les billets d'humeur de Jean Marie Philibert dans le Travailleur Catalan

Jean Marie PHILIBERT ( c'est moi ) écrit toutes les semaines un billet d'humeur dans le TRAVAILLEUR CATALAN, hebdomadaire de la fédération catalane du PCF.
Je ne peux que vous conseiller de vous abonner à ce journal qui est aujourd'hui le seul organe de presse de gauche du département des Pyrénées Orientales.
J'ai rassemblé dans ce blog quelques uns de ces billets d'humeur en rappelant brièvement les événements qu'ils évoquent

mardi 16 mai 2017

ave macron

cela a plusieurs mois et reste plus vrai que jamais

Ave Macron

Je te salue Ma…cron : tu es l’idole des réacs de tous poils Qui te vouent un culte aveugle. Comme à la Marie du pitit zésus… Mais pour moi tu n’es que la calamité des calamités ! Certes ton teint lisse, ton sourire insipide et ton look d’enfant sage Pourraient donner le change. Ta présence dans un gouvernement socialiste devrait laisser croire Que tu sais que la droite et la gauche ne sont pas du même côté. Ton passage par la banque Rothschild doit rassurer Tous ceux qui connaissent la valeur de l’argent. Ton parcours sans faute est le signe qu’une bonne étoile veille sur toi. Une étoile cousue d’or ! La preuve, tout le pognon ramassé chez les Rothschild. Je te salue Macron, tu es plein de grâce, de charme ! Tu fais rêver les midinettes ! Mais moi, je ne te supporte plus ! Et j’ai besoin de te le dire, à toi,  A tous ceux qui votent tes lois, A tous ceux qui ont perdu le nord et leur gauche en même temps. A tous ceux qui se taisent, qui se couchent pour préserver leur plat de lentilles. A ceux qui t’ont donné une parcelle de ce pouvoir qui te brûle les doigts Et qui nous fait souffrir pour un long temps. Tu n’es pas béni, ni entre les femmes, ni entre les hommes. La seule bénédiction qui puisse t’être accordée est celle du Medef, Pour lequel, tel Ducros, tu te décarcasses sans cesse. Tu es derrière le pacte de responsabilité, derrière le CICE. Ton dieu s’appelle Gattaz. Et le fruit de tes entrailles est une loi qui veut déverrouiller le travail En cassant toujours un peu plus son code. Ton ambition est en fait d’escagasser les travailleurs. Je te salue Macron, Comme on le dit à ceux dont il nous tarde qu’ils se cassent Très loin des pauvres pécheurs que nous sommes, Qui sauront, s’il le faut, te pousser, toi et les tiens, vers la sortie. Je te salue Macron, Tu as besoin de toute urgence de prendre une leçon d’humanité. Amène avec toi la clique de ceux qui ne veulent pas comprendre Que ce monde-ci nous appartient ! Ave ! Tchao ! Adeu ! Goodbye ! Salut ! Adieusiatz !

Jean-Marie Philibert

lundi 15 mai 2017

humeur, cinema et optimisme


Humeur, cinéma et optimisme

L’avalanche électorale : primaires à droite, puis à gauche ( enfin tout près de la droite), puis turbulences et turpitudes multiples et variées, avant un premier tour fait de surprises et de déconvenues prévisibles (Mélenchon commençant sa mue en matamore) , enfin un second tour où pour éviter le pire on vote un peu moins pire. Et depuis l’un peu moins pire se prend pour le roi au Louvre, pense que si on a choisi sa pomme, il le doit à son génie, sa grandeur, sa précocité, sa lucidité. Il nous la joue grand homme avec l’aide des caméras complaisantes et des cireurs de pompes qui semblent avoir trouvé leur nouvel icône. Je suis certain qu’il faudra revenir à ce feuilleton, mais accordons-nous un répit auprès de l’humanité vraie. Paradoxalement je l’ai rencontré au cinéma : les images ne sont pas toujours trompeuses.

A voix haute La force de la parole

Passe sur les écrans un documentaire de Stéphane De Freitas, intitulé A VOIX HAUTE LA FORCE DE LA PAROLE : c’est un vrai moment de bonheur et de vérité qui mérite notre détour.

