de grosses brutes ? Pourquoi les ministres ressemblent-ils tant à des jésuites ? La primaire à gauche, autre chose qu’un piège à c… ?

Deuxième série

 Où sont le parti socialiste et ses députés locaux, Aylagas ?, Cresta ? Olive ? Dans les choux ? A la pêche ? Pourquoi les renseignements généraux ne voient-ils qu’un manifestant sur deux ou sur trois, maladie des yeux, ou manque de courage ? Pourquoi la Préfète préfère-t-elle les balades dans la campagne aux manifestations de rue ? Le social-libéralisme : une nouvelle forme de décervelage ? « Allumer des étoiles »: à quoi pensent-ils au pc ? Ils ont fumé, et pas des gauloises ?

Troisième série

 Concurrence ou justice ? Rêve ou illusion ? Pourquoi rien ne change quand tout change ? Te prends-tu pour un philosophe ?  Fuir ? Le capitalisme est-il moralisaple ? Régulaple ? Présentaple ? Jetaple ? Quand la finance pleure, pourquoi faut-il consoler cette … ingrate ? Des banques riches au cœur d’un peuple pauvre : normal ? La démocratie erre entre le cimetière et le musée et vous ne vous inquiétez pas ? Il y avait l’état-providence, il y a l’état de merde et nous, nous en serions ? Le PCF est-il renouvelaple ?

Quatrième et dernière série provisoire

Pourquoi tout le monde n’a-t-il pas le même projet de s’en mettre plein les fouilles ? Pourquoi faire simple quand il est si simple de faire compliqué ? Chacun et chacune, est-ce tous ? Ou un peu plus ? Servir ou se servir ? Le peuple, hors champ, mais pas hors souffrance ? Le peuple, la classe ouvrière et son parti, prince moderne selon Gramsci, peuvent-ils soulever le monde ? Nos capacités de résistance sont-elles infinies ? Croire en l’avenir ? Avons-nous le temps ? Le désir ? Qui sait ?

Jean-Marie Philibert.

lundi 11 avril 2016

Des anges


Des anges

Dans les tréfonds de mes souvenirs, il en est un lié à l’éducation catholique rigoureuse qui me fut donnée dès mon plus jeune âge. La référence à Marie dans mon prénom me mettait sous la protection de la vierge et, très tôt, j’ai eu à subir des cours de catéchisme, dès l’école maternelle, chez les « bonnes » sœurs,  où un prêtre tout vêtu d’une impressionnante soutane noire venait nous parler de jésus … et de sa bande. J’ai au fond de ma mémoire le souvenir de sa grosse voix nous expliquant que notre âme était toute blanche et pure tant que nous ne faisions pas de péché, mais qu’à partir du moment  où on faisait des bêtises, où on n’était pas gentil, où on n’écoutait pas sa maman, son papa,  où on oubliait ses prières, elle se criblait de taches noires qui la métamorphosaient en quelque chose de monstrueux qui nous éloignait d’un paradis où dieu et ses anges nous attendaient. Et nous rêvions tous de devenir des anges.

En ce qui me concerne cette vocation angélique n’a pas dépassé les limites de l’adolescence. Les frasques de ma jeunesse ont eu raison, je crains de façon irréversible, de la blancheur de mon âme.L’âge adulte a considérablement teinté en rouge vif les tâches qui la dénaturaient et m’a éloigné durablement du paradis.

Le paradis

Mais l’actualité de la semaine dernière m’apprend que l’aspiration au paradis est restée une constante, que le relatif déclin de la religion catholique, de ses pratiques, de son influence n’a pas éteint ce besoin de vivre dans ce monde sans entrave où on peut copiner avec les anges très-très loin des contingences matérielles.

En effet dans ces paradis-là (fiscaux, paraît-il qu’il faut les appeler), on perd son identité, ses titres, sa position sociale pour être un numéro, un chiffre, un code. On n’est plus rien. Et on a même des gens très gentils qui pour trois-francs-six-sous, en cas de besoin vous prêtent leur nom. Mais on garde tout, et surtout, tout le pognon : la proximité avec les divinités en tous genres qui peuplent ces lieux magiques fait que très souvent le pognon fait des enfants, de très nombreux enfants. Ces enfants sont protégés par la sainteté des lieux et viennent enrichir la famille des opulents. Et le plus beau des miracles, la superbe réussite de l’entreprise surnaturelle, tient à l’incognito dont vous êtes parés et qui vous libère à tout jamais des regards concupiscents du fisc, des états, des envieux, des pauvres.

Le pognon travaille pour vous

Vous êtes libres et puissants ! Vous n’avez plus à travailler.  Le pognon travaille pour vous.

Suprême altruisme : il arrive même qu’en travaillant pour vous il participe à un fonds d’investissement qui va donner un travail précaire et mal rémunéré à de pauvres hères qui n’auront qu’à remercier la providence divine et le saint patronat. Mais du sein de votre paradis, vous veillez à ce que la manne reste toujours aussi inégalement répartie : les complices que vous avez placés aux commandes sur terre savent que l’austérité, la pénurie, la souffrance sociale, l’injustice et le corsetage de la démocratie sont des armes imparables qui incitent à accepter l’inacceptable.