Depuis 2013 a lieu chaque année le concours « Eloquentia » qui désigne, parmi les étudiants de l’Université de Saint-Denis qui s’y préparent, « le meilleur orateur du 93 ». Le film de Stéphane De Freitas suit une cohorte d’étudiants, issus de tous les cursus qui s’y préparent, qui s’y affrontent accompagnés par des professionnels (avocats, slameurs, comédiens…). Is leur enseignent le difficile exercice de la prise de parole en public, les enjeux personnels, sociaux,  politiques de l’exercice, sa dimension rhétorique bien sûr, mais aussi, et peut-être avant tout, le défi psychologique que représente l’ambition de se révéler, en même temps, aux autres et à soi-même. De dévoiler la riche part d’humanité dont ils sont porteurs. Il y aura un vainqueur dont nous partagerons la joie exubérante et digne, mais l’émulation, la complicité, la solidarité, la détermination qui les animent les amènent tous à se dépasser et provoquent chez le spectateur une empathie qui va croissant avec le suspens bien construit que le réalisateur instaure pour nous faire vivre le verdict.

Un regard métamorphosé

Après un tel documentaire le regard porté sur la banlieue, comme sur l’immigration, est métamorphosé : c’est de la vraie vie, même si elle n’est pas rose tous les jours. Les échappées sur les familles de plusieurs protagonistes ne cachent rien de leurs difficultés sociales. Nous sommes aux antipodes des discours médiatiques habituels. Bien loin du catastrophisme ou de l’angélisme. Avec des jeunes qui savent que leur lutte pour la vie passe par la force de la parole et qui ont décidé de relever le défi. Il est heureux que l’université, le service public, des formateurs  aguerris les accompagnent.

Le réalisateur a nourri le film de sa propre expérience : il grandit en Seine-Saint-denis au cœur d’une famille portugaise, avant de quitter le 9-3 pour les beaux quartiers de Paris où il mesura le handicap d’une maîtrise insuffisante du langage, d’où son rôle dans le cadre associatif pour créer ce concours d’éloquence.

Je me permettrais d’ajouter qu’il y a là, pour tous ceux que concerne l’enseignement de la langue, enseignants et enseignés quelques fondements à méditer : l’oralité est primordiale,  parler s’apprend, le droit à la parole est la force de la démocratie.

Allez au cinéma prendre une dose d‘optimisme. Dans ces temps compliqués, cela fait du bien.

Jean-Marie Philibert.

urgence


URGENCE

Une initiative de syndicalistes pour l’unité et le progrès social

Sous le titre « Uni, le parti du progrès sociale est le premier parti de France, plusieurs anciens secrétaires généraux départementaux de la CGT, de la FSU et de la CFTC ont lancé un appel  pour que lors des élections législatives qui se présentent les forces de gauche  en s’unissant relèvent un défi tout à fait à leur portée, envoyer à l’assemblée nationale le plus grand nombre possible de députés qui refusent  la poursuite, l’intensification, l’aggravation  de la politique libérale qui est proposée comme seul horizon à notre pays. En tournant délibérément le dos aux besoins sociaux, en s’attaquant aux droits, à l’éducation nationale, à la retraite, à la sécurité sociale, elle plongera un peu plus le peuple dans la désespérance… et les milieux financiers dans l’euphorie.

Une candidature unique… ou le mur

La condition indispensable pour qu’un tel coup d’arrêt soit possible est que tous les candidats aux législatives qui se réclament du progrès social ne multiplient pas les candidatures, décident d’une candidature unique par circonscription. Sinon la loi électorale (12.5% des exprimés pour participer au second tour) aboutira à éliminer les forces de transformations sociales, de progrès, du parlement, ici, comme ailleurs.

L’appel  a conduit nombre de candidats (dont ceux du PCF), nombre de forces politiques à se retrouver vendredi dernier à la Bourse du Travail de Perpignan : étaient aussi présents Europe-Ecologie-les Verts, ERC, le NPA des représentants du PS-Hamon, le MRAP. Un absent de marque France Insoumise, mais des participants à titre individuel appartenant à ce mouvement, autre force absente Lutte Ouvrière qui présente des candidats.

Pour les participants, l’unité est un impératif, pour donner des élus aux 75 000 voix des PO qui  se sont prononcés aux présidentielles pour des candidats du progrès social. Le PCF a fait des propositions pour un tel rassemblement. Le NPA met aussi l’accent sur l’unité, mais avec sur la nécessité de lui donner un contenu. EELV considère la démarche comme utile, l’ERC ne présentera pas de candidats, mais se reconnaît dans les revendications progressistes. Tous les participants, y compris ceux de France Insoumise insistent sur la nécessité de  poursuivre la démarche unitaire le plus loin possible (un groupe unitaire se réunit à Céret), de laisser grandes ouvertes les portes d’une issue positive, d’élargir l’appel des syndicalistes à l’ensemble des citoyens qui s’y reconnaissent. La pétition est en ligne sur change.org ; appel pour l'unité du camp progrès social législatives 66.

N’hésitez à la signer. Faisons le pari que la lucidité peut encore opérer. Il y a urgence !

JMP

mardi 9 mai 2017

homo politicus


Homo politicus

Nous venons de vivre une intense période politique et les législatives qui approchent nous indiquent que ce n’est pas fini : l’homo politicus va encore palpiter. Et cela avec d’autant plus de soubresauts que la période est propice aux surprises, les moins pires comme les plus pires, que les problèmes demeurent, que la situation est volatile et que les capacités du peuple à supporter une souffrance sociale enkystée se sont réduites.

Notre rapport au politique

Je voudrais profiter de ce qui peut ressembler à une accalmie très passagère entre deux périodes qui ont tourneboulé ou vont tournebouler nos horizons pour m’interroger justement sur ce qui fait notre rapport au politique : en effet dans cette dernière période nous avons tout entendu, tout vu. Nous avons vu resurgir de vieux démons et des espoirs qui eux ne vieillissent pas.

Commençons par la gauche-gauche. Je reste persuadé que la versatilité de ce que les commentateurs officiels appellent l’opinion publique, est souvent fort éloignée des courants, des valeurs, des aspirations qui imprègnent les tissus sociaux dans leurs complexités et dans leurs diversités. Nous sommes là confrontés à une volonté diffuse, mais persistante, de ne pas se satisfaire du désordre dominant et d’attendre du politique qu’il relaie notre attente de voir la vie élargie, enrichie, plus humaine, tout simplement plus heureuse pour le plus grand nombre. Je parle de ceux qui veulent un travail digne, des salaires décents, des logements corrects, des services publics en état, des loisirs variés et riches. La vie, pas la galère, pour les gens, pour le peuple pour la-les classes laborieuses.

Combler tous les vides

Le seul rapport au politique qui compte alors est celui qui va combler ces vides. On peut avoir le sentiment que le manque est tel, qu’il faudrait tant, que ce sera impossible. On désespère alors du changement, on regarde du côté des produits frelatés (le PS a fait ce qu’il faut) qui ressemblent au changement sans en être.

Et puis des moments surgissent qui font croire que l’impossible devient possible que la vraie gauche a un avenir qui nous concerne : le premier tour de la présidentielle aurait pu être de ces moments qui raniment l’espoir de l’homo politicus progressiste-transformateur (révolutionnaire aurait-on dit, il y a quelques lustres). Agir sur le réel, le comprendre, le transformer pour en libérer  les potentialités et nous avec. Il y a de ça dans notre rapport au politique. Et l’intérêt de la période que nous vivons est dans son réveil : c’est le sens des quasi 20 % de Mélenchon. Et que dire si une stratégie plus unitaire avait permis à la gauche-la-seule d’être au second tour. La surprise aurait pu être plus grande ! Ses électeurs ont cependant largement contribué à éviter le pire. L’essentiel reste à faire !

Et chez les réacs de tous poils

Ce rapport au politiquement-perturbateur n’est pas nécessairement partagé : il y a des homo politicus qui n’aiment que le pognon, que le pouvoir, que leur pomme, que leurs combines, que leur ambition. Pour ceux-là rien ne doit changer, le désordre dominant doit perdurer, les castes doivent s’enfermer dans leurs frontières et leurs certitudes, l’inégalité des êtres est inscrite dans leur patrimoine génétique, culturel, familial, de tout temps, et en tous lieux, avec une bénédiction divine, si nécessaire, au point que la seule activité politique possible tient à la magie du verbe qui fait  prendre le temps d’attendre des temps heureux qui ne viendront jamais.  Les promesses ont nourri tant d’espoirs et en ont déçu tout autant et même davantage.