Des happy few

Là où vous êtes, vous côtoyez ce qui se fait de mieux dans des genres divers : chefs d’états sans conscience, barons de la drogue, stars du ballon rond… Vous êtes les happy few d’un monde où il est de plus en plus difficile d’être happy. Et vous en jouissez sans vergogne. Quand on se rend compte que vous avez mis la main dans le pot de confiture, vous jouez les surpris, les timides, les maladroits. Mais je sens bien qu’au fond de vous-mêmes vous pensez que vous n’avez fait que ce que tout fortuné aurait fait à votre place : se gaver et surtout ne pas partager et surtout ne pas payer d’impôts, ces horreurs, ces abominations. Vous croyez dur comme fer à votre angélisme. La preuve : aucun d’entre vous n’a dit qu’il restituerait à la collectivité les sommes détournées. Le pardon et la contrition sont à ce prix. Mais vous ne voulez pas connaître.

Pour résumer : les tâches noires de votre âme ont la forme, la couleur, l’odeur des dollars et, dans les paradis … fiscaux, les anges ne sont que des fripouilles.

Jean-Marie Philibert.

mardi 5 avril 2016

du sérieux... que diable !


La semaine dernière, le 1° avril,  le Travailleur Catalan annonçait l’adhésion de Jean-Luc Mélenchon à la Fédération Catalane du PCF. Cette information fracassante a éveillé chez moi un petit délire dont le TC de vendredi se fera l’écho

Du sérieux ! Que diable !

Je m’amuse à imaginer la tête de notre camarade, Francis Daspe, responsable départemental du PG, à la lecture du précédent TC qui annonçait en une et en page 3 l’adhésion  du lider maximo du PG, Jean-Luc Mélenchon au Parti communiste français et qui plus est à la fédération catalane de ce parti. Une belle prise ! Le propre d’un poisson d’avril est d’avoir toutes les apparences de la vérité, d’être crédible et de s’accompagner de détails tangibles qui le rendraient indiscutable, s’il était avéré : c’est à cause de cela qu’on peut s’y laisser prendre et croire l’incroyable.

Nous savons par une indiscrétion que ce fut le cas chez notre sympathique Francis, vendredi dernier, quand il a reçu son hebdomadaire préféré, le TC.

Jean-Luc, reviens !

« Oh ! Putain ! Le con ! Il nous lâche ! Des mois et des mois de travail pour rien, pour en arriver là. Après tout le mal qu’il nous a fait dire et penser de ce parti sur lequel on pouvait s’essuyer les pieds,  aller à la soupe sans nous avertir. Le monde s’effondre pour moi, ma vie n’a plus de sens… Jean-Luc, reviens ! »

Et ne pouvant plus y tenir, de prendre d’une main rageuse son portable, et de composer le numéro d’un Jean-Luc adoré, dont il sent qu’il lui échappe.

« -Allo, Jean-Luc, qu’est-ce que j’apprends dans le TC d’aujourd’hui ? Tu adhères au PCF… Tu nous lâches, tu nous abandonnes, nous qui t’avions tout donné. Ici, c’est la stupeur !»

Et l’autre, un peu machiavélique et pince sans rire aussi, qui a tout de suite compris de quoi il retourne, de continuer dans la même veine que le TC. Une occasion de tester le Francis.

U-NI-TE

« -Oui, Francis, j’ai beaucoup réfléchi et hésité. Le Parti de gauche reste groupusculaire, le Front de gauche est malade, Il n’est plus possible de parler d’unité et de pratiquer la division. L’heure est grave : le gouvernement est aux abois, Hollande ne sait plus où il couche (au propre, au figuré). Le parti socialiste est au bord de l’implosion. Le monde du travail, à travers la loi Khomry, subit une attaque qui peut le ramener des décennies en arrière. Le peuple semble se réveiller. Et nous, nous continuerions comme avant, la petite tambouille partisane et un tantinet anticommuniste. Il faut, à gauche, une nouvelle radicalité, sans concession, sans arrière-pensée, sans compromis. A la gauche de la gauche, finies les divisions sans fins, finis les j’ai-raison-tout-seul. U-NI-TE, camarade ! Et je veux donner l’exemple. Dans l’histoire, y a-t-il eu de grands moments unitaires sans le PCF. J’en ai tiré toutes les conséquences, quitte à perturber les quelques démons trotskistes qui m’habitent encore.

-Mais Jean-Luc… un changement si brutal… si inattendu…

-Francis ! La classe ouvrière peut-elle attendre ?  Nous avons rendez-vous avec l’histoire ! Et quand on a un lider maximo de ma trempe, on ne se pose pas de question, on le suit !

-Je te suis Jean-Luc ; je téléphone immédiatement au TC pour leur annoncer mon adhésion. 

-Non ! Non ! Attends quelques jours, sinon ils vont prendre la grosse tête au TC !»

C’était un épisode de la série : « Les soubresauts de l’histoire peuvent manquer de sérieux ».

Jean-Marie Philibert.