 Je crains qu’en compagnie de Macron, dans la cour du Louvre dimanche dernier on ait été dans ce cas de figure. D’ailleurs le lieu, un palais royal, symbole de l’ancien régime, comme creuset d’un renouveau politique apporté par un jeune président est symptomatique de cette incapacité  de certains politicus à construire le neuf que l’on attend. Ils ne se reconnaissent que dans l’ancien.

Ces homo politicus-là se complaisent à n’être que les sujets du monarque.

Quant à l’autre rapport à la politique, celui de la haine de l’autre, celui d’un crétinisme absolu, celui du racisme, celui de l’inégalité proclamée, celui de la démocratie vomie, celui qu’incarne le FN, il ne subsiste, et ne prolifère que de notre incapacité à être enfin les acteurs de notre avenir. Là on n’est plus avec l’homo politicus, mais avec les bourriques politiques.

Revenons donc à l’humanité, à l’homo politicus digne : les élections législatives nous attendent.

Jean-Marie Philibert.




dimanche 30 avril 2017

la raison


La raison

On est dans une actualité mouvante, si mouvante que, si on ne suit pas, on peut y perdre rapidement le nord, le latin… et la raison. C’est le piège à éviter.

Ce jour samedi 29,  deux nouvelles nouvelles : Mélenchon ne votera pas Le Pen et Dupont-Aignan serait le premier ministre d’extrême droite en France au cas où la présidentielle tournerait à son avantage. C’est dans ces périodes troubles que le sang-froid est plus que jamais nécessaire pour garder les idées claires.

Dupont Gnan-Gnan, chantre du gaullisme, admirateur du Général dont il trouvait que le souvenir était mal gardé par la droite va devenir, non seulement l’allié du Maréchal (Pétain pour ceux qui auraient perdu la mémoire), mais le fidèle serviteur de ses descendants, le complice de ceux qui veulent tordre le cou à la démocratie et des adeptes du négationnisme. La Le Pen est prête à tout pour tromper son monde : le mensonge est son fonds de commerce. Elle est insoumise pour abuser les insoumis, elle est travailleuse-travailleur pour faire peuple, elle se précipite même à la porte des usines pour les empêcher de fermer. Les capitalistes n’ont qu’à bien se tenir.

Une réflexion courte courte

Et à écouter les conversations ici ou là, ces mensonges pourraient servir d’appâts pour attraper des électeurs en souffrance certes, mais bien courts du côté de l’information minimale et de la réflexion élémentaire. Il faut dire que le battage médiatique a préparé les esprits, que les luttes sociales ont été difficiles et que les acquis sont régulièrement grignotés ; mais les yeux ouverts, l’esprit en éveil et la raison en mouvement font sans peine la démonstration que les rancœurs, les déceptions ne peuvent en aucun cas permettre de faire l’économie de ce qu’un peuple ne doit jamais oublier : sa capacité à maîtriser son destin, à défendre sa liberté, ses valeurs, à travailler à son progrès social, politique, culturel. Et pour cela il faut faire fi des demi-vérités, des petites manœuvres et des faux fuyants. Il faut réfléchir !

Avec les lucides

De la raison ! Il eût été rationnel de faire comme on le disait chez les cocos une union de gauche qui aurait évité un second tour de chiottes, mais la raison n’a pas été au rendez-vous. Ce n’est pas une … raison pour ne plus la convoquer et s’enliser dans les sables mouvants des ambitions déçues : que Méluche ne vote pas Le Pen et le dise, c’est bien, qu’il ne veuille pas aider Macron à se prendre pour Dieu le Fils, ça peut se comprendre, mais qu’il prenne, en ne disant pas les choses plus clairement, la moindre responsabilité à l’ouverture d’un glissement des électeurs qui l’ont choisi vers la candidat d’extrême droite tient pour moi de l’irrationnel  et  alimente un irrationalisme qui dans ces temps troublé se répand. Il ne peut que contribuer à affaiblir le courant qui l’a porté et la perception que l’on pouvait avoir de ses capacités politiques. Le temps presse, la raison aussi. S’il l’avait écoutée il aurait sans doute réussi le premier tour, s’il ne veut pas nous conduire à rater tous ensemble le second tour qu’il entende ce que dit le pcf, avec tous les lucides d’ici et d’ailleurs, voter Macron avec des pincettes et combattre sa politique, c’est la seule assurance de ne pas avoir pire à la sortie.

JMP

mardi 25 avril 2017

avant-pendant-après


Avant-pendant-après

Avant !

C’est devenu une banalité, largement partagée : à la veille de ce premier tour de l’élection présidentielle, les jeux ne sont pas faits et bien malin qui peut prétendre annoncer une esquisse de résultats. Ce billet d’humeur, je le mets en chantier ce samedi 22, avec l’ambition de suivre les dernières péripéties d’une  campagne hors norme et de confronter les ultimes faits et gestes, les ultimes commentaires avec les résultats qui tomberont dans un peu plus de 24 heures.

La Le Pen dans ses dernières déclarations a forcé la dose (ne pourrait-on pas dire l’overdose) de racisme et de xénophobie : nous mesurerons bientôt les dégâts. Je pense que nous avons quand même intérêt à préparer quelques contrepoisons. Le Fillon a jusqu’au bout tenté de faire oublier le tintamarre de casseroles qui le poursuit. Nous allons voir le poids des mensonges et des détournements de fonds de l’un comme de l’autre  dans les consciences citoyennes : politique et morale sont-elles imperméables ? Hamon pourra mesurer la solidité de la corde socialiste qui l’a soutenu dans l’épreuve. Macron sera-t-il la nouvelle coqueluche providentielle pour tous les pêcheurs et pécheurs en eaux troubles ? Et Mélenchon ? Les fruits tiendront-ils les promesses des fleurs ? Attendons quelques heures.

Le jour J

« Cal ana vouta ! » C’est ce que ma mémé disait à chaque élection en catalano-occitan. Nous y allons donc avec allégresse et avec une ambition familiale largement partagée de mettre enfin dans le paysage politique de notre pays une gauche  qui le soit vraiment : seule réponse possible aux misères, dans tous les sens du terme, qui l’accablent. Le pari de Mélenchon est risqué, mais possible. Certes il aurait été plus sage  de se rappeler qu’en politique la recherche obstinée de l’union  est souvent porteuse de promesse. Mais à ce moment, c’est un peu tard et le mélenchamon n’est plus possible. Wait and see !

Vingt heures

La  rumeur qui circulait se confirme, le deuxième tour de la présidentielle opposera dans quinze jours une marionnette des banques, bcbg, mais bien insipide, et une peluche blonde qui éructe sans cesse contre tout ce qui n’est pas frrrrançççaaais. Nos espoirs ont pris un coup sur la casaque. Fillon aussi ! Petite satisfaction ! Le PS est à la ramasse : pouvait-il en être autrement en ayant détruit des grands pans du code du travail, quelques mois avant l’élection ?

 Mon pépé avait raison qui de là-haut avait conseillé à Méluche et Hamon de jouer la carte de l’union qui aurait qualifié la gauche pour le second tour. J’ai toujours excessivement de mal à comprendre les réticences à s’unir, mon expérience militante m’a constamment appris que c’est un passage obligé pour réussir, même s’il faut pour cela en rabattre un peu sur les prétentions de chacun. Y a-t-il un seul grand moment de l’histoire, une seule étape importante de la lutte sociale qui n’aient pas été le fruit d’une union ? N’est-ce pas une forme d’union qui se met en place pour empêcher la facho d’attraper le pompon ? Et je pense qu’il faut être vigilant jusqu’au bout : on ne joue pas avec ces choses-là ! Et à écouter les circonvolutions de ceux qui disent qu’ils ne savent pas encore, qu’ils doivent discuter, réfléchir, qu’ils préfèrent aller à la pêche, je me dis que la maturité politique tarde à venir chez certains.

« Quand les blés sont sous la grêle

Fou qui fait le délicat

Fou qui songe à ces querelles

Au cœur du commun combat… »

Aragon toujours !

Après

D’autant que le combat ne s’arrête pas le 7 Mai, que des législatives vont avoir à définir une politique à mettre en œuvre, que le score de la vraie gauche est plus qu’encourageant, que notre détermination (celle des cocos et de ceux  qui les entourent) à conjuguer ensemble progrès social, justice et démocratie sort renforcée de cette bataille. Ce sont là de bonnes nouvelles !

Jean-Marie Philibert.

lundi 17 avril 2017

l'éternel retour


L’éternel retour

Pour tous ceux qui ont un kilométrage conséquent au moteur, mais qui bon an mal an continuent leur bonhomme de chemin, la campagne présidentielle offre un spectacle, à la fois, étonnant, détonant et plein de nostalgie : la peur du rouge revient. La guerre froide n’est pas finie. Les cocos marchent encore !   Cette idée que des penseurs de haute volée disaient dépassée, foutue, disparue dans les oubliettes de l’histoire revient et perturbe-agite-affole. Bien des esprits n’en croient pas leurs neurones.

Au point qu’un de ces penseurs, qui porte presque le nom d’un grand magasin BHquelquechose annonce qu’il va quitter la France en cas de victoire de Mélenchon ! Tu parles de la perte… pour les magazines de mode.

Au secours

Un grand quotidien national publie une chronique intitulée « Au secours, les communistes reviennent ! » Tout est dans le point d’exclamation. On peut y lire « …sur les berges de la Seine à la hauteur du pont de l’Alma, un cuirassé Potemkine amarré au pied du zouave lorgne en direction de l’Elysée. » Et de me souvenir des arguments électoraux de la famille Alduy, dans des temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, annonçant à chaque campagne électorale l’arrivée des chars russes, ceux de l’armée rouge bien sûr, …au Boulou.

Un autre grand esprit du moment, le François Fillon qui connaît ses classiques anticommunistes par cœur, de reprendre le refrain en l’actualisant quelque peu et en l’adaptant à son goût immodéré du pognon : « Chaque année nous empruntons sur les marchés financiers des sommes colossales… Mes adversaires font semblant de l’ignorer ou dédaignent ce problème avec outrance, tel, Monsieur Mélenchon qui se rêve en capitaine du cuirassé Potemkine, mais qui négociera la ferraille du Titanic… » Et pour éclaircir une image quelque peu confuse  un de ses lieutenants qui pense le peuple trop couillon pour comprendre la pensée de son mentor de préciser : «  On oublie trop que Jean-Luc Mélenchon est un extrémiste. C’est un candidat d’extrême gauche avec des raisonnements primaires, anti-impérialistes, anticapitalistes et antiaméricains » Et vlan !





La crème des crèmes du bolchévisme

Quand je pense qu’au tout début de la préparation des élections, au sein du PCF, il y avait quelques réticences à se prononcer pour la candidature de Mélenchon : les camarades ne savaient pas qu’ils avaient à faire  à la crème des crèmes de l’inspiration bolchévique.

La rumeur monte… et elle monte même  jusqu’à l’Elysée, puisque François Hollande se sent obligé de sortir de sa torpeur, il se voit contraint de s’occuper d’autres choses que de ses tripatouillages macronesques. Et de livrer toujours dans la presse un diagnostic sans appel « Cette campagne sent mauvais… » Tiens, tiens, elle sent mauvais depuis que Mélenchon monte dans les sondages. Avec Hollande on ne doit pas avoir le même pif. Pour moi avec la Le Pen à plus de vingt pour cent, elle sentait la crotte à plein nez. Lui il sentait rien. Maintenant il sent. Il alerte donc : l’émotion prend le pas sur la raison dit-il. « Il y a un péril face aux simplifications, face aux falsifications, qui fait que l’on regarde le spectacle du tribun plutôt que le contenu de son texte »

Sus au tribun

En clair, vous êtes idiots d’écouter et de croire ce que dit le tribun en question ; je pense qu’il ne s’agit ni de La Le Pen, ni de Fillon, ni de Macron. Mais de qui s’agit-il donc ?

Et comme souvent, un second couteau vient traduire en moins abscons le discours présidentiel : « Le président sait qu’appeler à voter pour Macron avant le premier tour pourrait se révéler contre-productif. Mais entre les deux tours, il mettra tout son poids dans la bataille »

Dans l’immédiat, fidèle à lui-même, il se contente de savonner la planche de celui qui incarne les espoirs d’un peuple qui n’en peut plus de tant de récession, de précarité, de chômage, d’injustices en utilisant avec toute la hauteur de vue due à son rang une arme  qui a fait, qui fait et qui sans doute fera encore longtemps, les beaux jours de tous les imbéciles et des réacs de tous poils. L’anticommunisme.

Sa persistance incite à rependre une giclée de Marx  « Prolétaire de tous les pays unissez-vous ! »

Dès  le 23 avril. Et vite un petit coup de lutte des classes ! L’éternel retour.                                               Jean-Marie Philibert